La saison 2020, même pas commencée et déjà historique !

Retardée par la pandémie de COVID-19, la saison 2020 n'a pas encore officiellement commencé qu'elle s'avère déjà historique à plus d'un titre en Formule 1.

La saison 2020, même pas commencée et déjà historique !

La F1 a présenté ce mardi son plan pour débuter la saison 2020, comprenant pour le moment huit courses sur le continent européen réparties sur deux mois et six pays. Si le calendrier n'est pas connu dans son intégralité car la seconde partie de la campagne, extra-européenne, est soumise à un certain nombre d'incertitudes sur lesquelles travaille Liberty Media, il sera historique à plusieurs titres.

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Le début de saison le plus tardif

Dans les faits, la F1 n'était qu'à quelques heures de démarrer officiellement le Grand Prix d'Australie le 13 mars dernier avant que l'épreuve ne soit annulée, suite au cas positif de COVID-19 chez McLaren et au forfait de l'écurie. Par la suite, le report et/ou l'annulation des dix premières manches programmées initialement ont repoussé loin la date de début de la saison.

Ironiquement, il est possible de dire que, 70 ans très exactement après avoir débuté à Silverstone, la discipline a retrouvé le rythme d'antan. Jusqu'ici, la date de début de saison la plus tardive datait de 1951, où le GP de Suisse s'était tenu le 27 mai, sur le circuit de Bremgarten. La saison comptait un total de huit épreuves (sept GP + l'Indy 500), dont la dernière eut lieu le 28 octobre, en Espagne.

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En 2020, la première course aura lieu le 5 juillet, ce qui explose le record, mais le cap des huit manches devrait être atteint deux mois plus tard seulement. La date de fin d'année, espérée en décembre, n'est pas encore connue, même s'il semble improbable qu'elle se situe au-delà du 29 décembre, qui est le record de tardiveté établi lors de la saison 1962 (GP d'Afrique du Sud).

Des GP différents sur un même circuit comptant pour un même championnat

Les mesures de restriction des activités et de circulation des personnes dans le monde, ainsi que les règles sanitaires et sécuritaires résultant de la pandémie et de ses conséquences, ont obligé les instances à trouver des solutions inédites pour gonfler le nombre de courses tout en garantissant que l'isolement nécessaire du paddock soit strictement respecté. Quoi de mieux, dès lors, que de rester plusieurs semaines au même endroit, en comité restreint, et d'y organiser deux courses pour assurer aux concurrents, aux diffuseurs, aux partenaires et aux téléspectateurs un nombre d'épreuves suffisamment important.

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Ce sera le cas cette année sur au moins deux circuits : le Red Bull Ring d'abord, qui accueillera les deux premières manches de la saison les 5 et 12 juillet, et Silverstone, ensuite, qui recevra le paddock en dépit des règles de quarantaine à l'entrée du territoire les 2 et 9 août. Dans le projet envisagé par la discipline, Sakhir pourrait également être le théâtre de deux courses, même si cela reste bien entendu à confirmer.

Ces cas de figure seront inédits dans l'Histoire. Jamais deux Grands Prix différents et rapportant des points pour le même Championnat du monde n'ont été tenus sur la même piste au cours d'une même année.

En revanche, pour trouver trace de deux épreuves de F1 organisées sur un même circuit, il est possible de remonter à 1983, année de la dernière course hors championnat de l'Histoire. Brands Hatch accueillit en effet la Course des Champions le 10 avril, remportée par Keke Rosberg sur Williams, avant de recevoir le Grand Prix d'Europe le 25 septembre, où Nelson Piquet s'imposa pour Brabham.

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En poussant la logique à l'extrême, deux épreuves qui ont compté pour le Championnat du monde peuvent s'apparenter (de loin) à ce qui se passera en Autriche et en Grande-Bretagne cette année. Tout d'abord, le GP d'Allemagne 1959, disputé sur le particulier et dangereux AVUS. Le format de l'épreuve voyait les concurrents disputer deux manches de 30 tours chacune et le classement final était alors établi en additionnant les temps de chaque pilote, offrant la victoire à Tony Brooks (Ferrari) en 2h09, à une moyenne record pour l'époque de 230,7 km/h. Le GP d'Abu Dhabi 2014, ensuite, qui ne vit qu'une seule course être disputée mais celle-ci rapportait le double de points d'une épreuve normale. Un cas de figure unique et qui n'a pas convaincu, au point que la mesure a été remisée au placard peu de temps après. L'épreuve avait été remportée par Lewis Hamilton (Mercedes), qui s'offrait du même coup son second sacre.

