"Le Monaco de l'Endurance" : le "chaos" est attendu à Imola
Circuit étroit, bacs à graviers à la place des habituels dégagements asphaltés, faibles écarts entre les deux catégories... Les 6 Heures d'Imola pourraient être très animées ce dimanche.
Après une manche d'ouverture sans aucune Safety Car à Losail, le tracé beaucoup plus étroit et valloné d'Imola pourrait être source d'incidents. Le circuit italien, qui ne devrait faire qu'une brève apparition au calendrier du WEC puisque des travaux sont actuellement en cours à Monza, comporte des vibreurs que les GT3 peuvent aborder agressivement, tandis que les Hypercar doivent se montrer plus prudentes.
Ce facteur, combiné à l'accent mis sur le grip mécanique plus que sur l'aérodynamique en raison des nombreux virages lents, signifie que les vitesses de passage en courbe sont plus proches entre les deux catégories. Les dépassements seront difficiles et les tentatives qui ne seront pas parfaitement propres risquent d'être sanctionnées par ce tracé étroit, avec des dégagements faits de graviers.
"Le Qatar est beaucoup plus large, il y a beaucoup plus de dégagements", a souligné René Rast, interrogé par Motorsport.com. "Si quelque chose se passe mal, on a des dégagements, ici on a des graviers. Tout le monde doit en être conscient, les GT mais aussi les Hypercar, il faut se respecter. C'est sûr que ce sera serré et qu'il y aura un peu plus de contacts qu'au Qatar."
Nyck de Vries a souligné l'importance "d'être patient et de voir l'arrivée", s'attendant à une course "assez mouvementée".
Des dépassements difficiles
Vendredi, les acteurs du WEC étaient nombreux à annoncer des dépassements difficiles. Giuliano Salvi, team manager de Ferrari, a résumé la situation avec des termes très clairs. "J'ai entendu quelqu'un dire que c'était le Monaco de l'Endurance, et je pense que c'est une définition très précise", a-t-il déclaré. Ferrari a signé un triplé en qualifications, ce qui pourrait être déterminant pour la course puisque selon Salvi, "partir à l'avant sera vraiment crucial".
Le trafic pourrait vite jouer un rôle important en course. "On peut être pris au mauvais endroit ou peut-être prendre une mauvaise décision en doublant une GT, on finit sur la mauvaise trajectoire et ça ouvre des possibilités de dépassement", a analysé Mirko Bortolotti. "La plupart des dépassements auront lieu après le trafic ou dans le trafic", a renchérit Laurens Vanthoor.
La Lamborghini #63
Photo de: JEP / Motorsport Images
Les pilotes chercheront surtout à ne pas se faire piéger. "Si on peut éviter les soucis, éviter les graviers, au final c'est l'objectif ici", a confié Sheldon van der Linde à Motorsport.com. "Si on peut faire les deux derniers heures sans dégâts sur la voiture, on méritera un trophée rien que pour ça !"
"Parfois il faut prendre des risques", a néanmoins insisté Rast. "Parfois c'est trop et on touche une GT, on fait un tête-à-queue ou on reste planté dans les graviers et il y a un Full Course Yellow. Je m'attends à plus de Virtual Safety Car, on s'attend à un peu plus de chaos. Ce sera difficile."
Doubler une GT ne sera pas si aisé. "Les points de freinage pour les GT3 et les Hypercar sont assez similaires", a noté Augusto Farfus, engagé en GT3. "Évidemment, la vitesse d'approche est beaucoup plus élevée et ça peut être très difficile pour [les Hypercar], ils vont nous utiliser pour essayer de gagner des places sur leurs concurrents et on peut les utiliser pour gagner des places sur nos concurrents."
"Le risque de contact, le risque d'incidents sera plus élevé", a-t-il ajouté. "Ce ne sera pas une course facile, surtout avec ce tracé."
Un circuit atypique pour l'Endurance
Et justement, le circuit d'Imola est-il adapté au WEC ? Avant le début du week-end, Paul di Resta précisait à Motorsport.com que ce n'était pas le cas selon lui en raison des faible écarts entre les deux catégories.
"Je pense que c'est trop faible", expliquait le pilote Peugeot. "On devrait aller sur des circuits plus grands comme Spa, comme Le Mans, comme le Qatar. Il y a a probablement d'autres pistes qui auraient été meilleures. Peut-être que les faits me donneront tort dimanche, mais je pense que c'est inutilement serré pour une si grosse grille."
La Peugeot #94
Photo de: Paul Foster
Eastwood s'est de son côté réjouit d'avoir des vibreurs qui "ajoutent encore plus de caractère" à une piste "à l'ancienne" déjà appréciée pour les tifosi, et qui marque une différence avec les tracés moderne. "Je pense que c'est bien d'avoir un petit mélange, je pense qu'on ne peut pas non plus se rendre sur les parking modernes tous les week-end"s, a-t-il estimé. "C'est très différent et très old-school, une approche différente."
"Au final, c'est le même problème pour tout le monde. Celui qui se sortira le mieux de la situation aura l'avantage."
Avec Gary Watkins
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