Williams résiste et s'obstine dans la voie de l'indépendance

Williams a présenté lundi son nouveau sponsor titre et sa nouvelle livrée. S'il faut encore patienter pour voir la véritable FW42, elle sera toujours le fruit du travail d'un constructeur indépendant. Une marque de fabrique que l'écurie défend coûte que coûte, pour 2019 et pour l'avenir.

Williams résiste et s'obstine dans la voie de l'indépendance

Les années passent mais Williams ne change pas son fusil d'épaule. Alors que des équipes entreprennent des collaborations étroites avec des constructeurs pour concevoir leur monoplace, l'écurie de Grove martèle son désir d'indépendance. Elle a pourtant chuté à la dixième et dernière place du championnat constructeurs en 2018, après une période faste de trois saisons marquées notamment par 15 podiums.

Claire Williams estime que ce violent recul est en partie dû aux liens renforcés entre certaines équipes, mais n'entend pas modifier son approche sur ce sujet épineux. Williams veut continuer à produire un maximum de pièces en interne, et souhaite que ce soit toujours le cas en 2021 après la refonte réglementaire sur laquelle travaillent les propriétaires de la Formule 1. À l'heure où Haas sous-traite énormément auprès de Ferrari et Dallara, où Sauber se rapproche de la Scuderia via l'accord scellé avec Alfa Romeo, et où Toro Rosso bénéficiera d'une collaboration élargie avec Red Bull Racing, Grove demeure en résistance.

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"Pour de véritables constructeurs indépendants, avec la manière dont est faite la réglementation, ce n'est pas facile de se battre actuellement", explique Claire Williams, directrice adjointe de l'écurie éponyme. "C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles nous sommes retombés à la dixième place l'an dernier, compte tenu du travail entre certaines équipes. Néanmoins, cela relève de la réglementation en vigueur."

"L'une des raisons pour lesquelles nous soutenons à ce point le travail de la FIA et de la FOM en ce moment, c'est la volonté de revoir la liste des pièces. Nous y sommes très favorables. Nous savons que cela va modifier le paysage de la F1 en 2021 et au-delà, pour habiliter des équipes comme la nôtre. Nous sommes incroyablement fiers du fait d'être un véritable constructeur, dans le sens où nous fabriquons nous-mêmes nos voitures de course. Pour moi, c'est l'ADN de la F1. Ça ne devrait pas se perdre à cause d'une liste de pièces. J'attends avec impatience de tels changements."

Williams FW42

En F1, les "pièces listées" font référence à tout ce qu'une écurie doit concevoir elle-même, tandis que les "pièces non listées" peuvent-être sous-traitées auprès d'autres équipes. C'est ce que Haas fait avec Ferrari, sous une surveillance accrue de la FIA ces dernières années. La collaboration entre les écuries demeure un sujet majeur dans les discussions pour 2021. La crainte serait de voir des constructeurs y recourir davantage, utilisant ainsi des plus petites équipes pour contourner le plafonnement budgétaire lui aussi discuté pour l'avenir.

Il y a quelques mois, Williams a envisagé de cesser la production de sa propre boîte de vitesses, mais a finalement pris la décision de ne rien changer à sa façon de faire. L'option était d'utiliser celle de Mercedes, qui motorise les monoplaces de l'écurie. "Cela ne revient pas à dire que nous y avons définitivement renoncé", confiait Claire Williams à l'époque. "Je préférerais largement que la réglementation change pour que cela devienne impossible."

Après une saison de galère, et en persistant dans la voie de l'indépendance, l'écurie britannique doit désormais assumer et ne pas commettre la moindre erreur pour espérer se relever. "Nous avons de formidables ressources", insiste Claire Williams. "Nous avons deux souffleries fabuleuses. Nous avons de grandes capacités chez Williams, et nous devons nous assurer de les utiliser comme il faut." 

Propos recueillis par Scott Mitchell  

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