Toyota "n'a plus les mots" pour la #7 après un nouvel échec

La victoire des 24 Heures du Mans, encore une fois, a échappé à la Toyota #7. Ses pilotes accusent le coup, et Pascal Vasselon ne sait plus comment les réconforter.

Toyota "n'a plus les mots" pour la #7 après un nouvel échec

Tous les ans depuis 2018, Toyota aborde les 24 Heures du Mans en tant que grandissime favori, et à chaque fois, c'est la voiture #8 qui triomphe. Sébastien Buemi et Kazuki Nakajima restent désormais sur trois succès consécutifs, deux avec Fernando Alonso puis un avec Brendon Hartley cette année, tandis que les pilotes de la #7 restent sur leur faim.

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Ils n'ont pourtant pas démérité. Kamui Kobayashi, foudroyant sur un tour, a signé une nouvelle pole position et a failli battre le record du circuit, qu'il détient déjà. Le Japonais et ses coéquipiers Mike Conway et José María López ont mené la course pendant 170 tours, jusqu'à être frappés par un problème de fiabilité majeur qui leur a fait passer une demi-heure au garage, peu après la mi-course. Leur remontée a ensuite été entravée par des dégâts sur le fond plat, même s'ils ont arraché la troisième place en fin d'épreuve.

"Nous avons eu un problème de qualité sur la voiture #7, avec une défaillance de l'échappement", explique Pascal Vasselon, directeur technique. "Nous avons tout changé car la partie principale de l'échappement était cassée, il y avait un gros trou. Quand cela se produit, nous changeons tout et mettons un nouvel assemblage – échappement et turbo. Avant ce problème, les deux voitures étaient extrêmement proches, la #7 était un peu plus rapide."

"Enfin, dans le dernier relais de Mike, une voiture devant lui a perdu une pièce en carbone qui est passée sous notre voiture et a endommagé le fond plat. Nous avons essayé de le réparer, mais il était clair que cela allait prendre très longtemps, donc nous avons décidé de continuer à rouler. Ainsi, dans les huit dernières heures de la course, la Toyota #7 a perdu énormément d'appui – 50 points d'appui en moins. La voiture était plus lente, et elle ne remontait pas aussi vite qu'avant. Car avant ces dégâts, elle remontait [sur les Rebellion] au rythme de trois secondes au tour en moyenne. Et avec trois secondes au tour, le podium était à notre portée. Au Mans, on n'arrête jamais d'attaquer, car on ne sait jamais ce qu'il va se passer."

#7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Kamui Kobayashi, Jose Maria Lopez

C'est ainsi un nouvel échec pour le trio Kobayashi-Conway-López, et il a été rappelé aux deux premiers cités qu'ils avaient déjà fini trois fois deuxièmes en quatre éditions avant de prendre cette troisième place. Le Japonais ne manque pas d'humour malgré la déception : "À ce compte-là, nous devrions être deuxièmes, pour perpétuer la tradition ! Être troisièmes est une grande surprise ; nous avons fait de notre mieux pour être toujours rapides, mais c'est dur au Mans."

"Je pense que nous avons fait le meilleur travail possible, mais ce qui s'est passé est dommage. Nous ne nous attendions pas à ça, car nous avons parcouru énormément de kilomètres et étions convaincus que nous n'aurions pas ce genre de problème. Tout le monde a fait du super travail je dirais, rien de très négatif. C'est juste dur, mais c'est Le Mans, au final."

"Nous ne sommes pas toujours en réussite ici", déplore Mike Conway. "Trois victoires d'affilée pour l'équipe, il nous faut être contents à ce sujet, mais de notre côté du garage, nous avons simplement le sentiment d'avoir encore été privés de la victoire. Nous en sommes tristes, forcément, et surmonter cela va prendre du temps. Surtout que ça renverse la situation au championnat [dont les pilotes de la #8 prennent la tête avec sept points d'avance sur la #7]. Deux coups durs en une course, il y a de quoi être dégoûté."

"Nous faisons du bon travail ici à chaque fois, mais de petites choses nous empêchent de gagner. Mes coéquipiers réalisent toujours des performances exceptionnelles quand ils sont dans la voiture, et l'équipe travaille aussi dur que possible pour avoir deux voitures sur la ligne d'arrivée. J'imagine qu'il faudra revenir et réessayer l'an prochain, mais nous disons ça à chaque fois ! Je suis juste dégoûté que nous n'y soyons pas parvenus cette fois."

Les troisièmes #7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Kamui Kobayashi, Jose Maria Lopez, et le chef d'équipe Rob Leupen

Ainsi, chez Toyota, l'euphorie de la victoire est clairement sapée par cette déception. "Clairement, la voiture #7 est performante ; elle est souvent la plus rapide, surtout au Mans", souligne Pascal Vasselon. "Le problème, c'est qu'elle a souvent des problèmes. Ces deux dernières années, les problèmes n'étaient clairement pas liés aux pilotes, je suis donc vraiment désolé pour les pilotes de la #7. Cela fait deux fois d'affilée qu'ils mériteraient de gagner et que quelque chose s'est produit. Ils font tout comme il faut, ils se préparent bien, ils sont rapides, ils trouvent de bons réglages avec leurs ingénieurs, et à chaque fois, quelque chose tourne mal, hors de leur contrôle. Toute l'équipe est désolée pour eux."

"Nous sommes contents de finir premiers et troisièmes, mais je n'ai plus les mots pour les pilotes de la voiture #7 car encore une fois, ils ont fait du très bon travail en essais, en course, ils étaient clairement un peu plus rapides que la voiture #8 et encore une fois, il s'est produit quelque chose hors de leur contrôle. Je suis donc vraiment désolé. Je crois que l'an prochain, nous allons échanger les numéros…"

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