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Lorenzo : Pas de peur avec la Honda, mais un manque de confiance

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Lorenzo : Pas de peur avec la Honda, mais un manque de confiance
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14 avr. 2020 à 09:13

Là où Márquez a suggéré qu'il avait peut-être ressenti de la peur, Lorenzo répond que c'est un manque de confiance dans sa machine qui l'a empêché de réussir avec Honda.

Jorge Lorenzo aime être précis dans ses mots, aussi n'a-t-il pas vraiment apprécié le commentaire fait à son sujet par Marc Márquez il y a quelques jours. Le Champion du monde en titre a en effet suggéré que celui avec qui il a fait équipe l'an dernier avait peut-être "eu peur" de la Honda RC213V, une moto qu'il a abandonnée au bout d'une seule saison, préférant rompre son contrat plutôt que disputer une seconde année aussi rude que la première.

"Je ne sais pas comment il peut dire que j'avais peur de la Honda. Je n'ai jamais utilisé ce mot", réagit le pilote majorquin dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. "J'ai dit que quand j'ai forcé le rythme avec cette moto, je suis tombé et je n'avais donc pas confiance. Mais de là à dire que j'avais peur, il y a une sacrée différence."

"La Honda 2019 m'a causé des problèmes, seul Márquez a réussi à la dompter", reprend-il dans une interview à Sky Italia. "Avec mon style de pilotage, même si j'essayais, j'arrivais à un point où si je poussais je n'arrivais pas à comprendre où était la limite. Au final je risquais de tomber et je n'avais pas confiance, mais on ne peut pas parler de peur comme beaucoup l'ont dit."

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Jorge Lorenzo a connu avec Honda le second échec de sa carrière en MotoGP, lui qui avait précédemment dû quitter Ducati sans parvenir à rapporter le titre à Borgo Panigale comme il en rêvait. Un divorce qu'il continue de juger prématuré, puisqu'il a remporté sa première victoire en rouge à sa 24e tentative, au GP d'Italie 2018, au moment même où la direction du constructeur venait de sceller son sort. Deux autres succès allaient suivre cette année-là, avant qu'une blessure ne compromette sa fin de saison, puis ses débuts avec Honda dans la foulée.

"Avec Ducati, on connait l'histoire. Ils avaient beaucoup investi sur moi, j'avais gagné trois titres et je valais cet effort économique", estime Lorenzo, qui juge que la course de Misano en 2017, où il est tombé sous la pluie alors qu'il avait occupé la tête durant six tours, aurait pu faire pencher la balance de l'autre côté si elle n'avait pas connu cet épilogue.

"Au bout d'un an et demi, on n'avait pas encore gagné de course. Si j'avais gagné à Misano, l'histoire aurait peut-être changé", regrette-t-il. "Ils ont fait un raisonnement économique, Petrucci leur aurait coûté moins cher et il était italien. C'est dommage, parce qu'il y a eu un manque de patience et peut-être que tout a été décidé trop vite. À ce moment-là, on a trouvé ce petit quelque chose qui nous a permis de gagner, mais c'était trop tard. En 2019 on aurait pu jouer le titre."

"Un robot" ultra concentré durant ses dernières saisons

Désormais retraité de la compétition, Jorge Lorenzo n'affiche pas de remords alors qu'il a couru 12 ans en MotoGP, remportant trois titres et se constituant l'un des palmarès les plus fournis. Douze ans au cours desquels il a aussi appris à évoluer, et c'est peut-être cette maturité qu'il a gagnée au gré de son expérience qui explique l'approche très méthodique qui a été la sienne avec les deux machines qu'il a eu à découvrir durant ses dernières saisons.

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"Au cours des années, je suis devenu quasiment un robot en termes de concentration, alors qu'avant j'étais plus passionnel et je vivais les Grands Prix de façon plus émotive, à chaque instant. Avec le temps, je me suis transformé et je suis devenu un pilote plus cérébral", explique-t-il.

"J'ai toujours privilégié un pilotage propre, mais la différence entre être agressif et être sur la défensive, c'est comme au foot : Guardiola, qui joue de manière offensive, peut gagner la Ligue des Champions, tout comme Mourinho qui est défensif et prend à contre-pied. La même chose vaut en MotoGP."

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Auteur Léna Buffa