Formule 1 GP d'Australie

Quels sont les changements sur le circuit de l'Albert Park ?

Le circuit de l'Albert Park, à Melbourne, a effectué quelques changements depuis le dernier Grand Prix d'Australie, en 2019. Mais quelles sont ces modifications ? Vont-elles améliorer la qualité de la course ?

Les travaux sur le circuit de l'Albert Park

Cela fait plus d'un quart de siècle que Melbourne accueille le Grand Prix d'Australie. Depuis 1996, chaque édition s'est déroulée sur le circuit de l'Albert Park, tracé autour d'un lac, à quelques centaines de mètres du centre-ville. La piste n'avait jamais connu la moindre modification jusqu'à aujourd'hui, notamment parce qu'elle utilisait des routes publiques. Pour 2022, alors que le circuit n'avait jamais évolué à la même vitesse que les monoplaces, des changements ont donc été entrepris.

Plusieurs années de retours et le feedback des pilotes, notamment le local de l'étape Daniel Ricciardo, ont été nécessaires pour donner une nouvelle vie à un circuit à la trajectoire unique, où les manœuvres de dépassement étaient extrêmement rares. Pour 2022, les bulldozers sont passés partout pour modifier l'angle de certains virages, la surface de la piste, et même la voie des stands, devenue plus large.

Qu'est-ce qui a changé à Melbourne ?

Virage 1

Le premier virage de l'Albert Park est réputé pour ses crashs, notamment celui de 2002 où pas moins de huit monoplaces étaient mises hors-course. La courbe a été élargie de deux mètres et demi sur la droite. Le but : atténuer l'effet d'entonnoir qui obligeait les voitures à négocier une trajectoire très étroite, et permettre aux monoplaces de rouler plus facilement côte à côte.

Virage 3

L'une des rares zones où les voitures pouvaient se dépasser, le virage 3 a également été élargi sur la droite, cette fois-ci de quatre mètres. La courbe a également été reprofilée pour créer un dévers positif, censé aider les pilotes à varier les trajectoires et rendre les dépassements légèrement plus simples.

Vue aérienne de l'Albert Park

Vue aérienne de l'Albert Park

Virage 6

Ce virage rapide à droite a également été élargi. Avec un agrandissement de sept mètres et demi sur la droite, les monoplaces pourront presque le négocier pied au plancher, alors qu'un freinage court mais fort était nécessaire par le passé. Selon les estimations, les pilotes devraient être plus rapides de 70 km/h par rapport à 2019.

Virages 9 et 10

L'ancienne chicane des virages 9 et 10, qui menait vers la longue courbe qui longeait le lac et ses palmiers, a disparu. Désormais, il s'agit simplement d'une longue accélération, de la sortie du virage 6 jusqu'à l'enchaînement 9 et 10, autrefois 11 et 12. Les organisateurs s'attendent à ce que les pilotes approchent de cette chicane à 330 km/h, avec une force de 5,4 g dans la courbe à gauche. C'est d'ailleurs à cet endroit que sera placée la nouvelle zone DRS, portant à quatre le total sur le circuit (une première en F1).

Virage 11

Après la longue portion d'accélération entre la sortie du virage 6 et le 10, le numéro 11 devient une opportunité majeure de dépassements. Le virage a été élargi de trois mètres à l'intérieur, sur la droite, et a également subi un reprofilage pour créer un dévers positif. Plusieurs trajectoires et des attaques en course sont prévues.

Virage 13

L'avant-dernier virage a également été élargi à l'intérieur, rendant la défense de sa position plus compliquée à l'approche de la zone DRS de la grille de départ.

Voie des stands

Connue comme étant l'une des plus étroites du calendrier, la voie des stands de Melbourne a été élargie de deux mètres. Pour cela, le bandeau d'herbe a été retiré pour installer le muret des stands au bord de la piste. Le passage des monoplaces sera plus sûr, même avec l'augmentation de la vitesse de 60 à 80 km/h (en attendant l'approbation de la FIA). Les voitures perdront moins de temps dans les stands, ce qui incitera peut-être les écuries à adopter des stratégies à deux arrêts.

Daniel Ricciardo dans les stands, en 2019.

Daniel Ricciardo dans les stands, en 2019.

