Bourdais redécouvre Le Mans en Ferrari : "C'est une vraie GT !"

Présent aux 24 Heures du Mans en GTE Pro aux côtés d'Olivier Pla et Jules Gounon, Sébastien Bourdais a découvert sur le tas la Ferrari 488 GTE engagée par le Risi Competizione. Le pilote français demeure ambitieux malgré des préparatifs forcément très différents cette année... Il s'est confié à Motorsport.com.

Bourdais redécouvre Le Mans en Ferrari : "C'est une vraie GT !"

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Sébastien, comment s'est passée la journée de jeudi, qui a été particulièrement chargée avec les essais libres ?

Il a fallu tout découvrir, et puis ça se fait dans des conditions particulières puisque tout est regroupé, tout est condensé. Il n'y a pas tout le monde dans l'équipe, par exemple du côté Michelin, ce n'est pas leur technicien habituel, donc il y a eu pas mal de petites surprises et ça rend les choses difficiles. Il y avait 11 heures de roulage, donc c'est sûr que les mécanos ont pas mal de boulot pour tout préparer en vue de la course, avec des choix à faire sur ce qu'on change ou pas. C'est un peu un casse-tête.

On a démarré de manière compliquée, mais on s'est tous habitués à la voiture et on a développé mas mal, changé pas mal de petites choses. Je crois qu'on est arrivé à un truc qui est cohérent, où tout le monde est à peu près à l'aise dans l'auto. Après un gros fiasco pendant la qualif, on a réussi à se retrouver avec des pressions pneumatiques sous contrôle. C'est dommage, car je crois qu'en qualifs il y avait un petit coup à jouer, mais c'est comme ça, ce n'est pas très, très important. C'est quand même assez étonnant d'être à ce niveau de performance et de pouvoir s'immiscer dans la lutte devant, mais peu importe, on n'a pas trop mal bossé pour la course.

Vous découvrez totalement cette voiture lors de ces 24 Heures du Mans ?

Oui. J'avais fait un shakedown avec à Houston, mais il tombait des hallebardes, j'avais des pneus client et la hauteur de caisse était maximum en raison des bosses. Donc c'est clair que c'était un petit peu une séance découverte jeudi, alors qu'on essayait aussi de trouver de la performance. Ce n'est jamais évident.

Vous qui avez connu la Ford GT pendant très longtemps, quelles sont les sensations au volant de cette auto forcément différente ?

#82 Risi Competizione Ferrari 488 GTE Evo: Olivier Pla, Sébastien Bourdais, Jules Gounon

C'est une vraie GT, comme l'Aston, comme la Porsche ! C'est vrai qu'on s'était habitué à rouler dans une catégorie GT avec un proto, c'est aussi simple que ça. Ça ne se comporte pas du tout de la même façon : c'est plus souple, ça a beaucoup plus de mouvements de châssis, il y a énormément de perceptions différentes. Sur la Ford GT, il y avait un centre de gravité qui était très bas, on utilisait les pneus différemment… C'est vraiment très, très différent. On fait le même chrono mais le feeling n'a rien à voir. L'équilibre de l'auto est plutôt sympa, je dirais même que, dans les virages Porsche, il y a un meilleur équilibre, ce qui peut surprendre. Il y a des choses intéressantes. Chaque voiture a ses caractéristiques mais c'est vrai qu'au niveau de l'équilibre, je trouve qu'on est arrivé à quelque chose de plutôt sympa et cohérent. Je pense qu'au bout du compte, on peut se faire plaisir.

Comment se passe la collaboration entre pilotes français, avec Olivier Pla et Jules Gounon ?

Franchement, on s'entend bien, tout le monde essaie de travailler dans l'intérêt de l'équipe. On est tous à un niveau pro, personne n'essaie de tirer la couverture vers lui. On sait tous que pour aller vite au Mans, il faut que tout le monde soit à l'aise dans l'auto et donne le meilleur de soi-même. Ça se passe plutôt très bien, maintenant il n'y a plus qu'à !

Comment allez-vous aborder cette course, est-ce que vous pouvez vous retrouver dans une position d'attente ?

Il n'y a pas à attendre ! Si on a de la performance et que l'on peut faire des dépassements, on y va. Maintenant, dépasser en GT est extrêmement difficile car les autos sont très proches les unes des autres. On va faire tout ce qu'on va pouvoir pour se mettre à l'abri des coups, et puis rouler à 100% tout le long, car c'est tout ce que l'on peut faire. On sait bien que c'est une bagarre à coups de dixièmes, et si un petit écart se crée, on prend le risque de se retrouver dans le Safety Car suivant, donc il faut absolument rester au contact des leaders de la catégorie et puis prendre toutes les opportunités qui se présentent.

Comment est l'ambiance sur ces 24 Heures du Mans très singulières ?

C'est très particulier, mais on se sent au Mans quand même. Le seul truc, c'est que clairement, le planning est extrêmement condensé et on n'a pas l'habitude de ça. On arrive, il n'y a pas d'essais préliminaires donc il n'y a pas de base. Plein de choses sont faites un peu à l'estimation et ce n'est pas évident. Mais d'un autre côté, c'est encore au niveau sportif que ça change le moins. Au niveau de l'ambiance sur place, on a l'impression d'être sur une séance d'essais privés avec tout le monde, c'est vraiment hyper bizarre et puis c'est un peu tristounet, c'est clair… Mais c'est quand même mieux qu'être sur le canapé. On fait contre mauvaise fortune bon cœur, on essaie de penser que les passionnés regarderont à la télé et nous supporterons même s'ils ne peuvent pas être là. Mais c'est sûr que la fête est gâchée.

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