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Boullier : "Alonso n'a jamais été un torpilleur d'équipe"

Éric Boullier tord le cou aux préjugés concernant son ancien pilote Fernando Alonso… non sans nuancer son point de vue.

Fernando Alonso, Alpine F1 Team

Fernando Alonso manquerait d'esprit d'équipe ? Que nenni, répond Éric Boullier avec vigueur. Les deux hommes ont collaboré chez McLaren de 2015 à 2018, période lors de laquelle Alonso a connu une saine émulation avec Jenson Button et Stoffel Vandoorne.

Voilà qui était drastiquement différent de son premier passage à Woking, en 2007, où sa relation délétère avec le rookie Lewis Hamilton avait grandement contribué à la perte du titre mondial par l'écurie. Alonso serait-il trop égoïste ? Boullier l'a récemment contesté, tout en admettant qu'un statut de pilote numéro 1 contribue grandement à une bonne entente entre l'Ibère et un coéquipier.

"Je ne sais pas pourquoi cette réputation [de perturbateur] a pris de l'ampleur", a confié Boullier à GP Racing, avant que l'on n'apprenne soudain qu'Alonso allait quitter Alpine. "Il n'a jamais été un torpilleur d'équipe. Il a un véritable esprit d'équipe, mais pas toujours avec le pilote de l'autre côté du garage. Il travaille bien dans un cadre où il est numéro 1 et a un numéro 2 qui peut l'aider, et ils peuvent travailler ensemble."

"Quand il était avec Jenson Button, ils étaient suffisamment intelligents pour se comprendre et se respecter. Avec Stoffel, il pouvait utiliser le feedback de Stoffel à son profit, et c'est pourquoi la relation fonctionnait. S'il ne peut pas utiliser un pilote à son profit, cette personne devient un ennemi. Mais je le voyais comme le meilleur bâtisseur d'équipe de tous les temps : il est un grand compétiteur, il est focalisé sur lui-même mais il veut inclure tout le monde autour de lui pour gagner."

Fernando Alonso, Alpine A522

Fernando Alonso au volant de l'Alpine A522

Désormais directeur général du GIP Grand Prix de France, Boullier ne tarit pas d'éloges sur les qualités de pilote d'Alonso, en particulier dans le domaine de la technique.

"Fernando lit chaque détail", assure le Mayennais. "Il se terre dans son vestiaire du motorhome, et on pourrait croire qu'il se détend, mais la plupart du temps il travaille : il étudie la dégradation des pneus de toutes les voitures rivales qui l'entourent à partir des essais du vendredi, et le dimanche, il sait ainsi avec quels adversaires se battre et avec lesquels il doit garder ses distances. En course, il absorbe encore plus de détails sur les écrans des spectateurs et utilise ces informations pour en tirer un avantage. Il est incroyablement fort au niveau stratégique."

"Il fait partie de ces pilotes qui comprennent tout l'aspect technique de la voiture. Il n'est pas ingénieur, mais il comprend le fonctionnement des systèmes et donne des conseils pour qu'ils marchent mieux, sans pour autant essayer de les reconcevoir lui-même ; la différence est ténue mais importante."

Lire aussi :
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