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Renault doit "accepter que les choses prennent du temps"

Renault n'éprouve pas de "honte" à l'idée de perdre son duel face à McLaren cette année, mais sait sur quels points travailler afin de retrouver un rang supérieur en Formule 1.

Daniel Ricciardo, Renault F1 Team R.S.19

À deux Grands Prix de la fin de la saison, Renault compte 38 points de retard sur McLaren et devrait, sauf incroyable retournement de situation, perdre sa quatrième place au championnat constructeurs. Acquise l'an dernier, cette position avait pour but d'être confortée en 2019 tout en comblant l'écart avec les écuries de pointe. Le constructeur français a déjà reconnu son échec dans la quête de ces objectifs, mais refuse néanmoins de tout jeter au terme d'un championnat qui aura pris pour lui des airs de montagnes russes. Certes, être battu par une écurie qui utilise la même motorisation est un camouflet, surtout pour le département châssis à Enstone, mais Cyril Abiteboul relativise.

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"C'est un fait, McLaren a fait une meilleure voiture que nous, un meilleur châssis", reconnaît le directeur général de Renault F1 auprès de Motorsport.com. "Je n'ai pas honte de me battre contre McLaren. Cela reste une équipe fantastique et un grand nom en F1. Nous devons juste accepter que les choses prennent du temps, que nous aimions ça ou non. La F1 est dure, et en effet, le fait est que nous nous améliorons dans la compréhension de la voiture et que nous sommes capables de faire mieux avec les réglages, car il n'y a pas de développement de la voiture, elle n'a pas changé depuis un moment."

Des qualifications problématiques

Renault a en effet signé un résultat très encourageant à Austin le week-end dernier grâce à la sixième place de Daniel Ricciardo, jumelée à la neuvième de Nico Hülkenberg. Parmi les incompréhensions qui persistent et qui doivent être réglées pour préparer 2020 figure la différence de rythme qu'affiche la R.S.19 en qualifications et en course.

Daniel Ricciardo, Renault F1 Team R.S.19

"Ils [McLaren] sont bien plus rapides que nous le samedi en qualifications, d'au moins une demi-seconde, mais le dimanche nous sommes bien plus proches, et meilleurs qu'eux en fait", constate Cyril Abiteboul. "C'était le cas aux États-Unis, au Mexique, et également à Suzuka, même si ça ne se voyait pas en raison de notre position sur la grille et de la stratégie, ainsi qu'avec ce qui s'est passé après la course [disqualification des deux pilotes]. Nous savons donc sur quoi nous concentrer. Ceci étant dit, nous savons que les qualifications démontrent le rythme et les limites de la voiture. Notre auto a des caractéristiques qui ne sont pas agréables lorsqu'on la pousse au maximum. Mais en course, quand on commence à gérer, les choses sont bien meilleures."

Ce constat n'est pas nouveau chez Renault, et il est partagé par les pilotes. Que ce soit à Mexico ou à Austin, Daniel Ricciardo a démontre que la monoplace avait le potentiel pour aller chercher des points de manière plus régulière.

"Je dirais que sur un tour, je ressens qu'en regardant les caméras embarquées des McLaren, ils semblent en mesure d'extraire plus facilement un chrono", admet le pilote australien. "Il semble que la fenêtre [de performance] soit un peu plus large pour eux et que c'est la raison pour laquelle nous ne sommes pas toujours en mesure d'extraire le meilleur de la nôtre en qualifications. Pour faire court, je dirais que c'est plus simple pour nous de faire une erreur ou de ne pas avoir le réglage au top. Mais ensuite, sur la course, une fois que tout se détend sur le rythme et que vous n'êtes plus à la limite sur le pneu, c'est là que nous sommes en mesure d'étendre naturellement la fenêtre pour un [bon] rythme. Je pense que c'est la raison pour laquelle nous sommes en mesure de revenir un petit peu sur eux."

Propos recueillis par Jonathan Noble  

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