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Red Bull en net progrès, Ferrari fait du surplace : plongée dans les données de Miami

Plusieurs équipes ont apporté des évolutions majeures au GP de Miami, mais tous les regards étaient tournés vers les avant-postes pour voir qui pourrait rattraper Mercedes.

Lewis Hamilton, Ferrari, Max Verstappen, Red Bull Racing

Photo de : Brett Farmer / LAT Images via Getty Images

Après une pause de cinq semaines, l'équilibre des forces en Formule 1 semble avoir considérablement évolué. Bien que le vainqueur à Miami - Kimi Antonelli - soit le même qu'en Chine et au Japon, une vague d'améliorations et de possibles ajustements dans l'utilisation des batteries pourrait avoir durablement bouleversé la hiérarchie.

Un examen des performances moyennes lors des trois premiers week-ends de course de 2026 montre que Mercedes était initialement la force dominante. En qualifications, son avantage sur sa plus proche rivale s'élevait à 0,56 seconde, tandis qu'en rythme de course, l'écart atteignait jusqu'à 0,53 seconde par tour.

 

Le tableau ci-dessus compare le rythme de course de chacun des pilotes à Miami en montrant le déficit moyen par tour sur la référence qu'est Antonelli (avec ajustement selon les différentes stratégies).

À Miami, cependant, cet écart s'est considérablement réduit. Le tour de pole d'Antonelli ne lui a donné "que" 0"16 d'avance, et en course, Mercedes n'a réussi à devancer McLaren que de 0"02 par tour. Au total, les Flèches d'argent ont "reculé" d'environ quatre dixièmes sur l'exercice du tour lancé et de plus d'une demi-seconde en rythme de course par rapport au début de la saison.

Recul de Mercedes : juste une histoire d'évolutions ?

Un facteur clé est facile à identifier : alors que ses concurrentes ont présenté des packages d'évolutions complets à Miami, Mercedes a fait preuve de retenue. L'écurie n'a apporté que deux modifications mineures : une optimisation à l'arrière visant à réduire la traînée et une mise à jour du système de refroidissement des freins avant.

La concurrence a adopté une approche bien plus agressive Ferrari a introduit 11 nouvelles pièces, tandis que Red Bull et McLaren en ont chacune apporté sept - avec un effet visible. Mercedes, quant à elle, prévoit un package plus important pour la prochaine course au Canada.

Cependant, ce changement ne s'explique pas uniquement par les améliorations. Deux autres facteurs jouent un rôle crucial : les caractéristiques du circuit et les ajustements réglementaires.

Miami n'est traditionnellement pas un circuit favorable à Mercedes. Ce n'est qu'en 2025 que l'équipe y a décroché son premier podium. Les données historiques montrent que Mercedes affiche en moyenne un retard de 0,22 seconde par tour à Miami par rapport à sa moyenne de la saison, ce qui contribue de manière significative à ses performances plus faibles.

 

Le tableau ci-dessus montre l'écart entre le niveau de performance moyen sur une saison complète et le niveau de performances à Miami pour les dix écuries qui ont couru sur le tracé entre 2022 et 2025.

Quant aux modifications réglementaires, les intéressés ne les jugent pas déterminantes. Andrea Stella, directeur de McLaren, a souligné "Je pense que nous avions déjà fait des progrès au Japon. Et ici, nous avons consolidé ces progrès. Et ces progrès ne sont pas liés aux modifications ; ils résultent simplement d'une meilleure façon de travailler."

Course au développement : Red Bull et McLaren reviennent vite

Du côté des équipes poursuivantes, le tableau est tout autre. C'est Red Bull qui a réalisé le plus grand bond en avant, gagnant 0"92 par tour par rapport aux trois premières courses de la saison. Même après prise en compte des caractéristiques du circuit, l'amélioration s'élève toujours à 0,7 seconde - un bond en avant considérable.

McLaren a également réalisé des gains significatifs, réduisant l'écart de 0"80. Si l'on tient compte des caractéristiques du circuit, ce chiffre passe à 0"86, même s'il convient de noter qu'une nette tendance à la hausse était déjà visible au Japon.

 

Le tableau ci-dessus montre l'évolution du rythme de course des écuries par rapport à Mercedes entre le début de saison et Miami en valeur absolue (première colonne) et avec justement en fonction de la distance de course (deuxième colonne). La troisième colonne indique le nombre d'améliorations aéro apportées à Miami.

Si l'on compare le rythme de course à celui du deuxième relais au Japon, McLaren a gagné 0"51 par tour sur Mercedes à Miami. Après ajustements, le gain réel est estimé à environ 0"56.

Ferrari : beaucoup d'évolutions, peu d'impact ?

Ferrari a donc présenté le plus important package de mises à jour, mais les résultats se sont avérés décevants. À Miami, son retard en rythme de course s'élevait à 0"46 par tour, contre 0"53 en début de saison.

Cela représente une amélioration de seulement 0"07. Cependant, comme Miami est généralement considéré comme un circuit favorable à Ferrari, les chiffres ajustés suggèrent en réalité un recul de 0"18 par tour.

Charles Leclerc (Ferrari)

Charles Leclerc (Ferrari)

Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images

Seules les prochaines courses permettront de savoir si cette impression se confirme. Le format sprint, avec son temps d'essais limité, a peut-être également joué un rôle. Il est possible que Ferrari n'ait pas encore pleinement exploité le potentiel de son package.

Milieu de peloton : du changement... avec des réserves

On a également observé des évolutions notables dans le peloton. Williams a fait un bond en avant significatif, gagnant 0"8 par tour et marquant de précieux points. Toutefois, une fois les caractéristiques du circuit prises en compte, ces améliorations n'auraient rapporté que 0"23 environ.

Alpine a introduit six nouvelles pièces et a gagné 0"24, mais après ajustement, cela se traduit par un léger recul de 0"02 - ce qui souligne à quel point la course au développement est devenue intense, les mises à jour de taille moyenne n'apportant souvent guère plus qu'une consolidation.

Audi & Haas : petites évolutions, net recul

Haas et Audi ont été les plus touchées par le manque de développement, avec seulement trois évolutions à elles deux. Haas a perdu 0"45 par tour alors même que le circuit lui convenait bien, tandis qu'Audi a reculé de 0"16 - ce qui équivaut à un recul substantiel de 0"91 une fois la piste prise en compte.

Aston Martin, en revanche, a livré une performance étonnamment solide : malgré l'absence de mises à jour, l'équipe a gagné 0"44, soit 0"28 après ajustement.

 

Le tableau ci-dessus montre l'écart en rythme de course entre Mercedes le reste du peloton, d'abord sur les trois premières courses de la saison (première colonne) puis à Miami (seconde colonne). La troisième colonne montre donc la différence, qui représente le temps gagné ou perdu sur Mercedes par la concurrence entre les trois premiers GP et Miami.

C'est Racing Bulls qui a enregistré le résultat le plus décevant : en dépit de l'introduction de six nouvelles pièces, l'équipe a perdu 0"86 par tour, soit la plus forte régression de tout le peloton. Cadillac a apporté neuf nouvelles pièces, mais n'a réussi à gagner que 0"02, un gain bien en deçà des attentes.

La course au développement restera le facteur déterminant en 2026. Même s'il est impossible de tirer des conclusions définitives d'une seule course, le Grand Prix du Canada pourrait déjà révéler le prochain bouleversement dans la hiérarchie.

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