C'était un 8 juin : quand Hamilton n'a pas vu le feu rouge

Il y a 12 ans jour pour jour, Robert Kubica décrochait contre toute attente sa première victoire en Grand Prix, au terme d'une course pas tout à fait comme les autres à Montréal.

Nul ne pouvait alors imaginer à l'époque que le Grand Prix du Canada 2008 serait le théâtre de l'unique succès de Robert Kubica en F1, alors qu'il quittait le circuit Gilles-Villeneuve en tête du championnat. BMW quitterait la discipline à la fin de la saison suivante, tandis que le Polonais se blesserait très gravement lors d'un rallye début 2011…

Ce dimanche 8 juin, c'est depuis la première ligne qu'il s'élançait sur l'île Notre-Dame, aux côtés de Lewis Hamilton. Ce dernier s'échappait dès les premiers tours de course au volant de sa McLaren, disposant après 17 boucles de sept secondes d'avance sur Kubica, Kimi Räikkönen et Nico Rosberg. C'est à cet instant que la voiture de sécurité fit son apparition, suite à l'immobilisation en piste de la Force India d'Adrian Sutil. Suffisant pour réduire à néant tout le travail fourni auparavant par Hamilton.

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Cette neutralisation déclencha une vague d'arrêts au stand. Il convient de rappeler qu'à l'époque, les pilotes prenaient le départ avec la quantité de carburant embarquée lors des qualifications. Relativement léger, Hamilton dut s'arrêter plus longtemps que Kubica et Räikkönen, tout en étant également désavantagé par la position de son équipe dans la voie des stands. En quittant son box, le Britannique avait été doublé par ses deux concurrents, stoppés en bout de pitlane où le feu était rouge.

Un feu rouge qui le piégea et dont il ne prit conscience qu'au tout dernier moment, freinant tardivement tout en se décalant tant que possible vers la gauche mais sans parvenir à éviter Räikkönen devant lui. L'accrochage coûta son aileron arrière et sa suspension au pilote Ferrari tandis que derrière, Rosberg fut lui aussi piégé et heurta Hamilton. Le pilote Williams fut le seul à pouvoir reprendre la piste, Räikkönen et Hamilton étant quant à eux contraints à l'abandon.

Robert Kubica, BMW Sauber F1.08 double Lewis Hamilton, McLaren Mercedes MP4/23 et Kimi Räikkönen

Chez McLaren, on tenta de faire publiquement bonne figure en défendant Hamilton, mais son erreur était très mal vécue. L'équipe reconnut qu'elle avait peut-être rappelé trop tard à son pilote par radio que le feu était rouge, mais il était toutefois le seul responsable. "Lewis connaissait le jeu et connaissait la situation", déplora Martin Whitmarsh, directeur de McLaren. "Il y a eu un moment de distraction et il n'a pas tout compris, tout comme Nico une seconde plus tard. Il a vu le feu, on lui a dit, mais je crois qu'il avait plusieurs choses à l'esprit à ce moment-là et il a fait cette erreur d'appréciation…" Après la course, Hamilton et Rosberg furent tous les deux sanctionnés d'une pénalité de dix places sur la grille du Grand Prix suivant.

Une fois le feu passé au vert, Kubica reprit la piste avec une victoire qui lui tendait les bras. Plusieurs pilotes étaient restés en piste car ils avaient embarqué davantage de carburant. Le nouveau leader était alors Nick Heidfeld, coéquipier du Polonais chez BMW. Kubica était quant à lui en tête du peloton des pilotes étant déjà passés par les stands, devant Fernando Alonso. Heidfeld avait la piste claire devant lui et possédait 13 secondes d'avance sur la Honda de Rubens Barrichello au 29e tour, moment choisi pour observer son arrêt. BMW opta pour une stratégie différente entre les deux pilotes et fit le plein pour que l'Allemand puisse aller jusqu'au bout de la course. Reparti devant Kubica mais avec une monoplace plus lourde et des pneus moins performants, il n'essaya même pas de résister.

Robert Kubica, BMW Sauber F1.08

Au fil des arrêts au stand, les leaders inattendus se succédèrent jusqu'à ce que Kubica récupère les commandes. Encore fallait-il qu'il s'aménage un écart suffisant sur Heidfeld pour s'arrêter une deuxième fois tout en repartant devant lui. "J'avais huit tours pour prendre 16 à 17 secondes de marge afin de repartir devant Nick après mon arrêt au stand", explique le futur vainqueur. "C'étaient sept tours de qualifications. Je ne me suis jamais autant battu, et j'ai attaqué très fort car je savais que je devais avoir environ 21 secondes d'avance. J'ai réussi à en avoir 24, c'était une belle course."

Une fois les positions acquises, les deux BMW n'avaient plus qu'à terminer le travail en ralliant l'arrivée, devançant un étonnant David Coulthard au volant de sa Red Bull, mais ne constituant pas une menace directe.

Le second Nick Heidfeld, BMW Sauber F1.08, le vainqueur Robert Kubica, BMW Sauber F1.08, Mario Theissen
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