Preview F1 22 : La révolution ne viendra pas de l'intérieur

Découvrez nos premières impressions sur F1 22, le nouvel opus sous licence officielle du Championnat du monde de Formule 1 de Codemasters/EA Sports.

La preview à laquelle nous avons pu avoir accès était très limitée : elle ne permettait que de goûter à deux modes de jeu basiques (Grand Prix et Contre-la-montre) et de rouler sur cinq circuits différents (Imola, Miami, Silverstone, Red Bull Ring et Austin). Le modèle des monoplaces est pour le moment générique mais chacune aura son design propre à la sortie du jeu. Il y a donc peu de domaines dans lesquels offrir un regard sur cet opus 2022, mais suffisamment pour pressentir que la révolution ne viendra clairement pas du gameplay.

En effet, si Codemasters annonce des évolutions significatives dans le comportement aéro, des suspensions ou encore des pneus pour s'adapter aux nouvelles règles de la F1, ne vous attendez pas vraiment à un brusque changement dans la manière dont les monoplaces se comportent. Nous sommes en terrain connu, dans un jeu se voulant à cheval entre arcade et simulation. Les principales évolutions semblent être à la fois une plus grande difficulté à freiner sa voiture au bout des longues pleines charges (il est plus facile de bloquer ses roues) et un arrière-train plus baladeur dans les phases de réaccélération à la sortie des virages lents, qui s'accompagne d'une impression qu'il paraît légèrement plus aisé de rattraper les moments de fort survirage.

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Quant à ceux qui espèrent le marsouinage, qu'ils ne l'attendent pas trop car il a été confirmé qu'il ne serait absolument pas simulé dans F1 22. À la place, bien au contraire, vous avez droit à des monoplaces quasiment monolithiques, qui ne bougent presque pas. Tout autant lors des phases de freinage que dans les phases de virage, le châssis est immuable. Les suspensions ne bougent qu'au passage sur des vibreurs. On peine à croire qu'il y aura une évolution énorme dans ce domaine d'ici la sortie définitive du jeu, le 1er juillet.

Autre chose qui ne change pas, c'est le moteur graphique : c'est bien le même que ces dernières années. Même si le jeu est toujours agréable à l'œil, on reste tout de même un peu sur sa faim : si F1 2021, premier jeu sur la nouvelle génération de consoles, arrivait dans un contexte particulier avec le rachat de Codemasters par EA Sports, on pouvait penser que F1 22, profitant de la révolution de la discipline, pourrait lancer une nouvelle ère. Ça ne sera pas le cas.

Une IA retravaillée

Les voitures de la preview sont des modèles génériques, les

Les voitures de la preview sont des modèles génériques, les "vraies" seront bien là à la sortie de F1 22

Alors, quoi de vraiment neuf me demanderez-vous ? Dans ce à quoi nous avons pu avoir accès, l'une des principales nouveautés est l'arrivée des week-ends "sprint", qui seront accessibles à Imola, Spielberg et Interlagos dans les modes Carrière/My Team et sur n'importe quelle piste pour le mode Grand Prix. On peine encore à comprendre pourquoi il n'avait pas déjà été intégré à l'opus précédent, donc si cette "nouveauté" est bienvenue pour le réalisme, c'est le minimum syndical.

Une autre nouveauté s'adresse aux joueurs débutants ou qui ne souhaitent pas passer des heures à poncer les circuits pour s'amuser : il s'agit d'une IA évolutive, qui adaptera le niveau des voitures non contrôlées par le joueur au rythme et/ou à la position du joueur lui-même. Cette option n'est accessible que via le Style de conduite dit "Décontracté" et offre plusieurs niveau d'adaptabilité en fonction de ce que souhaite le joueur. Il existe par ailleurs toujours, aux côtés de "Décontracté", des Styles de conduite "Standard" et "Expert" qui donnent accès à plus ou moins de paramètres personnalisables.

L'IA a globalement évolué et paraît à la fois plus agressive avec le joueur, que ce soit en attaque, en défense et même en positionnement, mais également plus agressive avec les autres IA : dans nos parties, il n'a pas été rare de voir des plongeons à la limite de la décence au premier virage, qui se soldaient par des contacts entre IA. Contacts et incidents entre IA qui sont également bien plus fréquents et rendent les épreuves bien moins linéaires en déclenchant des voitures de sécurité.

Immersion vs Diffusion

Et l'on arrive d'ailleurs au dernier point de nouveauté entrevu lors de cette preview : une modification de la manière dont peuvent être vécues par le joueur les phases de tour de formation, de Safety Car et d'arrêt au stand. En effet, pour ces trois phases de course, vous aurez désormais la possibilité de choisir de les vivre soit de façon "immersive" (en tant que joueur), soit de façon "Diffusion" donc en tant que spectateur. Dans ce dernier cas, la phase sera diffusée "comme à la TV" (en étant raccourcie pour les tours de formation et les SC) et vous n'aurez aucun impact dessus jusqu'au moment de la reprise de la course.

