Espargaró : un bon GP d'Aragón ne reflète pas la réalité

Le pilote espagnol a mis en garde : son solide week-end en Aragón ne reflète pas la réalité de la compétitivité de son Aprilia, même s'il espère que le niveau affiché sur le MotorLand pourra être observé avec régularité la saison prochaine.

Espargaró : un bon GP d'Aragón ne reflète pas la réalité

Après avoir placé son Aprilia à la cinquième place sur la grille, Aleix Espargaró a rallié l'arrivée du Grand Prix d'Aragón septième, battu de peu par Cal Crutchlow à l'issue des 23 tours de la course. Ce résultat s'accompagnait d'une 11e place pour Andrea Iannone, rapportant au constructeur de Noale son plus gros gain de points en un week-end cette saison, de quoi réduire son retard sur KTM dans la bagarre qui les oppose pour la cinquième place du championnat constructeurs.

Ces dernières semaines, Espargaró n'a pas caché son mécontentement, notamment face au manque de mises à jour fournies par Aprilia lors du test de Misano, jusqu'à engendrer un échange polémique entre le pilote et Romano Albesiano, patron d'Aprilia Motorsport, par médias interposés. Aussi, s'il a exprimé sa satisfaction à l'arrivée de la course d'Aragón après avoir obtenu son meilleur résultat de la saison, l'Espagnol a toutefois vite remis cette performance dans son contexte, celui d'une piste favorable à la RS-GP dans une saison qui reste décevante.

Lire aussi :

"On ne peut pas oublier", a-t-il prévenu en se référant à la frustration qu'il a récemment exprimée. "On n'est pas dans une période différente à présent. La réalité est que l'on n'est pas assez compétitifs. Aprilia et moi-même savons où nous devons être. C'est la réalité, pas une excuse. Oui, on peut dire maintenant qu'on est très contents, etc, mais la réalité n'est pas celle-là : la réalité c'est que l'on souffre."

À la fois en manque de stabilité au freinage et en manque de traction à l'accélération, Espargaró n'a pas vu la situation évoluer pour le moment. "J'espère, je crois vraiment, que la saison prochaine toutes les courses pourront être comme ça. Je ne dis pas qu'il faut que l'on se batte pour le podium, mais à toutes les courses il faut que l'on soit en bagarre dans le top 8, et à cinq, six, sept ou 15 secondes des premiers, pas plus. Sur les autres pistes, on a terminé à plus d'une demi-seconde, c'est embarrassant, alors j'espère qu'on va pouvoir progresser. Bien entendu, cela me donne un peu de confiance, ainsi qu'à l'équipe, mais la réalité est la réalité : la moto est la même que la semaine dernière."

Une piste qui convient mieux à l'Aprilia

Dimanche, la course d'Aragón a donc malgré tout apporté une bulle de fraîcheur au pilote espagnol. Bien parti depuis la deuxième ligne, il a connu de premiers tours délicats mais a réussi à se maintenir dans le groupe de poursuivants, jusqu'à s'incliner face à Andrea Dovizioso, puis Cal Crutchlow. À l'arrivée, il devançait tout de même Valentino Rossi de 13 secondes.

Lire aussi :

"Dans le premier tour, j'ai eu un peu peur et j'ai été un peu inquiet, parce que je ne me sentais pas très bien avec le réservoir plein. J'avais quelques problèmes avec l'avant et Quartararo et Viñales ont creusé un peu l'écart. Ensuite, au bout de trois tours, j'ai commencé à me sentir compétitif et j'ai comblé mon retard", explique-t-il. "J'ai vraiment pris du plaisir, franchement. Je m'attendais à un tout petit peu plus, je m'attendais à pouvoir me battre avec les Yamaha jusqu'au bout, mais ça n'a pas été possible. J'ai tout donné, cependant on perd un peu à l'accélération et je n'arrivais pas à gagner suffisamment sur les freins, parce que je ne me sentais pas super bien avec le pneu avant. Mais globalement, ça a été une course super solide. L'écart avec le podium était très réduit, alors je suis satisfait."

Espargaró estime cependant que la nature du tracé a joué en faveur des RS-GP durant tout le week-end, après une édition 2018 qui avait déjà été plus favorable que la majeure partie des courses. "Je pense que ça vient de ce tracé. On a un problème, qui est que l'on n'a pas assez de poids sur l'arrière sur les gros freinages, or sur cette piste, mis à part dans le virage 1, on freine toujours en étant incliné, avec peut-être 25 et 30° d'angle. Cela signifie donc qu'il y a toujours du poids sur l'arrière et l'arrière pousse vers le sol, alors le frein moteur fonctionne et on peut utiliser le frein arrière. Je pense que ça vient de là."

