Analyse des longs relais : Mercedes cache-t-elle son jeu au Japon ?
McLaren a signé le meilleur temps absolu vendredi à Suzuka, mais cela en dit peu sur la véritable hiérarchie pour le Grand Prix du Japon.
Photo de: Clive Rose / Formula 1 via Getty Images
Lors de la deuxième séance d'essais libres du Grand Prix du Japon, le pilote McLaren Oscar Piastri a réalisé le meilleur chrono en 1'30"133, devançant d'environ un dixième les deux pilotes Mercedes, Kimi Antonelli et George Russell.
Cependant, ceux qui espèrent une lutte serrée en tête ou une percée de McLaren doivent rester prudents. Lors des longs relais décisifs en fin de séance, réalisés avec beaucoup de carburant, Mercedes s'est une nouvelle fois imposée comme la référence, et nettement.
En ajustant les données des longs relais selon les composés de pneus et la durée des relais, Antonelli apparaît comme le pilote le plus rapide, et de loin. En moyenne, l'Italien était environ deux dixièmes et demi plus rapide au tour que Russell. McLaren, de son côté, n'apparaît pas aux avant-postes dans cette comparaison.
Ferrari est encore la deuxième force
Derrière Mercedes – avec un écart notable – on retrouve Ferrari, comme lors des précédents Grands Prix. Charles Leclerc était environ 0"660 par tour plus lent que Mercedes sur les longs relais.
Séance difficile en revanche pour son coéquipier Lewis Hamilton, qui n'a jamais trouvé le rythme. Le septuple champion du monde concédait en moyenne 1"3 par tour et souffrait également d'une forte dégradation des pneus.
McLaren s'intercale : Piastri était en moyenne 0"960 par tour plus lent que Mercedes sur les longs relais. Son coéquipier Lando Norris n'a quant à lui effectué aucun long relais en raison de problèmes techniques, passant un long moment dans son stand.
Là où Mercedes fait la différence
Une chose est claire : en rythme de qualifications, Mercedes n'a probablement pas montré tout son potentiel et aborde donc la suite du week-end dans la peau du favori. Mais où les Flèches d'argent font-elles la différence ?
Observer les chronos moyens par secteur lors des longs relais montre que Mercedes creuse principalement l'écart sur Ferrari dans les premier et troisième secteurs. Dans le deuxième, Leclerc était presque aussi rapide. La différence majeure se situe dans les longues lignes droites des secteurs 1 et 3.
Mercedes atteint des vitesses de pointe nettement supérieures, notamment dans la montée vers le premier virage et en direction de la chicane finale. L'avantage vers le premier virage peut atteindre 15 km/h, et environ 10 km/h dans le dernier secteur. Dans les esses rapides du premier secteur, Ferrari est quasiment au niveau. L'essentiel de la perte de temps se fait clairement dans les lignes droites.
Kimi Antonelli (Mercedes)
Photo de: Mark Sutton / Formula 1 via Getty Images
Un schéma similaire apparaît chez McLaren : là aussi, la majorité du temps est perdue dans les lignes droites, malgré l'utilisation du même moteur que Mercedes. À cela s'ajoute une performance plus faible dans les courbes, ce qui accentue le déficit et place McLaren derrière Ferrari.
Red Bull dans le flou
Chez Red Bull, la situation est une nouvelle fois préoccupante. Avec un déficit moyen de 1"490 par tour sur les longs relais, Max Verstappen est non seulement loin du rythme des leaders, mais aussi derrière Haas (+1"350) et Alpine (+1"370).
Après trois week-ends de course, l'impression se confirme : Red Bull est actuellement une équipe de milieu de grille, et cela ne semble pas principalement lié à la performance du moteur. En effet, le troisième secteur, avec sa longue ligne droite, est le seul endroit où Red Bull parvient à peu près à suivre le rythme.
Comme déjà observé en Chine, la RB22 perd la majorité de son temps dans les virages. Les données télémétriques montrent même que la Red Bull est plus performante dans les lignes droites que la Ferrari et la McLaren. Cependant, notamment dans les esses rapides du premier secteur, le manque de performance est flagrant.
On note également que l'équipe sœur, Racing Bulls, perd nettement plus de temps dans les lignes droites malgré l'utilisation du même moteur. Il est possible que Red Bull ait opté pour un réglage à très faible appui trop agressif, ou que la voiture soit fondamentalement trop axée sur l'efficacité, au détriment de l'appui global nécessaire.
Milieu de grille : Haas et Alpine en tête, Audi dans le coup
Dans le milieu de grille, on retrouve une hiérarchie similaire à celle de Shanghai. Haas (+1"350) et Alpine (+1"370) affichent le meilleur rythme en longs relais, avec Audi (+1"520) juste derrière.
Le long relais de Nico Hülkenberg avait bien commencé, mais cette première phase solide s'est faite au prix d'une forte dégradation des pneus. Au final, Audi se retrouve au niveau de Red Bull, ce qui pose question : s'agit-il d'une réelle progression d'Audi ou simplement du reflet des difficultés de Red Bull ?
Racing Bulls (+2"050) a déjà perdu beaucoup de terrain sur l'avant du milieu de grille, tandis que Williams (+2"430) a une nouvelle fois déçu. En fond de grille, on retrouve Cadillac (+3"120) et Aston Martin (+3"650).
Note inquiétante : le rythme de qualifications d'Aston Martin était à peu près équivalent au rythme en longs relais de Mercedes avec le plein de carburant.
Les plus belles photos de vendredi à Suzuka
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