Tony Brooks est mort

L'ancien pilote Tony Brooks, vainqueur de six Grands Prix de Formule 1 dans les années 1950, est décédé à l'âge de 90 ans.

Tony Brooks, Vanwall, vainqueur, avec son équipier Stirling Moss, Vanwall

Considéré par beaucoup de ses pairs comme l'un des meilleurs pilotes de l'époque, et l'un des meilleurs à n'avoir jamais remporté de Championnat du monde, Tony Brooks est décédé ce mardi à l'âge de 90 ans. Il était le dernier vainqueur de Grand Prix dans les années 1950 encore en vie ; avec lui s'éteint donc une partie de la légende de cette ère des pionniers de la discipline reine.

Né en 1932, Brooks est notamment né d'un père chirurgien dentiste, dont il étudiera lui-même la pratique. Cela lui vaudra plus tard le surnom de "Racing Dentist" ("le dentiste pilote"). Il débutera véritablement sa carrière en club en 1952 et rejoindra l'équipe Aston Martin en Endurance deux ans après. En Grand Prix, c'est par un événement hors championnat qu'il remportera, le GP de Syracuse 1955, qu'il entrera par la grande porte, au volant d'une Connaught. Il venait de signer la première victoire d'un pilote britannique au volant d'une voiture britannique en Grand Prix depuis 31 ans.

Après un début de carrière en Championnat du monde de F1 difficile avec BRM en 1956, avec notamment un accident impressionnant à Silverstone, il rejoindra Vanwall la saison suivante, faisant alors équipe avec d'autres pilotes britanniques majeurs de l'époque, Stirling Moss et Stuart Lewis-Evans.

Second derrière Juan Manuel Fangio à Monaco au prix d'un effort physique important, il fut victime d'un crash aux 24 Heures du Mans 1957 duquel il réchappa mais dont il n'était pas totalement remis pour disputer le GP de Grande-Bretagne à Aintree. Alors qu'il naviguait en sixième place, la voiture de Moss connut des problèmes et Brooks fut rappelé au stand pour donner sa monoplace à son chef de file. Une fois ceci fait, Moss remonta et prit la tête pour l'emporter, une victoire partagée avec Brooks et qui constituait alors le tout premier succès d'une monoplace britannique en Championnat du monde.

Jouant le jeu d'équipe à la perfection en faveur de Moss, incontestable leader, Brooks se montra aussi capable d'assumer un rôle de premier plan quand les circonstances l'exigeaient. En 1958, il signa ainsi trois succès sur trois pistes de légende : Spa, le Nürburgring et Monza. Il considérait le succès en Allemagne, où il s'était défait des Ferrari de ses compatriotes Mike Hawthorn et Peter Collins (ce dernier se tua d'ailleurs à la poursuite de Brooks), comme son plus grand succès. Cette année-là, en dépit de quatre victoires pour Moss, ce qui offrit le tout premier titre constructeurs à Vanwall, c'est bien Hawthorn, vainqueur d'un seul GP qui termina Champion, pour un petit point. Brooks était troisième.

 

En 1959, Brooks passa chez l'ennemi en rejoignant la Scuderia, avec un statut clair de leader aux côtés de ses équipiers Phil Hill (futur Champion du monde 1961) et Dan Gurney. Il fut dans la lutte pour le titre face à Jack Brabham et son ancien équipier Moss, mais une certaine malchance le frappa dans la saison quand le GP de Belgique fut annulé pour des questions financières et en subissant un problème d'embrayage au départ du GP d'Italie, deux pistes rapides où les puissantes Ferrari étaient favorites.

Malgré tout, il aborda l'ultime épreuve de la saison, à Sebring, avec une chance lointaine d'être couronné. Mais ses espoirs tournèrent vite court quand, relégué en seconde ligne à la suite d'un court-circuitage en règle du circuit par Harry Schell (qui lui fit gagner six secondes) en toute fin des qualifications, il fut touché au départ par son équipier Wolfgang von Trips. Toujours prudent, Brooks s'arrêta pour inspecter les dégâts pendant deux minutes ; un arrêt inutile car la Ferrari était en état de rouler, comme il le prouvera ensuite en ralliant l'arrivée en troisième place. Une position toutefois insuffisante pour dépasser Brabham, malgré la célèbre panne d'essence de ce dernier en toute fin de GP.

Peu à l'aise à une époque où la F1 passa aux moteurs arrière, il retrouva des constructeurs anglais avec Cooper en 1960 et BRM en 1961 mais ne rencontra plus le succès en catégorie reine. Il ne remonta sur le podium qu'une seule fois, lors de son ultime Grand Prix, à Watkins Glen, en 1961.

En dehors de sa carrière en Formule 1, Brooks était comme de nombreux pilotes de l'époque également un spécialiste de l'Endurance. Parmi ses principales victoires, l'on compte le GP de Spa et les 1000 km du Nürburgring en 1957 ainsi que le Tourist Trophy de Goodwood en 1958, ce dernier en compagnie de Stirling Moss.

Vainqueur d'un total de six Grands Prix et auteur de 10 podiums en 38 départs, Brooks figure parmi les pilotes les mieux lotis statistiquement en dépit d'une carrière moins auréolée que certains de ses compatriotes ou contemporains. Il fut pourtant l'un des meilleurs membres d'une génération dorée pour le sport auto britannique.

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