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Un commissaire évincé s'en prend aux méthodes de Ben Sulayem

Tim Mayer, qui a perdu son poste de commissaire auprès de la FIA, ne mâche pas ses mots face à la gestion de la fédération par Mohammed Ben Sulayem.

Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA

Photo de : Dom Romney / Motorsport Images

De nombreux cadres de la FIA ont été écartés depuis un an. Après une première vague de départs l'hiver dernier, ce sont maintenant les directeurs de course qui sont concernés. Niels Wittich a perdu son poste en F1 et a été remplacé par Rui Marques, jusque-là en charge de la F2 et la F3, ce qui a libéré un poste qui devait être repris par Janette Tan... mais cette dernière a aussi été évincée.

Tim Mayer, fils du fondateur de McLaren Teddy Mayer et régulièrement commissaire depuis 2009, a lui aussi été notifié de la perte de son poste. Selon lui, il fait les frais d'une décision prise par Mohammed Ben Sulayem lui-même, après avoir appris la nouvelle de la part de l'entourage du président de la FIA.

"Après avoir donné 15 ans de mon temps comme commissaire bénévolement, une décennie à enseigner à d'autres commissaires et des centaines d'heures à être bénévole dans d'autres rôles, j'ai reçu un SMS de l'un de ses assistants", a-t-il expliqué à la BBC.

"Pour une fédération qui repose sur des bénévoles, licencier par SMS une personne qui a apporté une contribution significative ne donne pas une bonne image du management de la fédération", a ajouté Mayer.

Ben Sulayem voudrait "montrer ses muscles" d'après Mayer

Alors que la BBC avait déjà relayé des accusations d'interventionnisme de Ben Sulayem, Mayer assure que le président de la fédération est à l'origine de la récente volonté affichée par la FIA de sanctionner les grossièretés prononcées par les pilotes, ce qui a fini par provoquer l'agacement de ces derniers"Son opinion, c'est que les pilotes doivent être pénalisés pour les insultes, et ce qui s'est passé depuis le reflète."

"Il y a eu des fois où il s'est directement impliqué pour faire connaître sa position", a ajouté Mayer. "Pas directement avec les commissaires, mais par le biais de son staff."

Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA

Mohammed Ben Sulayem

Photo de: Steven Tee / Motorsport Images

"Une partie du travail des commissaires consiste à appliquer la politique de la FIA sur les règlements. Techniquement, les jurons sont interdits, donc ce n'est pas une injustice. Qu'il soit sensé de pourchasser les pilotes pour des jurons bénins, c'est une autre question."

"Pour la plupart des pilotes, l'Anglais est leur deuxième, troisième ou quatrième langue et c'est le premier mot que chaque gamin apprend en karting dans le monde. Il y a d'autres façons de gérer ces choses, sauf si on veut montrer ses muscles."

Mayer se sent directement visé

Après les récentes évictions, Tim Mayer estime que la FIA se met dans une situation difficile, déjà en se privant de Janette Tan, qui faisait parti des "meilleurs" pour ce poste, et en obligeant Marques à cumuler les rôles, ce qui le place sous une "pression incroyable" ce week-end à Losail : "Ils ne se facilitent pas la tâche. Ils manquent littéralement de personnel pour faire ce travail."

Mayer s'est également prononcé sur son propre cas. Selon lui, Ben Sulayem s'est "offusqué" de le voir représenter les organisateurs du GP des États-Unis lors d'une demande de révision de l'amende reçue après l'invasion de la piste à l'arrivée. Il avait déjà perdu sa place parmi le collège des commissaires au GP de São Paulo, avant d'être définitivement écarté.

"La raison officielle qui sera donnée est qu'ils ont senti qu'il y avait un conflit d'intérêts avec la FIA puisque j'ai mené le droit de révision dans mon rôle d'organisateur. Mais ce n'est pas la raison pour laquelle j'ai été licencié. J'ai occupé le rôle d'organisateur, au bénéfice de la FIA, depuis plus de 12 ans. Ce n'est pas nouveau. Alors que la question a été réglée dans le calme et à l'amiable, il est toujours mécontent et a décidé de me licencier."

Mayer assure que Ben Sulayem a interprété un élément dans le dossier transmis dans le droit de révision comme une "attaque personnelle" mais l'Américain assure qu'il n'a "pas écrit" cet élément et que c'était son "travail" de le présenter.

"Il n'y avait aucune intention de générer un problème avec la FIA et je vais rester organisateur sportif des trois Grands Prix aux États-Unis. C'était un élément tellement mineur qu'il est déconcertant que quiconque puisse s'en offenser."

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