Paddy Lowe voit un retour au premier plan "difficile" pour Mercedes

L'ancien directeur technique de Mercedes, Paddy Lowe, estime que l'écurie va avoir du mal à se relever de ses difficultés actuelles après avoir pris "de mauvais virages".

Lewis Hamilton, Mercedes W15

Photo de: Erik Junius

Mercedes a dominé la Formule 1 entre 2014 et 2020, enchaînant les titres constructeurs et pilotes en dépit de changements réglementaires parfois très importants comme entre 2016 et 2017. Mais l'écurie allemande a très mal négocié le virage du retour en force de l'effet de sol en 2022 et semble désormais bien loin de ses jours de gloire.

À l'hiver, Mercedes a revu sa copie pour tenter d'inverser la tendance des deux premières saisons de l'ère réglementaire actuel. Las, les résultats sont encore plus mauvais qu'en 2022 et 2023, l'écurie étant désormais la quatrième voire la cinquième force du plateau après un quart de campagne 2024.

Paddy Lowe a travaillé chez Mercedes de 2013 à 2017 en tant que directeur technique et était l'un des artisans des premiers succès de l'écurie dans l'ère turbo hybride. Pour lui, une série de mauvaises décisions d'un point de vue aérodynamique sous l'empire des règles actuelles est à l'origine des difficultés depuis 2022. De plus, il explique que la route peut vite devenir très longue avant de se sortir de l'ornière.

S'exprimant pour Motorsport.com dans une interview, Lowe a déclaré : "J'ai beaucoup de sympathie [pour eux] et je pense qu'en toute justice, si vous parlez aux équipes qui réussissent, si elles ne sont pas trop arrogantes, elles vous diront qu'il faut compter sur la chance dans cette discipline quand on a une bonne voiture et qu'il ne faut pas penser que c'est toujours grâce à son propre génie."

Paddy Lowe, entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton, après le GP de Russie 2014.

Paddy Lowe, entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton, après le GP de Russie 2014.

Photo de: Sutton Images

"C'est un message que la plupart d'entre nous ont appris au fil des ans. Mercedes a pris quelques mauvais virages sur le plan aérodynamique. Les outils que nous utilisons sont incroyablement sophistiqués, les souffleries et la CFD [dynamique des fluides numérique] et ainsi de suite, mais ils sont néanmoins très imparfaits et toutes les équipes l'admettront."

"C'est pourquoi il y a toujours un risque de s'engager dans une voie qui ne fonctionne pas dans la réalité et de devoir rectifier le tir, et vous pouvez voir que cela a été le cas avec Mercedes. Il est très difficile de se remettre d'une telle situation en un laps de temps très court."

"Votre équipe est composée d'un grand nombre de personnes et toutes vos machines pour tester et évaluer les idées devraient améliorer les temps au tour quotidiennement. Si c'est le cas pour vos concurrents et que vous avez, disons, perdu trois, quatre, six mois pour une raison quelconque, même si vous vous remettez sur les rails, il est très difficile d'améliorer les temps au tour à un rythme plus élevé qu'eux, alors vous restez avec ce décalage pendant une longue période en essayant de le rattraper."

C'est la nature même de ce sport et c'est pourquoi il est si fascinant de voir les champions se succéder. Les empires naissent et s'effondrent.

"Lorsque je regarde Mercedes, c'est la situation dans laquelle ils se trouvent", a ajouté Lowe, fondateur et actuel PDG de Zero Petroleum, une entreprise spécialisée dans les carburants synthétiques neutres en carbone.

Croit-il que Mercedes va finir par relever la tête ? "Il est possible qu'ils n'y parviennent pas. La situation peut empirer. C'est la nature même de ce sport et c'est pourquoi il est si fascinant de voir les champions se succéder. Les empires naissent et s'effondrent, et j'ai toujours pensé que la Formule 1 ressemblait un peu à cela, un peu comme les Romains et les Grecs. Il y a de nombreuses composantes à cela et la suffisance peut être l'une d'entre elles, et nous l'avons vu avec les Romains."

Lewis Hamilton au volant de la Mercedes W15 à Miami.

Lewis Hamilton au volant de la Mercedes W15 à Miami.

Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images

"Nous étions très heureux en 1992 chez Williams de battre McLaren, qui était imbattable depuis plusieurs années. Et puis vous arrivez et vous les battez", rappelle celui qui a participé à l'aventure des Williams FW14B et FW15C. "Au début, vous n'arrivez pas à y croire, mais quelque chose a changé et beaucoup de choses peuvent y contribuer."

Pour Lowe, l'une des meilleures chances de Mercedes pourrait être la future réglementation technique qui entrera en vigueur en 2026 et pourrait permettre à l'écurie dirigée par Toto Wolff de retrouver de sa superbe. "Le règlement de 2026 sera une perturbation que Mercedes attend avec impatience pour voir s'ils peuvent bouleverser le statu quo."

"Mais malheureusement, la formule actuelle est très axée sur l'optimisation à un micro-niveau en s'appuyant sur certaines structures de base que vous choisissez ou copiez, ou vers lesquelles vous évoluez, et ensuite il s'agit d'optimisation. Il est très difficile d'apporter des changements progressifs dans cet espace."

Avec Tom Howard

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