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Pourquoi les écuries vont perdre 35M€ en 2018

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Pourquoi les écuries vont perdre 35M€ en 2018
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29 janv. 2018 à 08:29

Pas moins de 43M$, soit 35M€. C'est ce dont les écuries seront privées en 2018, au moins, en raison d'une baisse des primes de fin de saison 2017, dont les paiements sont répartis en dix mois sur l'année suivante.

Pourquoi ? Tout simplement parce que ces primes dépendent entièrement des revenus engrangés sur l'année en question par le détenteur des droits commerciaux, Formula One Management. Plus précisément, ce sont 68% des revenus qui sont reversés directement ou non aux équipes selon plusieurs critères, à savoir les résultats au championnat des constructeurs et divers bonus accordés aux écuries prestigieuses.

Or, Liberty Media a engagé la Formule 1 dans une phase de transformation profonde. Des acquisitions ont été faites comme celle de nouveaux bureaux à Londres, de nouveaux employés ont été recrutés, la présence sur les réseaux sociaux a été développée au décuple et des événements presque inédits ont été organisés. C'est le cas du F1 Live London de juillet dernier, qui va se reproduire dans plusieurs villes cette saison, dont Marseille. Le retour à la télévision en clair, quant à lui, est engagé sur certains territoires.

Ces investissements ont forcément un coût. Déjà l'an passé, alors que l'augmentation des dépenses liées au marketing était attendue, les revenus avaient diminué de 3,5%, soit 34M$ (28M€). Cette année, la baisse est encore plus forte rien qu'au troisième trimestre, lors duquel a notamment été organisé le fameux événement londonien, avec la perte de 43M$ (35M€). Cela représente en moyenne 3,5M€ de moins pour chaque équipe, rien qu'avec les revenus de ce trimestre-là, et sur l'ensemble de l'année, le Groupe Stratégique s'attend à une baisse d'au moins 4% à 5%.

Stoffel Vandoorne, McLaren, dans une McLaren MP4/6 de 1991

Branle-bas de combat

Il n'est pas étonnant que les écuries, qui évoluent généralement sur un plan budgétaire extrêmement serré, s'inquiètent pour certaines d'un tel pas en arrière alors que la disparition de Manor était censée leur laisser une plus grande part du gâteau.

"Si cela baisse, nous ne serons pas contents, mais selon notre modèle de revenus en F1, la FOM nous donne de l'argent selon ses revenus", détaille Éric Boullier, dirigeant de McLaren. "Donc si ses revenus baissent, ce que nous obtenons baisse. C'est comme ça que ça marche."

"Il devrait y avoir des idées pour générer davantage d'argent, mais je ne les vois pas. J'ai entendu Sean Bratches dire qu'il voudrait voir les pilotes accompagnés par des grid kids. Imiter le football, c'est ça les nouvelles idées ?" renchérit Niki Lauda, président non exécutif de Mercedes, avec sa franchise habituelle.

Le directeur général de Force India, Otmar Szafnauer, se montre pragmatique pour sa part : "Si nous pouvons être assurés que les dépenses porteront leurs fruits d'ici deux ou trois ans, alors il faut faire un pas en arrière pour en faire deux en avant. Je le comprends. Il faut juste nous assurer que nous investissons avec sagesse."

Ce point de vue est partagé par Günther Steiner, directeur d'équipe chez Haas, qui demande toutefois des garanties de la part de Liberty : "Je ne dirais pas que je suis inquiet, mais c'est préoccupant."

"S'ils peuvent expliquer que des investissements sont faits et qu'il y aura davantage d'argent au final, alors ce sera bien. Ce sont les promoteurs, ils doivent promouvoir la F1 et nous obtenons ainsi plus d'argent. Donc s'ils peuvent expliquer comment ils le font, ça me va. C'est un gros business, la F1, et on ne peut pas changer les choses du jour au lendemain, ça prend du temps."

Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W08, Fernando Alonso, McLaren MCL32

Liberty se défend

C'est en toute logique que Liberty Media défend l'approche qui est la sienne depuis un an maintenant. Chase Carey, président de la F1, n'hésite pas à souligner le contraste avec les coutumes de son prédécesseur Bernie Ecclestone.

"Je pense que la F1 a été desservie par une approche constante à court terme", déclare Carey sur le site officiel de la F1. "Je pense que nous lui avons donné un nouvel élan. Ces dernières années, beaucoup de choses n'allaient pas dans la bonne direction, mais cette année, le nombre de spectateurs est en hausse, les audiences sont en hausse, et je pense que l'esprit est bien plus positif. La F1 avait besoin d'un vent de fraîcheur et de nouveaux investissements."

"Pour développer les choses, rien n'est gratuit. Nous n'avions pas d'organisation capable de véritablement développer, construire la F1. Nous n'avions pas de recherche, pas de marketing, pas d'organisation numérique, et en étant réaliste, si on n'a pas ces éléments, on est à la traîne."

"Quand on construit une organisation numérique, généralement, on a des coûts avant d'avoir un retour sur investissement. Si l'on construit des infrastructures de recherche, il faut investir là-dedans avant de les utiliser. C'est la réalité. Quand on fait des choses comme la démonstration à Trafalgar Square, il faut investir. Mais c'est toujours dans l'avenir de la F1 qu'on investit. C'est sûr que les équipes aimeraient que ce soit gratuit et obtenir la croissance sans les investissements, mais le monde ne fonctionne pas ainsi."

Chase Carey, PDG Formula One Group et Guenther Steiner, Haas F1 Team Principal

Des pertes sur deux ans ?

La Formule 1 comme ses écuries vont donc manger leur pain noir cette année, et peut-être même l'an prochain, estime Christian Horner, directeur de Red Bull Racing, qui salue néanmoins la nouvelle approche de Liberty Media, estimant qu'elle portera ses fruits sur le long terme.

"C'est très facile de critiquer les embauches ou les dépenses, mais c'est simplement une mentalité différente des habitudes de Bernie [Ecclestone]", souligne Horner. "Bernie gérait un tout petit magasin. Le département marketing, c'était lui ; le département des ventes, c'était lui ; c'était vraiment un one-man show."

"Liberty, ayant fait l'acquisition de ce business, a mis en place une structure. Ils veulent analyser davantage l'avenir, mais cela a un coût. Inévitablement, il y a un investissement qui aura un effet sur 2018 et probablement même 2019, mais on s'attend sans aucun doute à voir un retour sur investissement dans deux ans."

Avec Jonathan Noble

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