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Handicap de performance : Toyota admet une "erreur de conception"

Toyota a reconnu que le système de handicap de performance mis en place en LMP1 pour la saison 2019-2020 du WEC avait été en partie mal pensé.

#8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Brendon Hartley

Directeur technique de Toyota et principal architecte du système de handicap de performance, Pascal Vasselon estime qu'il n'aurait pas fallu appliquer les pénalités par voiture mais plutôt par équipe. "Nous avons fait une erreur de conception quand nous avons mis le système en place", admet-il. "Le système devrait s'appliquer par équipe et non par voiture : c'est probablement la plus grosse erreur que nous ayons commise. Nous aurions dû le faire par équipe, et si cela avait été le cas, nous aurions eu une lutte entre nos deux voitures sur chaque course."

Imaginé pour donner une chance aux équipes privées de se battre pour la victoire devant les Toyota TS050 Hybrid et les maintenir en course pour le titre mondial le plus longtemps possible, le système a été critiqué pour avoir ruiné le duel entre les deux prototypes japonais. Cela s'est illustré lors de la finale à Bahreïn le week-end dernier, où Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Brendon Hartley n'ont pas pu défendre leurs chances face à la voiture sœur car leur auto était ralentie de 0"54 au tour. Le duel interne chez Toyota avait été l'un des temps forts de la Super Saison 2018-2019.

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Pascal Vasselon estime qu'augmenter le coefficient ce calcul pour l'application par point et par kilomètre des handicaps était également une erreur. D'abord fixé à 0"008, il est passé à 0"01255 avant la première introduction du système à Fuji il y a un an, après étude des performances des LMP1 à Silverstone par la Commission Endurance de la FIA. "Le deuxième problème que nous avons rencontré est que le coefficient a été augmenté, et nous en demandions trop au système", explique-t-il. "Les écarts entre les voitures étaient trop importants."

Les handicaps de performance étaient indexés sur l'écart au championnat entre chaque voiture, dans la limite de 40 points. Pascal Vasselon insiste toutefois pour dire que le procédé a rempli son objectif puisque Rebellion Racing a remporté deux courses et avait encore une chance mathématique de jouer le titre si l'équipe avait participé à la finale de Bahreïn. Bruno Senna, Gustavo Menezes et Norman Nato pointaient en effet à 30 points du leader du championnat, alors que 38 points étaient distribués à l'équipage vainqueur. "Le système fonctionne", avance Pascal Vasselon. "Les pilotes Rebellion pouvaient encore remporter le championnat, donc ça a fait le job."

Le Français estime que le système est "vertueux" et qu'il fonctionne "mieux que la Balance de Performance", principe qui entrera en vigueur la saison prochaine dans le cadre de l'arrivée de la catégorie Le Mans Hypercar à la place du LMP1. "Le handicap de performance est bien meilleur que la BoP, où il y a toujours de la supposition et où l'on peut gagner ou perdre de la marge d'erreur [dans l'estimation]", précise-t-il. "Le handicap de performance est pleinement objectif, il n'y a rien de subjectif : on marque des points, on subit un handicap. L'an prochain il y aura une BoP car il semble qu'il n'y ait pas d'autre solution. Nous ne sommes pas fans de la BoP mais nous devons l'accepter car nous avons besoin de concurrence."

Propos recueillis par Gary Watkins

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