"Ce boulot est prenant car on est au cœur de la voiture"

Technicien assembleur des moteurs chez Red Bull Racing, Bal Sira parle de son métier et explique que contrairement à son équipe, il a connu une année presque... facile !

"Ce boulot est prenant car on est au cœur de la voiture"
Red Bull Racing, Renault Sport F1
Daniil Kvyat, Red Bull Racing
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing RB11
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing RB11
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing RB11
Daniil Kvyat, Red Bull Racing RB11 a abandonné avec un moteur cassé
Daniil Kvyat, Red Bull Racing
Daniil Kvyat, Red Bull Racing RB11
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing, avec les médias
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing
Daniil Kvyat, Red Bull Racing RB11

On n'imagine pas le nombre et la variété des missions qui peuvent être confiées aux personnes occupant différents postes, notamment au niveau technique, dans une équipe de Formule 1. Des choses qui peuvent parfois paraître toutes simples mais que, forcément, il faut faire et bien faire.

Depuis le début de la saison, Bal Sira occupe un poste-clé entre deux partenaires dont la relation n'est pas vraiment au beau fixe. Techniquement, il fait un peu le lien, si l'on peut présenter les choses ainsi, entre Red Bull – son employeur – et Renault.

Pour dire les choses simplement, je suis responsable de tous les composants qui relient le moteur au châssis et à la boîte de vitesses, et je le fais en liaison avec les gens de chez Renault,” détaille-t-il. “Cela comprend des éléments comme le turbo, l'embrayage, les câblages, les pièces de l'ERS... Bref, beaucoup d'éléments !”

On est au cœur de la voiture, et travailler de façon rapprochée avec tous les départements est une partie très intéressante.

Bal Sira

Son arrivée à ce poste est le résultat d'une promotion entre l'année dernière et l'exercice 2015.

L'année dernière, j'étais mécanicien,” poursuit-il. “J'étais le quatrième “maillon” sur la voiture de Seb [Vettel], mais j'ai été muté à ce poste cette saison et c'est évidemment un gros changement.”

On veut bien le croire. Loin de nous l'idée de minimiser le travail des mécaniciens, mais c'est d'autre chose dont il s'agit ici. Sira doit veiller à la parfaite intégration du châssis et du moteur – pardon, du groupe propulseur.

Ce boulot est bien plus intéressant pour moi, c'est sûr. C'est beaucoup plus prenant et on est au cœur de la voiture,” poursuit-il. “Et puis, je travaille avec les gars de la boîte de vitesses, de l'hydraulique, les concepteurs à l'usine, beaucoup avec Renault – et le faire de façon rapprochée avec tous les départements est une partie très intéressante.”

C'est un bon retour d'information pour l'usine aussi, et on crée au fil de l'année une liste des choses dont on pense qu'elles pourraient être améliorées, en se basant sur la facilité d'accès sur la voiture, ce qui prend trop de temps, ce sur quoi il est trop difficile de travailler, etc.”

Un processus qui s'accélère

Forcément, on imagine que cet échange d'informations permet d'améliorer les choses durant la saison. De la même façon qu'une équipe apporte des évolutions au fil des courses, l'installation du groupe propulseur se fait de plus en plus rapidement et efficacement.

Ce qui s'est passé au cours de la dernière année est que le processus pour fixer le groupe propulseur à la voiture est devenu bien plus rapide,” confirme Sira. “Démonter et remonter le moteur prenait beaucoup de temps l'année dernière mais je pense qu'il est aujourd'hui réduit à une heure quarante environ. Pour les mécanos, la voiture est beaucoup plus “facile” désormais.”

Cela dit, ces unités de puissance sont très complexes et nous passons par plusieurs éléments. Avec tous les composants, ça peut devenir assez compliqué pour savoir quoi utiliser, et quand. La solution la plus simple est que tous les moteurs aient des noms, car cela aide vraiment à garder une trace pour savoir où nous en sommes avec chacun. Ce week-end, on a Holly et Anna avec nous.”

Six heures pour fabriquer un moteur

Derrière ces prénoms charmants et, d'une certaine façon, trompeurs se cache la grande compexité des groupes propulseurs actuels. D'autant qu'avant de les fixer au châssis, il faut bien eux-mêmes les assembler.

Fabriquer le moteur est franchement complexe, en effet,” dit Sira. “On part vraiment du plus profond du turbo pour travailler. Si quoi que ce soit va de travers, il faut du temps pour revenir en arrière car il faut construire cette partie du moteur prend trois heures. Au total, le temps de fabrication du groupe propulseur est de six bonnes heures.”

Ah oui, quand même... Le tout dans une ambiance qui n'est peut-être pas toujours idéale, pourrait-on supposer, en raison des tensions évoquées plus haut entre Red Bull et Renault. Eh bien, que l'on ne s'y trompe pas. À l'entendre, les tensions sont restées dans les hautes sphères, sans atteindre le terrain.

Je dirais que c'est une année intéressante, pour ne pas dire la plus facile,” assure Bal Sira. “Mais si je devais citer un moment difficile, je dirais que le remplacement rapide du moteur de Daniel [Ricciardo] à Monza entre la troisième séance d'essais libres et les qualifications comme ayant été le plus intense. On a dû changer une paire de groupes propulseurs ce week-end-là et ce fut assez chaotique, mais on a fini par y arriver !”

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