Au moins deux nouveaux Grands Prix

Le GP d'Azerbaïdjan est le dernier nouveau Grand Prix en date (2017)

Le GP d'Azerbaïdjan est le dernier nouveau Grand Prix en date (2017)

Dans le monde des Grands Prix, le lieu est un élément évidemment essentiel mais sur le plan symbolique la dénomination est souvent ce qui reste en premier pour se référer à l'épreuve. Dans ce domaine, le classicisme veut évidemment que le pays dans lequel se court l'épreuve soit le nom retenu pour la course, mais il faut parfois ruser. En effet, il n'est pas rare d'avoir plusieurs épreuves se tenant dans un même pays. Dans ce cas, la seconde course prend le nom d'une ville (Pescara, Las Vegas), d'un continent (Europe), d'un autre État (Luxembourg, Saint-Marin, Suisse), d'un océan (Pacifique) voire maintient le nom du pays mais avec un ajout pour éviter toute ambiguïté (États-Unis Est et Ouest). Tout en sachant que ces événements ont parfois une double dénomination, comme par exemple le tout premier Grand Prix de l'Histoire qui était à la fois celui de Grande-Bretagne et celui d'Europe.

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En 2020, les organisateurs ont dû trouver un autre nom en plus de l’appellation classique de GP d'Autriche et GP de Grande-Bretagne. Ainsi, la seconde épreuve à Spielberg sera le tout premier "Grand Prix de Styrie", du nom du Land où se situe le Red Bull Ring. Il s'agira du 42e GP différent depuis 1950.

En revanche, pour la première fois, une épreuve ne portera pas dans son nom de référence à un lieu ou un espace géographique. En effet, la seconde manche à Silverstone sera le "Grand Prix du 70e Anniversaire", en référence à la course inaugurale du Championnat du monde qui avait été organisée sur l'ancien aérodrome militaire en mai 1950. Un clin d’œil historique à plus d'un titre, donc, pour ce qui sera le 43e GP différent en Formule 1.

Premier début de saison en Europe depuis 1966

Avec l'ensemble des écuries basées entièrement ou en partie en Europe et les restrictions importantes liées aux voyages, une fois le début de saison annulé, le moyen le plus sûr de mettre la saison sur des rails était bien entendu pour Liberty Media de se baser sur une tournée européenne. 

La saison démarrera donc par huit GP consécutifs en Europe, ce qui n'était arrivé qu'une seule fois auparavant, en 1964. Et il faut remonter à la saison 1966, avec le Grand Prix de Monaco le 22 mai pour trouver trace d'une saison démarrant sur le Vieux Continent. Depuis, les manches inaugurales ont eu lieu en Afrique du Sud, en Argentine, au Brésil, aux États-Unis, en Australie ou à Bahreïn.

Un nombre de GP réduit par rapport à la tendance contemporaine

C'est sans doute là où réside le plus d'incertitude car, s'il est certain que le programme record qui devait être de 22 Grands Prix ne sera pas atteint, le nombre exact de courses reste inconnu. La Formule 1 table en tout cas sur "15 à 18" épreuves. 

Si la F1 parvient à organiser 18 ou 17 GP, il s'agira du chiffre le plus faible depuis 2009 (17 courses) ; s'il y a 16 GP, la saison sera la plus courte depuis 2003 ; enfin, si le chiffre descend à 15 GP, ce sera une première depuis 1983.

Dernière saison organisée avec un total de...
7 GP 1955
8 GP 1961
9 GP 1966
10 GP 1965
11 GP 1971
12 GP 1972
13 GP 1970
14 GP 1980
15 GP 1983
16 GP 2003
17 GP 2009
18 GP 2008
19 GP 2015
20 GP 2017
21 GP 2019

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