Stroll : "Je dois comprendre" comment aller aussi vite qu'Alonso
Lance Stroll est nettement dominé par Fernando Alonso chez Aston Martin, et il en est conscient, mais le Canadien ne désespère pas d'égaler son glorieux aîné.
Les années se suivent et se ressemblent pour Lance Stroll, du moins au niveau des performances, car celle-ci a commencé d'une manière bien moins optimale que les autres : un accident survenu à vélo en février, lors duquel il s'est fracturé les deux poignets, ce qui l'a écarté des essais de pré-saison tenus à Bahreïn.
Les médecins étaient pessimistes quant à la capacité du pilote Aston Martin à reprendre le volant rapidement, le réserviste Felipe Drugovich était dans les starting-blocks, mais Stroll a surmonté la douleur parfois intense lors du premier Grand Prix notamment, à tel point qu'il peinait à sortir de sa monoplace. Sa guérison n'aurait été totale qu'à la fin du mois de mai.
"Piloter une Formule 1 une douzaine de jours après m'être fait des fractures, ce n'est pas ce que mes médecins avaient envie que je fasse, mais je l'ai fait quand même", sourit le Canadien. "Je suis sarcastique. Enfin, c'était un retour très ambitieux, mais je savais qu'on avait une bonne voiture, je voulais remonter dedans, et je me sentais prêt à le faire. C'était embêtant lors des premières courses, j'avais vraiment très mal, mais je me sens bien mieux désormais."
Cependant, dans la lignée du rapport de force avec ses coéquipiers précédents qu'étaient Sergio Pérez et Sebastian Vettel, Stroll éprouve des difficultés notables face à Fernando Alonso, qu'il n'a battu que lors de deux séances qualificatives sur 15, shootouts compris. Ainsi, malgré la compétitivité de sa monoplace, il ne s'est jamais qualifié dans le top 5, quand Alonso y est parvenu à six reprises. Le constat est similaire le dimanche, avec un sévère bilan comptable de 149 points à 47 pour Alonso, et un 6-0 au niveau des podiums.
"Ça n'aidait vraiment pas de manquer plus ou moins 250 tours d'essais et de ne pas être dans ma meilleure forme physique en début de saison", analyse Stroll, relayé par le magazine Motor Sport. "Cependant, je pense que la malchance en piste nous a fait plus de mal que ma blessure."
"On était quatrième à Djeddah, puis on a eu le problème moteur. Notre écurie était compétitive à Miami, mais on a fait de très mauvaises qualifications, ce qui nous a mis en difficulté sur une piste où on ne peut pas dépasser. Pareil à Monaco, on a percuté le débris de Norris en Q2, et c'était la fin de notre séance avec la 14e place sur la grille – et sur une piste où on veut être devant. C'étaient des courses parmi nos plus compétitives, et je pense que nous avons davantage souffert de… je n'aime pas utiliser ce mot, mais j'imagine la malchance, d'une certaine manière, plus que de ma blessure."
Lance Stroll (Aston Martin) devant son coéquipier Fernando Alonso lors du sprint de Spa-Francorchamps
Le Québécois ne se voile toutefois pas la face quant à la supériorité d'Alonso, mais cela ne le décourage pas, bien au contraire. "Globalement, Fernando est plus rapide que moi. Alors je dois comprendre comment passer les virages un petit peu plus vite. C'est simple… C'est pour ça qu'on est là, non ?"
"Je sais qu'il y a beaucoup de courses où j'avais l'impression d'avoir tiré le meilleur de la voiture mais il était légèrement plus rapide, et c'est comme ça. Il y a d'autres fois où j'ai vraiment bien piloté et je l'ai devancé quelques fois. J'en suis fier. Mais il est à un niveau très élevé tout au long de l'année, il commet très peu d'erreurs – voire aucune – et il faut l'en féliciter, car il pilote à un niveau extrêmement élevé, et il tire vraiment le maximum de la voiture chaque semaine."
"Je sais juste que quand je tire le meilleur de moi-même et de la journée, j'en suis satisfait, j'en suis fier. Et les jours où ce n'est pas le cas, je suis le premier à le reconnaître et à me dire : 'Je dois revenir plus fort la semaine prochaine'."
"Il évolue simplement à un niveau vraiment élevé tout au long de la saison, il réalise toutes les semaines ces performances dignes d'un A+ [la note la plus élevée selon les barèmes scolaires américain et canadien, ndlr], quand j'ai eu quelques A mais aussi des C et ça a été un peu plus compliqué. Mais il reste beaucoup de courses à disputer", conclut Stroll.
Avec Alex Kalinauckas
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