Gasly s'interroge sur les motivations de la direction de course

Pierre Gasly craint que la direction de course ait fait fi de la sécurité pour permettre aux résultats du Grand Prix de Belgique d'être entérinés.

Gasly s'interroge sur les motivations de la direction de course

Les débats entourant l'inédit Grand Prix de Belgique que nous avons vécu hier ne vont pas s'arrêter de sitôt. Une course de moins de trois tours sous le régime de la voiture de sécurité, qui n'a officiellement duré qu'un tour en raison des règles liées au drapeau rouge, cela après plus de trois heures d'attente en raison de la pluie qui s'abattait de manière incessante sur Spa-Francorchamps.

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Surtout, la moitié des points a été attribuée en vertu (ou en dépit ?) de la règle imposant que "plus de deux tours" soient parcourus pour que ce soit possible. Cela fait les affaires de Pierre Gasly, qui a marqué quatre points pour sa sixième place, mais le Français n'approuve pas cette décision pour autant et remet en question la décision de la direction de course.

"Je ne pense pas mériter de points pour ce que j'ai fait aujourd'hui. J'ai simplement suivi la voiture de sécurité. Et je n'ai pas eu d'accident dans les tours de mise en grille. Mais c'est tout ce que j'ai fait aujourd'hui", a déclaré le pilote AlphaTauri, ajoutant : "Je suis un peu surpris. J'ai l'impression qu'ils nous ont mis en piste dans des conditions pires à la fin pour faire ces trois tours derrière la voiture de sécurité alors que c'était pire qu'avant, juste pour permettre à ces points d'être attribués…"

Gasly est toutefois d'accord avec la direction de course sur un point : l'impossibilité d'effectuer le moindre roulage sous drapeau vert. "Malheureusement, je pense qu'il n'y avait pas d'autre option, car la visibilité était extrêmement mauvaise dans le peloton", estime le Français. "Si une voiture s'arrête en piste pour quelque raison que ce soit, ou a un accident, et que plein d'autres voitures arrivent juste derrière, on connaît les conséquences si une voiture se fait percuter à la perpendiculaire par exemple." Référence à l'accident qui avait coûté la vie à Anthoine Hubert (dont Gasly était très proche) à Spa-Francorchamps, en Formule 2 il y a deux ans.

"Pour moi ça allait, en suivant la voiture de sécurité", ajoute Gasly quant aux conditions de piste. "Ce n'était pas un gros souci. Le problème, c'est qu'on dépend toujours du fait que tout le monde devant soi reste en piste et aille à une vitesse similaire, car si quelqu'un est arrêté et qu'on arrive à 200 ou 250 km/h, la visibilité est d'environ 30 mètres. Une fois qu'on voit la voiture en allant à 200 ou 250, il est impossible de s'arrêter. Nous avons vu suffisamment de choses horribles sur cette piste. Je pense malheureusement que c'était la bonne décision."

Pierre Gasly, AlphaTauri AT02

Ainsi, d'après Gasly, la priorité serait d'améliorer la visibilité. Chaque pneu pluie Pirelli évacue 85 litres d'eau par seconde à 300 km/h, soit 340 litres par monoplace. "Je pense que nous devrions travailler sur le fait de réduire les projections d'eau derrière les voitures, car c'est le vrai [problème]", analyse le Normand. "Quand je regardais la voiture médicale, qui allait évidemment bien moins vite, les projections d'eau étaient bien moindres qu'avec nos voitures."

"Je pense que c'est un domaine sur lequel la F1 devrait se concentrer pour les prochaines années, car si l'on réduit les projections d'eau et que l'on a une meilleure visibilité, certes les conditions sont très délicates, on risque d'avoir de l'aquaplaning, on risque d'avoir beaucoup de glisse, on risque d'être très lent. Mais après, c'est à nous, pilotes, d'être à la limite de l'adhérence que nous avons."

Et alors que le circuit de Spa-Francorchamps prépare des rénovations pour le retour des motos sur cette piste en 2022, Gasly préconise de revoir le Raidillon de l'Eau Rouge, théâtre de plusieurs accidents violents ce week-end en Formule 1 mais aussi en FIA F3 et en W Series, où deux pilotes ont été hospitalisées (mais sont finalement quasiment indemnes) après un carambolage de six voitures.

"Je pense que c'est nécessaire", affirme Gasly. "Je ne suis jamais un grand fan du fait de modifier les circuits, mais quand des choses si dramatiques se produisent, je pense que c'est clairement nécessaire. Cela va dans la direction dont nous avons besoin. Et je trouve ça bien qu'ils le fassent enfin."

Propos recueillis par Adam Cooper

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