La BoP ne sera plus publique en 2026 : "Nous voulons éviter toute incompréhension"
Le système de Balance de Performance du WEC ne sera plus publié en 2026, une décision visant à limiter la spéculation et les interprétations erronées, selon des responsables de la FIA et de l'ACO.
Photo de: FIA WEC / DPPI
La FIA et l'ACO ont expliqué ce jeudi à Imola les raisons pour lesquelles les données de la Balance de Performance (BoP) utilisées pour équilibrer les voitures ne seront plus rendues publiques à partir de 2026.
Alors que les équipes arrivaient encore sur le circuit italien ce matin, un petit groupe de médias - dont Motorsport.com - a pu échanger avec Bruno Famin (directeur délégué en charge de la compétition au sein de l'ACO) et Marek Nawarecki (directeur du département sportif des circuits à la FIA) au sujet de cette décision, prise juste avant le début de la nouvelle saison.
La réunion a d'abord permis de rappeler le rôle de la BoP dans le championnat : éviter une escalade des coûts de développement tout en permettant à des voitures aux concepts techniques différents de s'affronter sur un pied d'égalité grâce à un équilibrage des performances.
Dans ce cadre, les paramètres de chaque voiture sont définis initialement lors de l'homologation, en fonction de critères tels que l'aérodynamique, le poids, le centre de gravité, la consommation de carburant, le type de moteur et la transmission, avant d'être ajustés à partir des données collectées en piste.
La Ferrari 499P n°51 d'Alessandro Pier Guidi, James Calado et Antonio Giovinazzi.
Photo de: JEP
Cependant, des rumeurs circulaient déjà dans le paddock lors du Prologue selon lesquelles les tableaux détaillés de la BoP ne seraient plus publiés à chaque épreuve. Une décision qui a suscité des interrogations à l'approche des 6 Heures d'Imola, manche d'ouverture de la saison ce week-end.
Alors que les voitures ont déjà roulé avec un équilibrage de la BoP appliqué lors des essais privés, les valeurs exactes - poids, puissance et énergie allouée - ne seront désormais connues que des équipes concernées.
"Nous voulons éviter toute incompréhension, car il est difficile d'expliquer au public les détails et les différences appliquées à chaque voiture ainsi que leurs caractéristiques", a déclaré Famin, qui a tout récemment rejoint l'ACO.
"L'équilibrage initial est réalisé lors de l'homologation, puis nous allons sur la piste pour évaluer les performances réelles de la voiture, la consommation de carburant et de pneus, le niveau des pilotes, etc. Mais les pilotes sont aussi très bons dans la gestion des situations, donc les variables se multiplient."
"La BoP ne représente qu'une très petite partie du résultat final. Il faut aussi prendre en compte les réglages, la stratégie et les situations de course spécifiques. Il existe de nombreux facteurs qui influencent la performance, et tous ne sont pas sous notre contrôle."
" Les résultats sont aussi le produit du talent des pilotes, du mérite et de la qualité du travail des équipes. Ce que nous pouvons faire via le règlement, c'est garantir que cela s'applique de manière équitable à tous, tout en évitant le type de dépenses observé à l'ère LMP1."
La Toyota TR010 n°8 de Sebastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa.
Photo de: FIA WEC / DPPI
Marek Nawarecki a ajouté : "Nous devons 'nettoyer' les données afin de les analyser correctement, sur la base des paramètres évoqués par Bruno. Chaque circuit est différent, chaque pilote aborde chaque secteur différemment - en utilisant plus ou moins les vibreurs, en gérant l'usure des pneus, en profitant de l'aspiration dans les lignes droites, etc."
"Au final, le problème n'est pas le temps au tour en lui-même, mais la manière dont il est obtenu. Si nous expliquons au public qu'une voiture a 20 kg de plus ou de moins, cela peut conduire à des interprétations erronées. C'est parce que le public n'a pas accès aux paramètres d'homologation ni aux données que nous collectons, et qu'il ne peut donc pas pleinement comprendre les décisions prises."
Nawarecki a également confirmé que toutes les voitures sont repassées en soufflerie pour une nouvelle homologation en vue de 2026, même si cela ne devrait pas avoir d'impact majeur sur l'application de la BoP.
"Nous connaissons les évolutions par rapport à l'an dernier, mais elles ne sont pas significatives. En revanche, nous avons pris en compte l'introduction de nouveaux pneus", a-t-il précisé.
La BMW M Hybrid V8 n°20 de Rene Rast, Robin Frijns et Sheldon Van Der Linde.
Photo de: James Moy Photography via Getty Images
Le calendrier limité à huit manches a également influencé la manière dont la BoP sera géré au cours de la saison. "Avec seulement huit épreuves, il est difficile d'appliquer une seule BoP sur l'ensemble de la saison", a expliqué Bruno Famin. "Avec 20 courses, ce serait peut-être possible. Mais compte tenu du fait que chaque circuit est très différent, il est plus logique d'adapter le BoP à chaque épreuve."
Il a également confirmé qu'il n'y aurait pas de modification de la BoP en cours de week-end : "Au mieux, des ajustements pourraient être effectués avant une épreuve, lors de tests dédiés, comme pour les 24 Heures du Mans. Mais pour la course elle-même, il est encore trop tôt pour se prononcer. Nous attendrons de voir les deux premières manches."
"Encore une fois, nous voulons éviter toute spéculation et tout risque de voir des équipes lever le pied à Imola ou à Spa, ou penser que nous pourrions dissimuler quelque chose pour Le Mans. Pour l'instant, nous préférons ne pas aller plus loin dans les commentaires et voir comment la situation évolue."
Hypercar : pourquoi le Success Handicap a été écarté ?
Un autre sujet abordé concernait l'éventuelle introduction d'un Success Handicap, ou handicap de performance, dans la catégorie Hypercar, une mesure qui avait initialement figuré dans une version de travail du règlement 2026 avant d'être abandonnée.
"Nous avons déjà suffisamment de variables avec la BoP, donc nous avons décidé de ne pas en ajouter", a expliqué Nawarecki. "Avec seulement huit courses, il y aurait un risque que les concurrents commencent à lever le pied, et nous voulons que tout le monde pousse à la limite en permanence."
"Cela existait en WTCC, mais il y avait 16 courses, donc la gestion des résultats faisait partie du jeu. Ici, cela n'a pas de sens."
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