Bagnaia s'en veut après une erreur "inacceptable" et coûteuse

Pecco Bagnaia estime avoir commis une erreur d'évaluation qui lui a coûté le podium, voire la victoire, au Grand Prix de Doha.

Pecco Bagnaia s'est dit en colère contre lui-même après le Grand Prix de Doha, deuxième manche de la saison MotoGP. Alors qu'il était monté sur le podium après une première pole position le week-end précédent, sur la même piste, cette fois le pilote officiel Ducati a dû se contenter d'une sixième place, malgré un potentiel qu'il jugeait bien plus élevé.

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Le premier couac est intervenu à l'extinction des feux, alors qu'il s'était qualifié sixième. Il lui a en effet été impossible de profiter de l'avantage notoire des Ducati dans l'exercice du départ arrêté, grâce à un système très évolué faisant des machines italiennes des fusées à leur envol. Onzième à la fin du premier tour, Bagnaia a ensuite bien construit sa course et, passées les quelques boucles initiales de montée en puissance, c'est lui qui se montrait le plus redoutable dans le premier groupe, en témoigne le meilleur temps de la course qu'il a alors enregistré, un record pour la piste de Losail et un chrono trois dixièmes supérieur à celui de son plus proche rival sur l'ensemble de la course.

À six tours de l'arrivée, il était placé dans la roue de Johann Zarco et devançait le futur vainqueur, Fabio Quartararo, mais une erreur a alors effacé tout le bénéfice de sa remontée. Après avoir reculé de quatre rangs, il n'a pu que prendre l'avantage sur Jack Miller, gêné par un arm-pump en fin de course, pour aller chercher les points de la sixième place.

"Je suis parti sixième, mais mon système de départ n'a pas bien fonctionné. Je n’ai pas pu l’enclencher, donc j’ai pris un mauvais départ", explique Bagnaia. "Ça n'est pas facile de l'enclencher. J'y suis arrivé à tous les tests, j'y suis arrivé à la dernière course et ces jours-ci, mais quand on doit s'arrêter à un endroit précis, il est très difficile d'y parvenir. [...] Malheureusement, je n'y suis pas arrivé. Il va falloir que l'on comprenne pourquoi, parce que j'ai fait la même manœuvre [que le week-end précédent]. Notre système n'est pas comme celui de Suzuki, qui peut s'activer en étant à l'arrêt : il faut une certaine vitesse et un certain freinage, ça n'est donc pas simple."

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"Je crois que j’étais 12e au premier tour, et puis j’ai commencé à remonter et mon rythme était vraiment bon. J’ai été capable de gérer un bon rythme et j’ai pu reprendre pas mal de positions, mais cette confiance avec la moto m’a aussi fait commettre une erreur dans le virage 1", poursuit le pilote italien.

"Franchement, je suis assez déçu de moi-même, et en colère, parce qu'après une telle remontée, la confiance et la motivation supplémentaires que j'ai eues et le fait que j'ai récupéré beaucoup de temps sur les premiers m'ont malheureusement porté à faire cette erreur d'évaluation : je n'ai pas pris en compte le tunnel d'air qui se crée quand on est derrière un autre pilote et quand j'ai freiné j'ai tiré tout-droit."

Jugeant cette erreur d'évaluation "inacceptable" pour un pilote d'usine, Pecco Bagnaia est convaincu qu'elle lui a coûté de gros points, voire une première victoire. "J’ai commencé à penser que je pouvais gagner la course quand j’étais derrière Zarco", admet-il, se sentant alors en contrôle. "J’essayais de donner du répit à mon pneu arrière, que j’avais beaucoup sollicité depuis le départ. C’était important de le laisser respirer durant deux ou trois tours pour pouvoir arriver à la fin de la course. Mais quand j’étais derrière Zarco, Fabio m’a doublé. J’étais dans l’aspiration de Zarco et quand j’ai freiné je me suis rendu compte qu’il m’était impossible de m’arrêter. C’est une grosse erreur que je ne dois plus reproduire, c’est sûr, car qu’elle m’a assurément coûté le podium."

"Manque de chance, on était tous très proches, donc j'ai perdu beaucoup de positions et il m'a fallu du temps pour réussir à dépasser Jack. Une fois que je l'ai passé j'ai refait un tour en 1'55"1, et j'ai rattrapé Viñales et Rins à la fin, mais ça n'a pas suffi. Je suis donc assez en colère contre moi-même, parce qu'après une course comme celle-ci, ce sont des erreurs qu'on ne peut pas faire dans une équipe officielle."

Jorge Martin, Pramac Racing, Johann Zarco, Pramac Racing, Francesco Bagnaia, Ducati Team, Alex Rins, Team Suzuki MotoGP

Pecco Bagnaia a donc quitté le Qatar avec 26 points en poche, 14 de moins que le leader Johann Zarco, et la satisfaction d'avoir décroché une première pole position dans la catégorie reine, mais c'est bien trop peu pour le contenter. Il assure qu'il n'aurait "pas accepté" ce bilan s'il lui avait été prédit avant ces deux Grands Prix.

"J'étais assez content de la première course, avec une troisième place pour mes débuts avec cette équipe. Aujourd'hui, je ne peux clairement pas être content, parce qu'on avait le rythme pour se battre au moins pour le podium, et même plus : si vous regardez mes temps, j'ai été l'un des plus rapides avec Quartararo", pointe-t-il. "Mon rythme était vraiment fort, et nous avons beaucoup travaillé ce week-end pour que ce soit possible. Je crois que j’étais aussi fort que Quartararo, qui a creusé l’écart dans les derniers tours. Donc une situation comme celle-ci n'est pas bonne, avec trop de points perdus comme ça, donc c’est une chose de laquelle je dois apprendre."

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"Notre objectif était de finir plus haut. Si on regarde mon rythme [de dimanche], il était suffisant pour gagner la course. Cette erreur me met donc en colère. Je dois m’améliorer et apprendre de mes erreurs pour pouvoir toujours me battre pour le podium. À partir de Portimão, il faudra que je parte avec cette mentalité", souligne-t-il. "J'accuse le coup, je rentre chez moi et je vais essayer d'apprendre de mon erreur. La prochaine fois, il faudra le même genre de motivation et de force que j'ai affichées [dimanche] en course."

"Je pense avoir compris beaucoup de choses pendant ces deux week-ends. Ce qui est positif, c'est qu'on est très proches au championnat, on est quatrième, et il n'y a que deux courses de passées alors il est trop tôt pour tirer des jugements précipités. Mais à mon avis, on est très bien, pas cette fois en termes de résultats mais en termes de force en tant qu'équipe et que moto."

Avec Marc Michon

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