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Morbidelli : "L'émergence de Quartararo déforme la réalité"

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Morbidelli : "L'émergence de Quartararo déforme la réalité"
Par :
Co-auteur: Léna Buffa
4 oct. 2019 à 17:15

Devancé par son jeune coéquipier, qui s'est placé sous le feu des projecteurs dès ses débuts en MotoGP, Franco Morbidelli aborde la situation avec calme, relativisant les difficultés que cela lui pose. L'Italien est déterminé, toutefois, à trouver la clé pour progresser.

Lorsqu'il a été annoncé au sein du team Petronas Yamaha pour la saison 2019, aux côtés de Fabio Quartararo, Franco Morbidelli pouvait difficilement imaginer qu'un an plus tard c'est son jeune coéquipier qui serait sous le feu des projecteurs et non lui. Arrivé en catégorie reine avec une seule victoire à son actif, le Français a pourtant éclipsé son acolyte, Champion du monde Moto2 et doté déjà d'un an d'expérience au sein de l'élite.

Si cette situation aurait de quoi le déconcerter, l'Italien assure la vivre bien mieux que l'on pourrait l'imaginer, s'appuyant pour cela sur sa personnalité, posée et réfléchie. Il s'en est expliqué dans cette interview qu'il a accordée à Motorsport.com.

Quels sont les points positifs de ta première saison avec Yamaha et quels sont les domaines dans lesquels tu as besoin de progresser ?

L'aspect le plus positif, c'est que j'ai pu recommencer à me battre pour des positions importantes – des départs de la première ligne et des arrivées dans le top 5 – dans une catégorie qui réunit les meilleurs pilotes au monde. Ce que l'on pourrait améliorer, c'est que l'on n'y est pas tout le temps. Je me sens très bien avec l'équipe et la moto, mais si on veut faire mieux, il faut que l'on trouve quelque chose de plus.

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Penses-tu que l'émergence de ton coéquipier a changé la perception que les gens ont de la réalité ?

Bien sûr. L'émergence de Fabio déforme complètement la perception de la réalité. Ses performances ont changé mon point de vue et celui de tout le monde. C'est la réalité et il faut s'y faire, simplement c'est à nous de progresser. Je ne veux pas juste me contenter de ce qui a été, je pense, une bonne saison. Je veux continuer à chercher la perfection. Le pilote qui y arrive à l'heure actuelle, c'est Quartararo.

De quoi as-tu besoin pour t'établir de manière régulière aux avant-postes ?

J'ai besoin de vitesse, et pour l'obtenir j'ai besoin d'avoir plus de contrôle sur la moto, ce qui me permettra d'avoir le même feeling que Fabio.

Tout est donc une question de confiance ?

La confiance est le point de départ, tout part de là. Plus vous en avez, plus vous pouvez faire de choses dans les autres domaines, comme la vitesse dans les virages, le grip et les autres facteurs dont vous avez besoin. Il y a une manière de trouver cette confiance que nous n'avons pas trouvée encore, mais nous essayons des choses.

Dans la vie, il m'est arrivé des choses bien plus graves que d'avoir un coéquipier plus rapide que moi. C'est un problème, mais pas un drame.

Franco Morbidelli

Y a-t-il un aspect en particulier où tu as besoin de plus de confiance ?

Ça n'est pas facile à expliquer, mais oui. À Misano, par exemple, on a vu que Valentino et moi avions le même problème avec le pneu avant, on manquait tous les deux de grip. Mais dans le même temps, je pense que Fabio et Maverick [Viñales] ont eux aussi subi ce même manque de grip et pourtant ils ont réussi à mieux gérer ce problème et disons que cela les a moins affectés. Mais c'est parce qu'ils avaient la moto plus sous contrôle.

Comment parviens-tu à te préserver de toute l'excitation qui entoure Quartararo ?

