Quartararo : "Satisfait de ma qualification, frustré par ma position"
Fabio Quartararo s'est qualifié cinquième pour le Grand Prix d'Australie, dans l'incapacité de se battre pour la pole position bien qu'il ait une nouvelle fois livré une grosse attaque. Rassuré par son rythme de course, il s'interroge cependant sur l'usure des pneus, potentiellement un gros problème à affronter dimanche.
Durant ses trois premières années en MotoGP, Fabio Quartararo a cumulé 15 pole positions, et la saison dernière encore, il en enchaînait cinq au printemps. Depuis, il n'a signé qu'une seule fois le meilleur temps des qualifications, désormais relégué au second plan dans cet exercice bien spécifique. Cette année, il a même souvent été absent de la première ligne : en 18 Grands Prix, il s'y est placé cinq fois, contre 14 en 2021.
Tandis que les pilotes Ducati trustent très souvent cette première ligne et même la pole position, le Français tend à reproduire un même schéma, celui de livrer une attaque maximale pour minimiser le retard pris sur la grille et tenter ensuite de se placer aussi haut que possible à l'extinction des feux afin d'éviter sa plus grande hantise : se retrouver enfermé dans le peloton en course et subir alors une pression du pneu avant qui tend à augmenter et des dépassements difficiles.
En Australie, ce scénario devenu désormais habituel s'est jusqu'à présent répété, si bien qu'à l'issue des qualifications le pilote Yamaha oscillait entre la satisfaction que lui inspire le rythme qu'il a affiché dans sa préparation de la course et la frustration de ne pas avoir pu prétendre à la pole malgré ses efforts.
"Je suis satisfait de ma qualification mais frustré par ma position", commente Fabio Quartararo, qualifié cinquième cette fois. "J'ai le sentiment d'avoir fait de très bons tours, mais ce n'est jamais assez", ajoute-t-il, se disant relativement déçu alors qu'il "donne tellement sur un tour".
"J'ai l'expérience du passé pour savoir ce que c'est vraiment de faire un tour rapide, et là je passe vraiment les limites. Dans mon tour rapide, je perds l'avant dans le virage 3. À chaque fois qu'on fait un bon tour ça n'est jamais assez, donc c'est frustrant, mais franchement ça va. La cinquième position, on a fait bien pire. Mais bon, c'est chiant de toujours être à deux ou trois dixièmes des premiers."
Attention à l'usure des pneus en course
Leader du championnat pour deux points désormais, Quartararo s'élancera juste derrière ses principaux adversaires que sont Aleix Espargaró et Pecco Bagnaia. Mais il estime en effet que ce départ de la deuxième ligne n'est pas rédhibitoire et compte à présent sur son potentiel en termes de rythme pour tirer son épingle du jeu. "Ce n'est pas un désastre. Je pense que c'est assez bien. Pour moi, les deux premières lignes c'est le principal", retient-il. "Je pense qu'on n'est pas trop mal sur le rythme. Même si on a été assez conservateurs avec le pneu en EL4, le rythme n'était pas si mauvais. Donc je suis juste un petit peu frustré par les qualifications."
Fabio Quartararo et Pecco Bagnaia
"Je pense qu'il y a beaucoup de pilotes qui peuvent aller vraiment vite", anticipe-t-il. "Pecco [Bagnaia] est très rapide, mais je pense qu'on est rapides aussi, beaucoup de pilotes ont un bon rythme, donc ça peut être une course classique de Phillip Island − à part [celle de 2019] où Marc [Márquez], Maverick [Viñales] et Cal [Crutchlow] s'étaient vraiment échappés. Donc je pense que ça peut être une course intéressante."
Serait-ce un avantage pour lui que Phillip Island livre l'une de ces courses très disputées et spectaculaires dont la piste a le secret ? "Oui. Au moins, on peut prendre du plaisir si on va plus vite. J'espère qu'on pourra être au top, mais je me sens confiant", assure-t-il. "J'ai fait mon tour seul, mon rythme a été assez bon et je me suis montré assez conservateur avec les pneus. Donc, je me sens bien sur cette piste."
Cependant, le gros point d'interrogation désormais concerne la dégradation des gommes, probablement le facteur déterminant sur les 27 tours à parcourir, et sur ce sujet le pilote Yamaha se montre assez inquiet. "Ce sera une course étrange, parce que je crois que tout le monde a beaucoup d'usure des pneus. C'est l'un des pires circuits de l'année sur ce point, donc ça va être intéressant. Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour nous, on a besoin de prendre de la vitesse en virage et d'emmener cette vitesse à la sortie du virage pour [être rapides], mais ça va être un gros défi."
"Au final, je pense qu'avec les pneus tendres, medium et durs c'est pareil", ajoute Quartararo, disant n'avoir "aucune idée" des pneus qu'il va utiliser en course pour le moment. "Avec le tendre, on peut aller beaucoup plus vite, mais après quelques tours, ça se dégrade beaucoup et on est beaucoup plus lent. Donc au final, je ne pense pas que le pneu utilisé pour la course ait vraiment de l'importance, mais il faut juste y faire très attention."
À trois courses de la fin du championnat et alors qu'il a assisté impuissant au rapprochement de ses adversaires il y a deux semaines en Thaïlande, le champion sortant sait en tout cas qu'il n'a pas le choix : il va quoi qu'il arrive lui falloir attaquer. "Bien sûr, il y a plus à gagner et plus à perdre. Mais que peut-on faire quand on n'a que deux points [d'avance] ? Il faut y aller et donner le meilleur de soi-même. Donc au final, il y a plus à perdre, mais il y a aussi beaucoup à gagner, alors il faut se pousser au maximum."
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