Jean-Karl Vernay prêt à rebondir ce week-end en Hongrie

Victime d'une grosse sortie de route sur le Salzburgring, Jean-Karl Vernay (Volkswagen) a perdu la tête du championnat TCR International Series. Mais le pilote tricolore est bien décidé à repartir de l'avant sur le Hungaroring.

Nanti d'une avance confortable au classement du championnat à l'issue des quatre premiers meetings de la saison – avec une belle régularité aux avant-postes avec sept résultats sur huit dans le top 5, dont une victoire –, Jean-Karl Vernay a tout perdu sur le Salzburgring. Mal placé à l'issue des qualifications, le pilote français tentait une remontée vers la zone des points lors de la Course 1 lorsqu'il était victime d'une crevaison dans le virage le plus rapide du circuit, le long droite dit Fahrerlagerkurve, avant de sortir dans le bac à graviers à près de 200 km/h et de taper durement le rail de sécurité.

J'ai déjà eu des accidents en sport automobile, mais celui-ci est sans hésiter le plus gros crash de ma carrière, le choc était très violent.

Jean-Karl Vernay

Le pilote lyonnais s'en sortait indemne, mais les dégâts sur sa Volkswagen Golf du Leopard Racing, préparée par WRT, étaient tels qu'il ne pouvait s'aligner au départ de la seconde manche. Un peu plus tôt, son équipier Rob Huff avait connu la même mésaventure, tout comme Attila Tassi (Honda) et Ferenc Ficza (Seat) lors des essais, alors que de nombreux autres pilotes étaient victimes de crevaisons tout au long du meeting.

"J'ai déjà eu des accidents en sport automobile, mais celui-ci est sans hésiter le plus gros crash de ma carrière, le choc était très violent", a expliqué Vernay à Motorsport.com. "Il faut se poser la question de la sécurité sur le circuit du Salzburgring. Plusieurs pilotes se sont retrouvés à l'hôpital, on est plusieurs à taper à un endroit où il n'y a pas de protections de pneus, ce n'est pas terrible."

"On sait que c'est une piste très difficile pour les pneus, surtout sollicités dans ce long droit. Ce n'est pas la faute de Michelin, mais on a pu voir qu'une bonne vingtaine de pilotes ont subi une crevaison ce week-end. De notre côté, nous étions pourtant restés assez prudents en termes de set-up." 

Un coup dur pour Vernay, qui connaissait un week-end vierge de point et perdait la première place du classement au profit du champion en titre (et son équipier de l'an passé), Stefano Comini. Ce dernier décrochait de son côté deux bonnes troisièmes places en Autriche.

"Au final, cet abandon et le forfait qui a suivi n'ont pas changé grand-chose au classement, on savait de toute façon qu'on allait perdre gros"

"Les qualifications ne s'étaient pas super bien passées", continue le pilote tricolore, crédité seulement du 13e temps de la séance à plus d'une seconde du poleman Mat'o Homola (Opel). "La Volkswagen avait un déficit de performance en ligne droite par rapport aux autres, et nous nous sommes fait un peu avoir avec les drapeaux jaunes, où j'ai trop levé le pied visiblement par rapport à certains."

"De là, il n'y avait pas grand-chose à espérer en course car, en partant en milieu de peloton, et avec notre déficit de performance, il nous était de toute façon difficile de viser un gros résultat, l'objectif était surtout d'essayer de sauver quelques points. Au final, cet abandon et le forfait qui a suivi n'ont pas changé grand-chose au classement, on savait de toute façon qu'on allait perdre gros."

L'exploit du Leopard Racing

"La BoP ne nous est pas favorable en ce moment. Les Audi sont des missiles, les Honda ont un couple de malade, les Opel et les Alfa sont également très performantes. Nous, on fait ce que l'on peut, je sais que j'ai sans doute la meilleure équipe du plateau. On aurait pu être très bien à Monaco, un circuit qui aurait parfaitement convenu à nos Volkswagen, mais la course a été remplacée par Monza, où nos voitures ne sont pas vraiment à l'aise, même si on ne s'en est pas si mal sortis là-bas."

"Le plus rageant, c'est cet accident et tout le travail que cela implique pour les gars de l'équipe, qui n'ont pas besoin de ça, d'autant que la course suivante en Hongrie s'enchaîne une semaine après. Mais ils ont fait un travail fantastique pour remettre la voiture sur pied pour ce week-end, celle de Rob aussi d'ailleurs [son équipier Rob Huff a été victime d'un accident similaire lors de la course 1 lui aussi], et on peut leur tirer un énorme coup de chapeau."

"Quant à moi, je suis un athlète, j'ai fait beaucoup de monoplace, je m'entraîne régulièrement et je reste affûté. Alors c'est vrai que sur le coup j'ai été sonné, mais je suis prêt à retourner à la bagarre ce week-end."

La réussite de Comini

Sur le circuit du Hungaroring, l'objectif sera de rattraper les points perdus et de ne pas laisser s'échapper Stefano Comini, déjà vainqueur des deux premières saisons des TCR International Series, et nouveau leader du championnat, avec un peu de réussite...

"Stefano est un bon pilote, il n'est pas double Champion pour rien", poursuit Vernay, qui fut l'équipier du Tessinois chez Leopard Racing en 2016. "Bien entendu, il est un peu 'atypique' dans le milieu et il a un charisme particulier, mais c'est avant tout un très bon pilote, avec beaucoup d'expérience. Il peut aussi compter sur une équipe qui a de gros moyens, et sur un peu de chance aussi... Lui aussi a été victime d'une crevaison dans la Course 1, mais ça lui est arrivé à basse vitesse, pour la simple raison que la course était neutralisée derrière la voiture de sécurité suite à mon accident ! Sinon, à allure normale, il finissait dans le mur, comme moi."

"Mais c'est comme ça, il faut aller de l'avant et viser les meilleurs résultats possibles en Hongrie, où nous devrions être plutôt pas mal. Cette fois, on visera les premières places."

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Type d'article Interview
Tags accident, crevaison