Le fait est que, dans la vie, il m'est arrivé des choses bien plus graves que d'avoir un coéquipier plus rapide que moi. C'est simplement une situation que je dois transformer en opportunité pour m'améliorer. Disons que c'est un problème, mais pas un drame.

Fabio Quartararo, Petronas Yamaha SRT, Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRT

Tu as fait tes débuts en MotoGP avec une Honda qui était très critique. Est-ce que cela a affecté ton passage à la Yamaha ?

L'année dernière, cela a été difficile, étant donné qu'il s'agissait de ma première année en MotoGP. En passer par la Honda m'a permis d'apprendre beaucoup de choses, principalement à être très flexible. Peut-être que cela m'aide aussi à ne pas trop me soucier de Fabio.

Zarco a toujours été rapide sur une Yamaha, mais il a fini par jeter l'éponge chez KTM. Est-ce que son exemple et celui de Quartararo confirment que cette moto ne donne pas une idée fiable des capacités d'un pilote ?

Si j'avais pris le chemin inverse, c'est-à-dire si j'avais fait mes débuts sur une Yamaha et si j'étais passé sur Honda cette année, cela aurait été beaucoup plus difficile. La Yamaha est une moto qui aide beaucoup le pilote.

Est-il vrai que ton premier et seul choix de chef mécanicien était Ramón Forcada ?

Oui, et il est très facile de comprendre pourquoi. L'année dernière, il s'est passé quelque chose de très inhabituel, qui est qu'un technicien doté de l'expérience et du palmarès de Ramón est devenu libre. Nous parlons de l'un des – si ce n'est LE – meilleurs techniciens qu'il y ait jamais eus dans cette discipline, un homme dont le palmarès est rempli de victoires. Et il est aussi un grand passionné. C'est comme si le FC Barcelone laissait Messi partir. Dès que je l'ai su, j'ai tout fait pour l'avoir.

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De quelle manière ta relation avec Rossi a-t-elle changé maintenant que vous êtes tous les deux dans la famille Yamaha ?

En dehors de la piste, elle n'a pas du tout changé, mais sur le circuit elle a changé, au sens où nous nous battons plus régulièrement l'un contre l'autre pour la même place. Maintenant on parle plus de moto, parce qu'on utilise la même et on a des sensations similaires avec elle.

Tous les pilotes sont concentrés sur eux-mêmes, mais c'est aussi un sport dans lequel il faut se battre contre les autres, pour obtenir les meilleurs résultats mais aussi les meilleurs guidons. Le marché commence à bouger plus tôt chaque année. Où te vois-tu dans deux ou trois ans ?

Je me concentre sur le présent et je pense que si l'on fait cela, si l'on concentre son énergie sur ici et maintenant, cela aura un effet positif pour l'avenir. L'avenir le plus lointain sur lequel je me projette, c'est à la prochaine course ou celle d'après. Je me sens très bien dans cette équipe, où je reçois un traitement quasiment identique à celui des pilotes officiels. Je n'ai aucune raison de me plaindre. Il faut juste que je me concentre sur mon job et que j'essaye de le faire au mieux. Quant à savoir si je mérite ou non une moto factory à l'avenir, on le verra à l'avenir.

Comment Yamaha peut garder sous contrôle une situation aussi complexe, comme celle qu'ils ont actuellement entre leurs pilotes ?

Je n'ai pas à me plaindre. Au contraire, je suis très heureux de la manière dont je suis traité. Sumi [chef du projet MotoGP] est très concentré sur son travail et très passionné dans ce qu'il fait. Je l'ai souvent vu observer ma moto ou celle de Fabio et essayer de trouver une solution pour l'améliorer. Cela n'arrive pas très souvent et ça fait chaud au cœur, parce qu'on voit la passion et le désir, la volonté d'aller de l'avant. Le fait que la majorité des Yamaha aient été aux avant-postes récemment n'est pas une coïncidence. L'usine travaille dur, toujours à sa façon, pas à pas, mais elle va toujours de l'avant et jamais vers l'arrière.

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