La course de leur vie #4 : Christian Danner, USA Est 1989

Christian Danner n'a certes pas usurpé sa place en F1, mais s'il n'y a pas connu une grande réussite, ce n'est pas uniquement à cause de la qualité médiocre des diverses monoplaces dans lesquelles il s'est glissé

La course de leur vie #4 : Christian Danner, USA Est 1989

Christian Danner n'a certes pas usurpé sa place en F1, mais s'il n'y a pas connu une grande réussite, ce n'est pas uniquement à cause de la qualité médiocre des diverses monoplaces dans lesquelles il s'est glissé. La comparaison avec ses différents équipiers lui fut souvent défavorable. Et il ne fut guère plus efficace de l'autre côté de l'Atlantique. C'est à bord des voitures de Tourisme que ce play-boy s'est sans doute le mieux exprimé.

Débutant en sport automobile à 17 ans, après avoir notamment roulé en Coupe R5, il pilote en Allemagne une BMW M1 en 80. C'est le constructeur, munichois comme lui, qui dès 1981 l'amène en Formule 2. Il va y passer quatre ans sur des March le plus souvent officielles, sans remporter la moindre victoire, terminant le championnat 18ème, 14ème et deux fois 5ème. Il décroche quand même sept podiums en 83/84. En 1985, la F2 fait place à la F3000. Danner est de l'aventure, toujours sur une March. Son team, Bob Sparshott Automotive, est loin d'avoir la puissance de Ralt, Onyx ou Oreca, cadors de l'époque. A la surprise générale, Christian enlève quatre courses sur onze et devient le premier lauréat de la discipline. Cette même année, en fin de saison, l'écurie germanique Zakspeed lui met un pied en F1, lors des Grands Prix de Belgique et d'Europe, qui se soldent par autant d'abandons.

En 1986, le voilà titulaire chez Osella, qui tire toujours le diable par la queue. En six tentatives, il n'échoue en qualification qu'à Monaco mais doit chaque fois renoncer, et ne se montre pas meilleur que son équipier Ghinzani. Marc Surer contraint de mettre un terme à sa carrière à la mi-saison, Arrows lui cherche un remplaçant. Le team de Jackie Olivier est alors motorisé par BMW, qui l'installe aux côtés de Boutsen, que l'Allemand avait côtoyé en F2. La voiture ? Loupée. Danner ? Copieusement dominé par le Belge. Mais il arrache le seul point de l'écurie en finissant 6ème en Autriche, après être parti 22ème.

Pour 1987, Béhème lui préfère un autre de ses protégés, Berger, et notre homme retourne chez Zakspeed. La structure germanique n'a guère progressé, la fiabilité est dramatique, et il se contente de deux 7ème places là où son partenaire Brundle, bien meilleur, arrache deux points. A pied, il refera surface dans une autre formation allemande en 89 : Rial, qui a épaté en 88 avec De Cesaris au volant. Et qui présente l'avantage d'être exempte de pré-qualifications jusqu'à mi-saison. Après une encourageante 17ème place de grille au Brésil, c'est la douche froide : non qualifié à Imola et Monaco. L'ARC2 n'a pas l'agilité de sa devancière...

En débarquant à Phoenix, Rial ne se fait aucune illusion. La preuve aux essais : le malheureux Volker Weidler est éliminé, comme chaque fois, le vendredi matin, et Danner sauve la dernière place de grille, pour deux dixièmes devant Olivier Grouillard, éliminé comme l'autre Ligier de René Arnoux. Sa remontée dimanche va être méthodique, favorisée par les nombreux abandons (ils ne seront que six à recevoir le drapeau à damier !). Vingt-et-unième après 10 tours, 19ème au 20ème passage, le voilà 10ème à mi-course (38ème tour). A 20 tours du but, il est dans le Top 6, et ce n'est pas tout. Il passe Palmer dont la Tyrrell agonise, jouit du retrait de Berger (Ferrari) et termine à une incroyable 4ème place, synonyme de trois points. A Montréal, son 36ème et ultime Grand Prix, il est 23ème de grille et 8ème (et dernier) en course.

C'est le chant du cygne. Le retour en Europe est cauchemardesque, Christian ne parviendra plus jamais à se qualifier. Après Estoril, il jette l'éponge. Les Gachot, Foitek ou Raphanel ne tireront rien de plus de la Rial. L'équipe disparaîtra de la F1, Danner aussi. Une modeste saison 90 en F. Nippon s'ensuit, puis durant cinq ans, on va le retrouver épisodiquement en CART aux USA, avec une 7ème position à Miami comme pinacle. Ce parfait gentleman, d'une gentillesse rare, trouvera plus de satisfaction en Tourisme, enlevant deux manches de l'ITC avec Alfa Roméo et surtout les 24 Heures de Francorchamps et du Nürburgring. C'est une fois son casque raccroché qu'il est devenu une vraie star chez lui, puisqu'il commente depuis des années les Grands Prix pour RTL Germany. Il a aujourd'hui 53 ans, et on l'a vu pour la dernière fois en compétition dans l'éphémère GP Masters.

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