Ocon : Gene Haas m'a dit "tu dois être au rendez-vous à chaque GP"
Arrivé chez Haas cet hiver, Esteban Ocon y a rencontré, ou retrouvé, deux figures emblématiques de la structure avec son fondateur, Gene Haas, et son actuel directeur, Ayao Komatsu.
Photo de: Simon Galloway / Motorsport Images
Esteban Ocon va vivre dans quelques jours à Melbourne ce qui sera son 157e départ en Formule 1. Mais, pour sa carrière, il s'agira aussi d'un nouveau départ, lui qui a rejoint Haas après cinq saisons comme titulaire dans le giron de Renault/Alpine. D'une structure d'usine, le Français retrouve pour la première fois depuis 2018 une écurie cliente à l'ambition forcément plus mesurée, mais qui compte bien capitaliser sur une saison 2024 intéressante sous le commandement de son niveau directeur, Ayao Komatsu.
En attendant l'arrivée de Cadillac l'année prochaine, Haas est la dernière écurie en date à avoir fait son entrée en discipline reine, en 2016, sous l'impulsion de son fondateur et propriétaire Gene Haas. À la tête d'une entreprise de machines-outils, l'Américain est un passionné de course automobile, avec une implication de longue date en NASCAR. Une passion qu'Ocon a vite pu mesurer lors de ses diverses rencontres avec lui, comme le Français l'a expliqué à Motorsport.com dans un entretien exclusif réalisé lors des tests à Sakhir.
Il faut marquer autant de points que possible, ne pas faire d'erreurs.
"J'ai rencontré Gene en Autriche [pour la première fois l'année dernière]. Gene est très intense ! Il veut bien faire avec l'équipe. Il m'a dit : 'Cette année, ça va être une année très serrée, il faut marquer autant de points que possible, ne pas faire d'erreurs. Tu dois être au rendez-vous à chaque fois'. Et j'ai dit : 'Bien reçu, Gene, j'ai compris'. Alors, oui, il est sur le coup. Il me regarde d'en haut. Et oui, je ferai en sorte de répondre à ses attentes."
"C'est un vrai compétiteur, ce que j'apprécie, parce que j'ai droit à quelques belles anecdotes, comme quand il construisait des voitures électriques il y a longtemps. Et, vous savez, peut-être que je ne devrais pas dire ça, mais c'est, c'est super intéressant qu'il soit... il aime tout simplement la partie technique et c'est vraiment fun."
Au-delà de sa rencontre avec Gene Haas, Ocon a retrouvé Ayao Komatsu. Le Français et le Japonais avaient travaillé ensemble à l'époque relativement lointaine où ils étaient tous les deux chez Lotus, lui en tant que jeune pilote. Pour autant, l'ingénieur devenu patron d'écurie a-t-il beaucoup changé ? "Je dirais que oui, en raison du rôle qu'il occupe, c'est certain, mais dans le bon sens du terme", explique le vainqueur du GP de Hongrie 2021.
Esteban Ocon au volant de la Haas VF-25 à Bahreïn.
Photo de: Haas F1 Team
"J'ai rarement vu un directeur d'équipe assister au démarrage de la voiture à 22h30. Juste en observateur, vous savez, [pour voir] si tout le monde s'adapte bien, si la voiture fonctionne normalement, si vous connaissez la carrosserie, s'il n'y a pas d'écart entre les pièces. Et à chaque fois que la voiture démarre, il est dans le garage. J'écoutais tout à l'heure [lors des essais hivernaux] : Ollie [Oliver Bearman] a eu un petit décrochage dans le deuxième virage, et Ayao a directement contacté par radio l'ingénieur performances. 'Pourquoi ? Pourquoi a-t-il eu du patinage ? Que s'est-il passé ? C'était une rafale de vent ? La température des pneus ? La pression des pneus ? Est-ce que c'était...'."
"Il est très impliqué et ça fait plaisir à voir parce que, bien sûr, c'est un compétiteur, nous sommes tous des compétiteurs, mais le fait qu'il soit si impliqué donne le ton pour le reste de l'équipe. Et honnêtement, c'est formidable de voir qu'il est à ce point enthousiaste pour construire quelque chose de grand dans cette écurie et, oui, depuis ma première discussion avec lui quand j'ai rejoint Haas, j'ai été encore plus impressionné. Cela confirme ce que je pensais déjà. Mais j'ai été encore plus impressionné."
Amené à évoquer les négociations en vue de son arrivée, Ocon les a décrites comme "très faciles", avant d'ajouter : "Évidemment, c'est Gwen [Lagrue] qui a mené le plus gros des négociations. J'ai plus négocié la partie technique avec lui, et tout ce qu'il m'a dit a été respecté. Et il y a déjà eu des gestes très gentils, des choses dont nous n'avions pas vraiment parlé avant et qui sont arrivées après la signature du contrat. Et c'est quelque chose que je n'ai jamais vu en Formule 1. C'est juste du genre : 'Oui, si tu as besoin de ça, nous ferons en sorte que ça se produise', donc... c'est super."
Même si le Français de 28 ans ne cache pas l'ambition de construire sur le long terme avec Haas, il garde à l'esprit la vitesse à laquelle les choses peuvent bouger en F1 : "Aujourd'hui, je suis ici. [Un long moment ou un bon moment], en Formule 1, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Pour l'instant, je me sens bien ici, bien sûr. Vous savez, nous avons prévu de construire quelque chose sur le long terme. Mais oui, on ne sait jamais ce qui peut arriver en Formule 1. Et nous allons, bien travailler avec l'équipe et poursuivre notre relation jusqu'à ce que tout se passe bien, et il n'y a pas de raison que ça ne se passe pas bien."
Propos recueillis par Oleg Karpov
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