Rush sur 1976 : L'eau et le feu (2/8)

Avec le transfert de James Hunt chez Mclaren, l'Anglais devenait donc le principal rival de Niki Lauda pour le titre, si tenté qu'on le mette au même niveau que son adversaire, vu la domination de l'Autrichien en 1975

Rush sur 1976 : L'eau et le feu (2/8)

Avec le transfert de James Hunt chez Mclaren, l'Anglais devenait donc le principal rival de Niki Lauda pour le titre, si tenté qu'on le mette au même niveau que son adversaire, vu la domination de l'Autrichien en 1975. De plus, Mclaren conservait son même châssis, la M23, là où Ferrari faisait évoluer sa monoplace en 312T2.

Cependant, Lauda savait de quoi Hunt était capable, car les deux pilotes se connaissaient avant même leurs débuts en Formule 1. Les deux louaient en effet un appartement ensemble au début des années 70 et sont restés amis depuis. Quand Hunt l'emporta enfin à Zandvoort en 1975, Lauda avait donc compris bien avant les autres que "James the Shunt" allait lui donner du fil à retordre.

Mais l'affiche après coup prit la dimension qu'elle a aujourd'hui grâce à la grande différence de caractère entre les deux individus, facteur que "Rush" compte bien mettre en avant, une différence encore plus marquée que celle entre Prost et Senna.

D'un côté, il y avait Niki Lauda. Autrichien froid, calculateur, "timide et coincé" à l'entendre avant que son coéquipier Clay Regazzoni ne le déride un peu, qui gérait ses courses plus qu'il les remportait, un style pris en exemple par la suite par Alain Prost qui allait sérieusement le malmener en 1984. Pas de quoi enthousiasmer les foules, mais diablement efficace.

De l'autre, James Hunt, Anglais exubérant, colérique (certains commissaires ont fait l'expérience de ses coups de sang), anti-conformiste au point de déclarer à Mclaren lors de son transfert "qu'il n'était pas question que je porte leurs blazers et cravates à la con", et qui n'hésitait pas à aller chercher le dernier dixième à tout prix, sans faire preuve du même perfectionnisme que Lauda.

La seule réelle ressemblance entre les deux était qu'aucun des deux n'avaient la langue dans leur poche et ne l'ont jamais perdue par la suite. Mais on dit parfois que les contraires s'assemblent et ce fut le cas ici. Comme l'a déclaré Lauda à Damon Hill dans une interview pour F1 Racing en 2001, "C'est parce qu'on était si différents que ça a fonctionné. Il était dingue et ça me plaisait. Mon sérieux devait lui plaire aussi !"

L'Autrichien prit d'ailleurs le temps de se souvenir de deux belles anecdotes qui illustraient bien le côté extrême de son ami :

"Je l'ai invité à Salzbourg une fois et nous sommes allés au café du coin où il a bu comme un trou. A un moment, il s'est senti si mal qu'il s'est tout simplement retourné : il était en train de vomir dans le bac à fleurs ! Je lui ai demandé si ça allait et il m'a répondu «Non, pas du tout. Je pourrais avoir un autre verre de vin ?» Je ne l'oublierai jamais, il s'en foutait !"

Hunt remis le couvert, cette fois pour une séance d'essais privée...

"Un soir, nous sommes allés à une fête alors que nous devions partir à 7 heures le lendemain matin pour des essais au Paul Ricard. Je lui disais que si j'étais en retard, Ferrari me jetterait et il m'assura qu'il serait à l'heure. Le lendemain, à 6h45, il arrive une fille au bras, une radio sur l'épaule la musique à fond. Il était complètement bourré et n'avait visiblement pas dormi de la nuit !"

Heureusement pour Lauda, sa Ferrari le lâcha après quelques tours, le laissant au repos forcé, là où d'autres vont se l'imposer... à leur manière.

"Soudainement c'est la panique, une des voitures a disparu ! A cette époque, vous pouviez rouler sur le circuit avec votre voiture de tourisme. J'ai sauté dans la mienne, fait le tour du circuit et j'ai vu une Mclaren garée tout en haut à droite de la ligne droite [...]. J'y ai vu James affalé dans la voiture. Je l'ai secoué par les épaules et lui ai demandé ce qu'il faisait là. «Juste un petit somme» m'a t-il répondu ! Il était si fatigué qu'il s'était tout simplement arrêté dormir, du James tout craché !"

Voici de quoi peut-être relativiser les "excès" de Kimi Raikkonen !

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