 

 

Concernant les phases en mode "Immersif", elles s'accompagnent de deux évolutions. Au départ, d'abord, d'avoir le contrôle sur un tour de formation complet, à savoir jusqu'au moment de l'arrêt sur son emplacement de départ, et même de choisir comment s'y positionner exactement (comme dans la réalité, avec la possibilité de se mettre un peu de biais). Au stand, ensuite, où la procédure reste quasi entièrement automatisée une fois la ligne d'entrée franchie, sauf à un moment où il faudra "tourner" dans le bon timing (le jeu vous arrêtera quoi qu'il arrive) pour espérer l'arrêt optimal, sous peine de perdre du temps. Dans les deux cas, un petit repère vous indique où vous arrêter et où tourner. La sanction si vous vous manquez au départ ? Eh bien, vous vous élancerez 1,5 à 2 mètres derrière la position idéale.

Pour le reste, on notera quelques nouvelles animations pour les intro et les podiums des courses, ou encore dans les stands. Et l'arrivée parmi l'équipe des commentateurs côté France de Jean-Éric Vergne, qui accompagne Julien Fébreau. Mais sinon rien ne change au niveau de la gestion des dégâts ou encore sur les circuits que l'on a pu tester (on attendra évidemment de voir les changements qui ont été annoncés sur les pistes de Melbourne, Barcelone et Yas Marina).

Et ensuite ?

Outre cette preview qui n'offre donc pas un aperçu très poussé du jeu, Codemasters a livré un certain nombre d'informations sur quelques-uns des modes de jeu "clés" de F1 22 qui ne nous étaient pas accessibles. Tout d'abord, mettons les pieds dans le plat avec ce qui a le plus fait parler, à savoir "F1 Life", ce "hub" personnalisé où le joueur va pouvoir afficher différents items ou trophées qu'il pourra collectionner via ses parties dans les différents modes comme la Carrière ou My Team.

Comme attendu, il s'agira d'un espace où le joueur pourra customiser l'apparence de son personnage dans sa "vie de tous les jours" via des vêtements et accessoires (visiblement avec l'arrivée de véritables marques dans le jeu), via la décoration du lieu dans lequel le personnage évoluera, afficher ses supercars, ses trophées, etc. La customisation des éléments liés au pilotage (casque, combinaison, voiture multijoueur, etc.) sera également bien présente, et se fera a priori via la même interface. C'est également, semble-t-il, cette interface qui "accueillera" les autres personnages des autres joueurs en online.

Les supercars justement seront pilotables, tout comme les Safety Cars, via notamment l'arrivée dans le jeu des Pirelli Hot Laps dans My Team ou le mode Carrière. Sans que la façon dont tout cela serait intégré ait été précisée, il y aura aussi la mise en place de défis en autocross, en drift, en time attack, en poursuite, etc. Chacun jugera évidemment de la pertinence de tous ces ajouts à la simulation officielle du Championnat du monde de Formule 1.

Les dégâts n'évoluent pas et s'adaptent seulement aux nouvelles pièces des F1

Les dégâts n'évoluent pas et s'adaptent seulement aux nouvelles pièces des F1

Peu d'informations ont été dévoilées sur My Team ou Carrière, si ce n'est qu'il n'y aura pas véritablement d'intégration en tant que tel du plafond budgétaire à la mécanique de ces modes. Il y aura trois points d'entrée possible dans ces parties en fonction du défi recherché (Nouvel arrivant, Milieu de tableau, Prétendant au titre), qui donneront accès à plus ou moins de ressources dès le début. Côté pilotes légendaires, la grande majorité de ceux présents dans l'édition précédente seront au rendez-vous, accompagnés de nouvelles têtes.

Sur le plan historique justement, il n'y aura a priori pas de retour de F1 anciennes. En revanche, côté circuits, même si Codemasters a été mystérieux sur ce point, il n'est pas impossible que l'on ne doive pas uniquement se contenter des 23 circuits du calendrier 2022.

La réalité virtuelle sera donc, comme annoncé depuis plusieurs mois, bien présente, avec prise en compte de la pluie et un léger salissement de la visière, mais pas de simulation des tear-offs.

Au rayon des éléments qui ne seront pas intégrés au jeu dès sa sortie, la F2 sera bien là mais toujours en version 2021, avec un patch gratuit pour ajouter livrées/plateau 2022 plus tard. Non disponible immédiatement mais intégré plus tard : le crossplay (c'est-à-dire la possibilité de pouvoir jouer en ligne avec des joueurs sur différentes consoles ou PC). Le crossgen (le fait de pouvoir jouer avec des joueurs de consoles différentes de la même famille, PS4 et PS5 par exemple) sera, comme dans F1 2021, bien là dès la sortie.

Enfin, élément central de la promotion du précédent opus de la série, le mode histoire qu'était Braking Point ("Point de rupture" dans la version française) n'est pas reconduit. Il faut dire qu'il avait très moyennement convaincu.

En conclusion, ce que nous avons pu voir de F1 22 et ce qui a été annoncé d'ici sa sortie n'oriente pas vers des changements fondamentaux. Il faudra évidemment attendre de voir le produit fini (en espérant qu'il le soit véritablement et pas rempli de bugs et problèmes comme c'est souvent le cas au moment de la sortie), mais il n'y a rien de véritablement étonnant à cette stabilité dans un jeu qui s'adresse au grand public tant que le succès est au rendez-vous, surfant par ailleurs sur le regain de popularité de la discipline. La plus grosse révolution, finalement, c'est celle menée par la Formule 1 elle-même, qui sera sans doute l'argument majeur pour s'offrir ce qui ressemble jusqu'ici à une simple évolution.

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