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MotoGP GP de République Tchèque

Édito - King Cal ajoute son empreinte

Le MotoGP bascule définitivement vers son avenir, semblant se détacher des statistiques et des références du passé, comme pour mieux façonner le futur de la catégorie reine.

Cal Crutchlow, Team LCR Honda, vainqueur de la course

Allez hop, un 6e vainqueur et pas des moindres puisqu’il remet à jour les statistiques côté Britannique de surcroît. Mais Cal Crutchlow nous renvoie aussi à une autre époque où les motos engagées par les équipes privées pouvaient jouer la gagne. Certes cette fois-ci ça se passe dans des conditions pluvieuses, mais avec son copain Miller il offre à Honda et au HRC une nouvelle victoire, ce que Yamaha n’a jamais réussi avec une équipe satellite ces dernières années.

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing, Cal Crutchlow, Team LCR Honda
Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing, Cal Crutchlow, Team LCR Honda

Photo de: Gold and Goose Photography

Quel régal de suivre une saison où la seule imprévue reste l’issue des courses, un fait principalement orchestré de façon pas tout à fait volontaire par Michelin. On continue de s’adapter chez le manufacturier Français sans toutefois pouvoir éviter les mécontents. Mais ce n’est pas non plus le seul point qui semble perturber certains pilotes; si le tout frais vainqueur d’Autriche Andrea Iannone a vu sa course s’effriter, pour Jorge Lorenzo la crise est plus profonde. Mention a déjà été faite ici du fait que la symbiose n’est plus dans le clan du numéro 99, la preuve est arrivée en images lorsque le Champion en titre a été contraint de changer de monture pour les mêmes raisons que Iannone face à une équipe désemparée. Si le Majorquin n’est pas le caractère le plus simple à gérer, c’est toujours surprenant de voir qu’une équipe, et un constructeur, ne semble plus préoccupée par les atermoiements de son Champion du monde.

Dès la fin 2015 et sa prise de position face à Rossi, Lorenzo a hypothéqué sa saison et le choix Ducati était alors logique et une vraie opportunité pour Bologne. Mais voilà une saison c’est long et cela demande qu’une équipe soit soudée et regarde dans la même direction, en partageant la même envie. C’est ce qui caractérise la structure LCR et sa solide équipe qui reste inchangée depuis de nombreuses années. Souvent sanctionnée comme à la roulette russe au niveau des résultats, le fantasque Crutchlow est un surtout un personnage atypique, une grande gueule comme le sont rarement les Britanniques, où le coup de génie est souvent venu briller en course, sans réellement pouvoir confirmer.

Alors il est facile de dire que c’était prévisible, mais là n’est pas véritablement la question. Le fait de remporter un Grand Prix dans une catégorie MotoGP, où les vainqueurs de ces longues dernières années se comptent presque sur les doigts de la main, est un aboutissement de toute une vie. Dans le cas de Cal peu de choses sur le papier semblaient l’emmener à un tel exploit, arrivant de surcroît des catégories Supersport et Superbike qui n’ont jamais eu bonne réputation en GP. Il rejoint au passage Nicky Hayden et Troy Bayliss dans ce cercle.

Si le fossé est large entre les catégories, il ne doit pas occulter le talent de pilotes qui, dans la plupart des cas, ont rarement le luxe de faire les bons choix au bon moment. Rappelons tout de même que ce sport demande des investissements colossaux dès le début que seules les familles peuvent assumer.

Si la situation actuelle que les pneumatiques imputent ne sert pas l’intérêt de certaines équipes, elle offre le meilleur scénario possible avec cette incertitude que bien des sports aimeraient retrouver, et aussi est un réel message positif envers les autres équipes privées du plateau. C’est sans oublier Ducati Avintia qui profite également de cette donne 2016 et où Baz s’offre un résultat lui permettant de souffler. Il l’a bien mérité. Le Français arrive lui aussi tout droit du Superbike et la pluie, nivelant vers le bas les écarts pour certains, montrant le réel talent pour d’autres, est un facteur précieux cette saison.

Loris Baz, Avintia Racing
Loris Baz, Avintia Racing

Photo de: Gold and Goose Photography

Rien n’indique que 2017 sera de la même veine, il est bien évidemment trop tôt, et Michelin continuera d’ici là de contenter tout le monde en réussissant à fournir des enveloppes répondant aux exigences. Mais on pourrait se prendre à rêver d’une victoire française en MotoGP avec Zarco et Tech3 pour remettre à jour les compteurs de 17 ans d’attente depuis le succès de Régis Laconi à Valence. La Grande-Bretagne, elle, a dû patienter 35 ans depuis Barry Sheene ; Carl Fogarty ayant lui-même avoué qu’un poids sur ses épaules venait de disparaître. Rappelons que la présence en Grands Prix du quadruple Champion Superbike n’a jamais été réellement souhaitée, la tension entre les deux séries jusqu’au début des années 2000 n’aidant pas le transfert, et côté talent il était difficile de mentir au sujet du King Carl qui dût se contenter de brèves apparitions, non sans avoir frôlé l’exploit.

J’oubliais, d’ici là arrive Silverstone et sa météo très Britannique pour un autre suspense de la saison en cours. Un terrain sur lequel le gaillard Loris Baz décrocha sa première victoire en Championnat du monde des motos issues de la série.

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