Toyota dénonce une "course à deux catégories" au Mans
Handicapées par un manque de vitesse de pointe, les Toyota n'ont jamais pu rivaliser aux 24 Heures du Mans, terminant cinquième et 15e d'une course divisées en deux catégories que le constructeur japonais pense causée par la BoP.
Photo de: Rainier Ehrhardt
Alors que Toyota figurait parmi les favoris pour ces 24 Heures du Mans 2025, le constructeur japonais n'a pas brillé dans la Sarthe, inscrivant son plus mauvais résultat depuis 2017 avec une cinquième place héritée de la disqualification de la Ferrari n°50 pour la GR010 Hybrid n°7 et une lointaine 15e position pour la n°8.
Dès les qualifications - bien qu'elles ne soient pas la priorité pour beaucoup d'équipes - Toyota s'était affiché en retrait par rapport à la concurrence en ne qualifiant qu'une des deux voitures en Hyperpole, ne signant au final qu'une dixième place sur la grille de départ pour la n°8. Alors que le constructeur s'attendait à revenir dans le match pour la victoire avec son rythme de course, les prototypes japonais n'ont jamais pu rivaliser, ni même inquiéter les Ferrari.
"Nous n'avons jamais vraiment été en position de nous battre", a déclaré David Floury, directeur de Toyota Gazoo Racing. "La voiture n°8 a fait une course solide. Comme nous n'avons commis aucune erreur, que l'exécution a été parfaite et que nous avons tiré profit des erreurs des autres, nous avons réussi à prendre la tête, mais ensuite... Pendant la nuit, nous roulions en pneus tendres alors que d'autres étaient en médiums, donc on a été meilleurs à ce moment-là, mais dès que le jour s'est levé, on n'avait plus aucune chance."
La voiture de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa a un temps été en tête de la course et aurait éventuellement pu profiter des erreurs des Ferrari n°50 et n°51 à l'image de la Porsche n°6, mais une roue mal fixée est venu ruiner ses chances en fin d'épreuve, la reléguant en fond de peloton. La n°7 de Nyck de Vries, Kamui Kobayashi et Mike Conway est quant à elle parvenue à remonter de la 15e à la sixième place - avant d'être promue cinquième au terme de l'épreuve - malgré un incident au départ qui aurait pu lui coûter la course.
"On voulait éviter les ennuis, mais dans le virage 1, on s'est retrouvés pris en sandwich", a ajouté Floury. "On a eu des dégâts des deux côtés de la voiture, sur la carrosserie, et c'était trop long à réparer. Donc on a dû faire la course avec."
C'était une course à deux catégories : une avec les voitures qui avaient de la vitesse de pointe, et une avec celles qui n'en avaient pas.
"Clairement, nous n'avons pas atteint notre objectif", a commenté amèrement Floury. "L'objectif en venant ici, c'était de gagner, donc il n'est pas atteint. On savait qui allait être devant. J'avais annoncé qui était le favori, je ne me suis pas trompé. Ce n'est pas une surprise, c'est la même chose chaque année."
"En termes de performance pure, il n'y avait aucun moyen de rivaliser. Il n'y a jamais eu le moindre potentiel de performance. C'était une course à deux catégories : une avec les voitures qui avaient de la vitesse de pointe, et une avec celles qui n'en avaient pas. Malheureusement, on n'avait pas le bon ticket et on s'est retrouvés dans la deuxième catégorie, avec Cadillac et Aston Martin."
Les Toyota n'avaient pas la performance pour rivaliser contre les Ferrari, manquant notamment de vitesse de pointe.
Photo de: Marc Fleury
Alors que la Cadillac n°12 de Sébastien Bourdais avait signé le meilleur chrono en Hyperpole 2, reléguant les Ferrari qui s'étaient montrées très discrètes aux septième, 11e et 13e positions - notamment pour la n°83 victorieuse - le Français n'avait pas caché sa frustration face aux performances des Italiennes, jugeant que la Scuderia en gardait sous le coude et "se moquait d'eux" au niveau des vitesse de pointe.
Au final, c'est bien Ferrari qui a été flashée avec la plus haute vitesse pendant la course avec 349,0 km/h, suivie de Peugeot (346,7 km/h), Porsche et Cadillac (345,6 km/h), puis BMW et Alpine (344,5 km/h). Toyota et Aston Martin ont affiché la V-max la plus lente avec seulement 342,3 km/h.
Lorsqu'on lui a demandé où la GR010 Hybrid manquait de vitesse, Floury a répondu avec malice : "Entre le Tertre Rouge et la première chicane, entre la première chicane et la deuxième chicane, entre la deuxième chicane et Mulsanne, entre Mulsanne et Indianapolis, et entre Arnage et les virages Porsche. C'est assez précis !"
Avec Benjamin Vinel
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