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Pourquoi Panis a pris le risque McLaren en 2000

Olivier Panis revient sur une décision qui a marqué sa carrière : celle de devenir troisième pilote McLaren pour la saison 2000 de Formule 1.

Olivier Panis, McLaren

Fin 1999, sortant de deux saisons où il n'avait marqué que deux points avec Prost Grand Prix, Olivier Panis a fait ce pari qui a étonné le monde de la Formule 1 : à une époque où les essais privés étaient illimités, rejoindre un top team – en l'occurrence McLaren, l'écurie double Championne du monde en titre – pour limer le bitume, quitte à ne pas être au départ des Grands Prix.

"Après deux années très difficiles chez Prost, je voulais changer d'air", relate le vainqueur du Grand Prix de Monaco 1996, monté sur le podium à cinq reprises avant de signer chez McLaren, dans un podcast avec Motorsport.com Allemagne. "Je ne savais pas si j'allais rester en Formule 1, car les propositions que j'avais n'étaient pas enthousiasmantes. J'avais une offre en [CART] avec Pat Patrick Racing ; j'ai signé, mais j'ai mis une clause selon laquelle si quelque chose se présentait en Formule 1, j'y resterais."

"Un jour, j'ai appelé Didier [Coton] et Keke [Rosberg, qui géraient sa carrière, ndlr] et je leur ai dit : 'J'ai une idée. Vous êtes très bons amis avec Ron Dennis et Martin Whitmarsh. Pourquoi ne pas leur demander d'être pilote d'essais et troisième pilote ? Je veux savoir ce qu'est la meilleure voiture et je veux comparer mes chronos à ceux des meilleurs pilotes'. Ils m'ont dit que j'étais fou, et qu'être troisième pilote serait synonyme de fin de carrière ! J'ai insisté pour qu'ils demandent ça à Ron et à Martin. Ils m'ont dit : 'Tu sais que si tu es plus lent que Mika [Häkkinen] et David [Coulthard] de cinq dixièmes au tour, tu es fini'. J'ai répondu : 'Oui, je sais, mais je prends le risque'."

David Coulthard, Olivier Panis et Mika Hakkinen

"Ils ont appelé Ron, ils ont appelé Adrian Newey, et Newey a dit oui à 100%. Ron, lui, était triste de donner ce poste à un vainqueur en Grand Prix. Je suis allé le rencontrer en Angleterre et je lui ai expliqué pourquoi je voulais faire ça. Il me respectait, parce qu'il me payait beaucoup d'argent pour être pilote d'essais ! C'était un million et demi de dollars [aux alentours de 10 millions de francs], c'était beaucoup d'argent pour un pilote d'essais – c'était le rêve pour moi !"

Avec McLaren, Panis n'a pas chômé, c'est le moins que l'on puisse dire : environ 70 jours d'essais, soit des dizaines de milliers de kilomètres ! Surtout, le Français s'est illustré par sa rapidité par rapport aux pilotes titulaires, qui lui a grandement donné confiance en lui. Auparavant, il avait été associé à des coéquipiers moins bien cotés tels qu'Éric Bernard, Pedro Diniz et Jarno Trulli.

"S'il y a un moment où j'ai pensé avoir le potentiel pour être Champion du monde, c'est quand j'ai piloté pour McLaren en 2000", poursuit Panis. "Parce que j'avais la meilleure voiture au monde à l'époque ; je me comparais à deux des meilleurs pilotes de l'époque, Mika Häkkinen et David Coulthard. Mes temps au tour lors de nos essais communs étaient toujours proches des leurs, voire plus rapides."

"[Newey] était très content des chronos que je faisais la plupart du temps, avec la même voiture que les Champions du monde. Et en milieu de saison, Mika a dit à Ron qu'il ne voulait plus tester parce que je l'avais épuisé !"

Olivier Panis, McLaren Mercedes

Dennis ne voulait pas le laisser partir

Panis a également apprécié l'ambiance qui régnait au sein de l'équipe – appréciation qui était réciproque, si bien que Ron Dennis espérait le maintenir à ce poste de réserviste en 2001.

"J'ai connu une si belle saison avec eux", se souvient-il. "De l'extérieur, j'avais l'impression que McLaren était une écurie froide, et ça m'inquiétait un peu. Mais à l'intérieur, c'était si chaleureux ! David, Mika et moi sommes restés amis. Ils ont été très sympa avec moi et ont respecté mon travail. J'ai montré à tout le monde – et à moi-même – que j'étais rapide. Cela m'a donné la chance de revenir en F1 avec BAR-Honda, parce que tout le monde a vu mes chronos en essais."

"Mais Ron m'a dit qu'il voulait me garder, parce qu'il avait le contrat avec David et voulait le respecter. Mais je lui ai dit que si je faisais un an de plus, j'allais perdre l'esprit de la course. Deux ans sans prendre de départ... Non, je n'étais pas prêt pour ça. Donc il a mis une clause très dure dans mon contrat : il a dit qu'il ne voulait pas que j'aille dans une équipe qui ne soit pas très compétitive, car j'avais besoin d'une bonne écurie pour démontrer mon potentiel. Il a dit qu'il me laisserait partir si j'étais dans une équipe du top 5 au championnat. C'est chaud, quand on a McLaren, Ferrari, Benetton... et BAR était cinquième, heureusement !"

Et Panis de conclure : "J'ai pris énormément de plaisir lors de cette année chez McLaren, parce que je savais où j'en étais, je savais à quel point j'étais rapide, et j'étais confiant. Après ça, j'ai repris la course chez BAR-Honda avec Jacques Villeneuve comme coéquipier. Nous avions une bonne relation, mais je l'ai souvent battu, lui qui était Champion du monde. Mais je ne regrette rien. J'ai juste eu de la chance de vivre ma passion à un très haut niveau pendant dix ans. Mon rêve était de devenir Champion du monde, mais ça ne s'est pas fait. J'ai quand même une belle vie."

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Ron Dennis, David Coulthard, Olivier Panis, Mika Häkkinen et Norbert Haug
Olivier Panis, McLaren Mercedes
David Coulthard, Olivier Panis et Mika Häkkinen
Olivier Panis, Mclaren Mercedes
David Coulthard, Olivier Panis et Mika Häkkinen
Olivier Panis, McLaren
David Coulthard, Olivier Panis et Mika Häkkinen
Olivier Panis, McLaren Mercedes
David Coulthard, Olivier Panis et Mika Häkkinen
Olivier Panis, McLaren Mercedes
Olivier Panis, McLaren
Olivier Panis, McLaren
Olivier Panis, McLaren MP4/15
Olivier Panis, McLaren
Olivier Panis, McLaren Mercedes
Olivier Panis, McLaren
Olivier Panis, McLaren Mercedes
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