La faille du règlement ayant profité à di Grassi va être modifiée

La FIA va apporter des éclaircissements sur la zone grise du règlement qui a permis à Lucas di Grassi de prendre la tête de l'E-Prix de Londres en dépassant des voitures sous Safety Car.

La faille du règlement ayant profité à di Grassi va être modifiée

Lors de la deuxième course de l'E-Prix de Londres, alors que la voiture de sécurité emmenait le peloton vers la zone de l'accident d'António Félix da Costa, une monoplace électrique s'est engouffrée dans la voie des stands. Il s'agissait de Lucas di Grassi, qui ne cherchait pas à changer ses pneus ou son aileron mais tout simplement à dépasser ses adversaires !

Pour ce faire, le pilote Audi a profité d'une faille du règlement. En effet, celui-ci autorise un pilote à s'arrêter au stand sous Safety Car, mais il ne précise pas la durée minimum de l'arrêt. Ainsi, Di Grassi a freiné sur son emplacement puis il est immédiatement reparti. Au final, son passage au stand a été plus rapide que le rythme de la voiture de sécurité, et en sortant de la pitlane, le pilote Audi s'est retrouvé en tête de cortège.

Néanmoins, la direction de course a jugé que Di Grassi n'avait pas réalisé un arrêt complet lors de sa manœuvre, ce qui lui a valu tout d'abord un drive-through puis une disqualification après que la pénalité a été dûment ignorée.

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Frédéric Bertrand, directeur de la Formule E, a révélé à Motorsport.com que l'Article 38.11, stipulant que "l'entrée et la sortie de la pitlane [restaient] ouvertes" et que les pilotes étaient "libres de rentrer au stand à condition de s'arrêter devant leur garage", va être modifié en conséquence. Bertrand a ajouté que la FIA devait "s'adapter et combler la faille de [l'E-Prix de Londres]".

Lucas di Grassi a réagi à cette perspective, en martelant avoir pris la pitlane car le règlement le permettait. "La faille sera comblée car tout ce que nous avons fait rentrait à 100% dans les règles, n'étant possible qu'en raison de la vitesse moyenne du Safety Car à ce moment précis", a-t-il rappelé, estimant avoir saisi "une opportunité d'une fraction de seconde, qui n'arrive qu'une fois dans la vie". "C'est juste que ça n'a pas fonctionné, parce que nous ne nous sommes pas arrêtés complètement", a-t-il ajouté.

Contrairement à d'autres championnats majeurs, la voie des stands demeure ouverte sous Safety Car en Formule E, les équipes ayant fait pression sur la FIA pour permettre à leurs pilotes de continuer à effectuer des réparations si le besoin s'en faisait sentir. Interrogé sur un scénario où l'arrêt éclair de Lucas di Grassi aurait été correctement exécuté, ce qui n'aurait pas donné lieu à une sanction, Bertrand n'a pas souhaité répondre.

"Cela ne s'est pas produit parce que [Di Grassi] ne s'est pas correctement arrêté", a-t-il déclaré. "Mais dans tous les cas, nous devons réagir et changer [la règle]. Je ne peux pas vous dire ce qui se serait passé en cas de bon arrêt. Pour l'instant, la seule chose qui importe est que ça n'a pas marché. Mais ça aurait pu être intéressant du point de vue de la course."

Une nouvelle polémique pour la Formule E

Ce n'est pas la première fois que la Formule E est plongée dans la controverse. Déjà en 2020, une situation similaire s'était produite lors de la première course de l'E-Prix de Berlin : Jérôme d'Ambrosio, Alex Lynn et Sébastien Buemi avaient gagné près de cinq secondes sur leurs adversaires en empruntant la voie des stands pendant un Full Course Yellow, obligeant la FIA à interdire les arrêts lors de ce type de neutralisation. Une décision qui avait été saluée par Allan McNish, directeur de l'équipe Audi.

Quelques mois plus tard, dans le dernier tour de la première course de l'E-Prix de Valence, une succession de réductions de la consommation d'énergie par la direction de course avait épuisé le stock de près de la moitié du peloton et avait provoqué arrêts nets, abandons et disqualifications.

Le nouvel épisode de l'E-Prix de Londres est loin d'avoir redoré le blason de la Formule E, qui a essuyé de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux. Mais, selon Bertrand, un problème plus important se pose"Pour moi, le problème en matière d'image concerne ce qui s'est passé dans la pitlane, ou plutôt ce qui ne s'est pas passé", a ajouté le directeur au micro de Motorsport.com"[Di Grassi n'a pas purgé sa pénalité] au moment où il devait le faire. Il a mené la course jusqu'au drapeau à damier, ce qui n'aurait jamais dû se produire."

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