Alpine dans sa bulle au Mans : "Si tu tiens compte des autres, tu te perds"
Les premiers indicateurs sont positifs pour Alpine aux 24 Heures du Mans, mais l'écurie française se garde bien d'interpréter la hiérarchie aperçue lors de la Journée Test. Philippe Sinault insiste sur une priorité : rester concentré sur son propre programme.
Photo de : Marc Fleury
Quatrièmes et cinquièmes d'une Journée Test "chargée" pour tout le monde dimanche dernier aux 24 Heures du Mans, les Alpine ne savent en réalité pas encore où se situer dans la hiérarchie attendue cette année en Hypercar.
Les premières réponses commenceront à arriver mercredi et jeudi soir, avec les essais qualificatifs puis l'Hyperpole, mais l'équipe française ne veut pas "se tromper de combat" et refuse de se focaliser sur la concurrence.
"Il y a deux façons de travailler", prévient le directeur Philippe Sinault auprès de Motorsport.com. "Si tu tiens compte de ce que font les autres, tu te perds. On avait trop de sujets à clarifier dans notre espace de questionnement, donc on a suivi notre ligne directrice et on a travaillé sans vraiment tenir compte de ce que faisaient les autres, ni de la hiérarchie.
"Par exemple, on n'a pas fait de simulation de qualifications, on a simplement déroulé notre plan de travail. Mais on a constaté, en effet, que les écarts sont infimes, que tout le monde est en mesure de faire de bonnes choses. Je ne sais pas si je peux dire que les autres ont caché leur jeu ou non, c'est difficile à dire."
La bonne nouvelle chez Alpine, c'est que l'A424 a confirmé les progrès apportés par les évolutions hivernales et qu'elle reste à l'aise sur le très caractéristique Circuit de la Sarthe.
"Ce qu'on avait déjà vu sur les deux premières épreuves se confirme, y compris au Mans : on a franchi un gros cap", se félicite Philippe Sinault. "C'était évidemment satisfaisant, mais nous avons ensuite consacré beaucoup de nos efforts aux pneus. De façon globale, c'était le sujet : passer les trois composés et accumuler du kilométrage, au minimum sur des doubles relais, pour voir comment cela se comportait et évoluait."
"On va continuer à travailler les longs relais avec les pneus. Il y a la qualif, donc on va faire en sorte de réaliser un tour rapide. Si on est en Hyperpole, c'est bien, mais ce serait se tromper de combat. Et si on n'y est pas, je saurai aussi dire que les qualifications ne sont pas importantes ! Les écarts sont tellement serrés que personne n'est à l'abri de ne pas passer. On ne va pas se focaliser là-dessus."
Dernière aux 24 Heures du Mans pour Alpine en Hypercar.
Photo de: Rainier Ehrhardt
Globalement, les vitesses de pointe sont en hausse chez tout le monde en Hypercar, et c'est un point observé par Alpine, qui y voit une bonne nouvelle pour être à l'aise en course et faire la différence dans les longues lignes droites. Le véritable sujet technique demeure toutefois celui de la constance sur les longs relais.
"Par rapport à l'année dernière, on a gagné en vitesse de pointe. C'est davantage dû à la définition technique globale décidée par l'ACO qu'aux réglages de la voiture", explique Philippe Sinault. "Mais c'est aussi le cas des autres concurrents, qui sont assez proches sur cet aspect-là, car c'était la volonté du législateur."
"En termes de mise au point de la voiture, on a quand même encore des choses à affiner. Il faut qu'on parvienne à avoir une auto facile à exploiter en course, mais dans toutes les conditions."
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