"Mon coéquipier aussi a beaucoup de mal à stopper la moto, mais sur ce circuit la puissance d'arrêt a été un peu meilleure. Je pense donc que ça n'est pas qu'on est rapides en Aragón, c'est que cette piste convient plutôt bien à la RS-GP et je suis confiant quant au fait que sur des pistes comme l'Australie ou la Malaisie on pourra avoir des sensations similaires."

Avec German Garcia Casanova

partages
commentaires
Márquez : Confirmer le titre, mais "sans devenir fou"
Article précédent

Márquez : Confirmer le titre, mais "sans devenir fou"

Article suivant

Petrucci sent qu'il a perdu son point fort

Petrucci sent qu'il a perdu son point fort
Charger les commentaires
L'armada Ducati, une menace pour l'équilibre du MotoGP en 2022 Prime

L'armada Ducati, une menace pour l'équilibre du MotoGP en 2022

Voir Ducati aligner huit machines sur la grille MotoGP n'est pas un fait inédit, puisque la marque l'a déjà fait entre 2016 et 2018. Mais le niveau de la Desmosedici est impressionnant et l'implication de la firme de Borgo Panigale dans ses alliances bien plus importante qu'elle le fut par le passé, or cela pourrait avoir pour effet de déséquilibrer la catégorie reine.

MotoGP
16 janv. 2022
Ces héritiers que Valentino Rossi s'est choisis Prime

Ces héritiers que Valentino Rossi s'est choisis

Avec le départ de Valentino Rossi, le MotoGP perd sa plus grande star et l'Italie son meilleur représentant en course depuis les années 1980. Le Docteur lui-même a toutefois préparé sa relève et formé ceux qu'il espère voir lui succéder.

MotoGP
2 janv. 2022
Quartararo, le champion qui a changé les règles, comme Márquez Prime

Quartararo, le champion qui a changé les règles, comme Márquez

Précoce quand il dominait tous les championnats espagnols, Fabio Quartararo a été jusqu'à pousser à la mise en place d'un changement de règlement, comme Marc Márquez quelques années plus tôt. Son parcours mondial s'est pourtant révélé compliqué, jusqu'à la révélation une fois arrivé dans la catégorie MotoGP.

MotoGP
27 déc. 2021
Valentino Rossi s'est-il arrêté trop tard ? Prime

Valentino Rossi s'est-il arrêté trop tard ?

Inlassablement interrogé sur sa retraite depuis des années, Valentino Rossi a-t-il trop attendu, au risque de voir son palmarès se ternir ? On serait plutôt tenté de dire qu'en ayant tout essayé jusqu'au bout, il a choisi de raccrocher au moment qui était le bon pour lui.

MotoGP
16 déc. 2021
Suzuki déjà en retard dans la quête de son nouveau patron MotoGP ? Prime

Suzuki déjà en retard dans la quête de son nouveau patron MotoGP ?

Après avoir pris la décision de ne pas remplacer Davide Brivio début 2021 et n'avoir par la suite pas réussi à aider Joan Mir à défendre son titre, Suzuki est aujourd'hui à la recherche d'un nouveau team manager. Mais quelle que soit la personne que Shinichi Sahara nommera pour la suite, il est peut-être déjà trop tard pour convaincre le Champion du monde 2020 de rester.

MotoGP
23 nov. 2021
Quand les enjeux financiers engendrent l'agressivité des jeunes pilotes Prime

Quand les enjeux financiers engendrent l'agressivité des jeunes pilotes

La pression à laquelle sont soumis les espoirs de la moto est à la source d'une agressivité qui inquiète de plus en plus. Restreindre la participation au Championnat du monde aux pilotes âgés de 18 ans suffira-t-il à endiguer les manœuvres souvent désespérés des jeunes qui rêvent du MotoGP ?

MotoGP
3 nov. 2021
Quartararo : "Ce titre permet d'oublier les moments difficiles de Yamaha" Prime

Quartararo : "Ce titre permet d'oublier les moments difficiles de Yamaha"

De ses débuts inattendus en MotoGP à son premier titre de Champion du monde, trois ans plus tard, Fabio Quartararo a déjà connu un parcours intense dans la catégorie reine. Avec, au passage, une saison 2020 qui lui a rapporté ses premières victoires et une lourde déception, formatrice pour la suite.

MotoGP
26 oct. 2021
Plus que la Yamaha, c'est Quartararo qui a su évoluer vers le titre Prime

Plus que la Yamaha, c'est Quartararo qui a su évoluer vers le titre

Trop inconstant en 2020, Fabio Quartararo apparaît cette année infaillible au guidon de la Yamaha. Mais plus que les progrès opérés par la machine, c'est sûrement la transformation du pilote français qui l'a ainsi placé au sommet, en capacité de remporter son premier titre de Champion du monde MotoGP dès cette semaine.

MotoGP
20 oct. 2021