Resurfaçage

Le tracé entier a également été resurfacé. Un changement qui devenait urgent, puisque jamais les organisateurs n'avaient modifié le revêtement depuis que celui-ci avait été posé en 1995, à l'aube du premier Grand Prix à Melbourne. Étant donné que la piste est ouverte au public le reste de l'année, l'asphalte avait été abîmé par le temps et les passages.

Pourquoi ces changements ?

Modifier le tracé de l'Albert Park n'est pas une idée récente. Les pilotes et les directeurs d'écurie ont souvent critiqué le tracé, qui restait coincé dans le passé alors que les monoplaces ne cessaient d'évoluer et de prendre de la vitesse. Auparavant, Melbourne proposait un tracé à la trajectoire unique, avec des zones de freinages bosselées et courtes, rendant les dépassements impossibles sans un différentiel de performance colossal.

C'est en 2017 que l'Australian Grand Prix Corporation (AGPC) a sérieusement envisagé de modifier la piste. L'idée était déjà de créer une longue zone d'accélération au nord du lac. En revanche, la première version présentait un modèle différent de la chicane 11-12, avec un gros freinage pour créer plus de dépassements. Le plan ne fut finalement pas retenu, l'AGPC ne voyant pas les bénéfices que procurerait un changement de tracé, alors qu'il aurait été nécessaire de fermer des routes publiques très fréquentées pendant plusieurs semaines.

Mais les critiques continuaient de pleuvoir, et les changements nécessaires furent remis au goût du jour, notamment par les pilotes. Finalement, l'AGPC acceptait l'idée du resurfaçage, et par la même occasion, le changement du tracé. S'il fallait fermer le parc pour refaire l'asphalte, autant en profiter pour améliorer la piste.

Plusieurs pilotes ont été interrogés pour savoir quels seraient les changements à apporter. Profitant de la pandémie et de l'annulation de l'épreuve pendant deux années de suite, les travaux ont finalement commencé en 2021, il y a un peu plus d'un an. La première phase voyait l'élargissement de la voie des stands de deux mètres et le retrait de la bande d'herbe. La deuxième phase du projet se concentrait sur les angles des virages et la suppression de l'ancienne chicane des virages 9 et 10. Enfin, le circuit terminait ses travaux avec le resurfaçage général de la piste, qui s'est terminé plus tôt cette année.

Le nouveau virage 6 de l'Albert Park, en pleins travaux.

Le nouveau virage 6 de l'Albert Park, en pleins travaux.

Le spectacle sera-t-il amélioré ?

Tous ces changements ont été réalisés dans un but commun : améliorer la qualité des courses disputées sur l'Albert Park. Si le premier virage ne devrait pas devenir une grande opportunité de dépassement, son élargissement devrait permettre aux attaquants de mieux se préparer pour tenter une manœuvre dans le virage 3. Celle-ci devrait être facilitée par l'élargissement de cette courbe, ainsi que par son léger devers qui offrira une meilleure adhérence.

La perte de la chicane des virages 9 et 10 représente un freinage en moins, et donc, une opportunité de dépassement qui disparaît. Cependant, ces virages n'ont jamais vu beaucoup d'attaques, raison pour laquelle cette dernière a été sacrifiée pour créer LA zone de dépassement ultime du circuit : le virage 11. Les pilotes garderont le pied au plancher, de la sortie du virage 6 jusqu'au freinage du 11. Avec une courbe plus large et légèrement cambrée, les trajectoires (ainsi que les dépassements) seront multipliés.

Enfin, si la FIA approuve l'augmentation de vitesse dans les stands, les écuries perdront moins de temps lors des changements de pneus, ce qui en incitera sûrement certaines à tenter des stratégies à deux arrêts.

Sur le papier, le spectacle devrait donc être amélioré, avec des dépassements à la hausse. En revanche, les temps au tour seront réduits : une baisse d'environ cinq secondes est attendue de la part de l'AGPC.

L'Albert Park en chiffres

• Longueur : 5,279 km (réduit de 0,024 km)
• Virages : 14 (réduit de 2)
• Tour le plus rapide : 1'24"125 (Michael Schumacher, 2004)
• Grands Prix : 24 (1996-2019)
• Capacité : environ 140 000 personnes
• Plus grand nombre de victoires (pilote) : Michael Schumacher (4)
• Plus grand nombre de victoires (équipe) : Ferrari (8)
• Dernier vainqueur : Valtteri Bottas (2019)

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