Morbidelli : Les teams satellites poussent tout le plateau vers le haut

Franco Morbidelli estime que la montée en puissance des équipes satellites galvanise l'ensemble du plateau, en obligeant les pilotes des équipes officielles à hausser leur niveau. Johann Zarco voit aussi du positif dans cette évolution, qu'il a constatée sous différents angles ces dernières années.

Morbidelli : Les teams satellites poussent tout le plateau vers le haut

La saison 2020 du MotoGP a été atypique à bien des égards et l'une des principales évolutions a été l'arrivée au premier plan des teams satellites, vainqueurs de huit des 14 courses disputées. Fabio Quartararo et Franco Morbidelli ont chacun gagné trois Grands Prix, tandis que Miguel Oliveira s'est imposé à deux reprises. Une tendance qui tranche avec celle de ces dernières années, puisqu'entre 2007 et 2019 seuls Jack Miller et Cal Crutchlow avaient placé une équipe indépendante sur le podium, avec quatre succès engrangés à eux deux au guidon de Honda engagées par Marc VDS et LCR, en 2016 et 2018.

Désormais, les machines dont disposent les pilotes des teams satellites sont majoritairement identiques à celles de leurs rivaux dans les équipes d'usine, une situation qui va se renforcer en 2021 puisque Takaaki Nakagami disposera lui aussi de la Honda de dernière génération chez LCR. Franco Morbidelli, dont la Yamaha n'était pourtant pas dotée des dernières évolutions cette année, a pris la deuxième place du championnat et pour le pilote italien, l'avènement des structures indépendantes permet même de renforcer le niveau de l'ensemble du plateau, en contraignant les pilotes d'usine à se cracher dans les mains pour conserver un avantage.

"Je pense que c'est [...] mieux pour le spectacle et que ça aidera à faire monter naturellement le niveau du championnat globalement", a déclaré le pilote italien à l'issue du Grand Prix du Portugal, le premier depuis Losail 2004 dont le podium était composé de trois représentants des équipes indépendantes.

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"Auparavant, lorsque les pilotes d'usine étaient juste au-dessus des pilotes satellites techniquement, ils pouvaient se détendre un petit peu là-dessus, alors que maintenant, la situation en MotoGP est que les pilotes d'usine sont toujours et constamment en train d'essayer d'élever leur niveau pour être devant les pilotes satellites, et les pilotes satellites sont toujours en train de montrer leur potentiel aux gens de l'usine", constate Morbidelli. "C'est quelque chose qui, je pense, aide à la montée du niveau de l'ensemble du MotoGP. Les pilotes s'entraînent mieux, sont plus concentrés, regardent plus les détails, tout simplement parce que le niveau de compétitivité dans le championnat est meilleur." 

Vers plus de moyens et de soutien ?

Johann Zarco va plus loin. Lui qui a été l'un des principaux témoins de l'évolution des teams indépendants ces dernières années, il est désormais "sûr qu'un pilote satellite peut jouer le titre" en MotoGP.

Le Français a fait ses débuts dans la catégorie en 2017 chez Tech3, une équipe alors partenaire de Yamaha et avec laquelle Pol Espargaró, à qui il succédait, n'avait "pas le sentiment de faire partie de quelque chose" puisqu'il n'était pas impliqué dans le développement de la M1 et disposait d'une machine inférieure à la version officielle. En 2019, Zarco a rejoint l'Espagnol chez KTM, l'année durant laquelle Tech3 s'est associée à la marque autrichienne, bénéficiant dès lors d'un soutien plus fort qu'avec Yamaha. "Avoir autant de soutien de l'usine, c'est ce que [Hervé] Poncharal n'avait pas avec Yamaha, or là on voit qu'ils l'ont et à mon avis les motos sont similaires", précise Zarco, qui a pu être témoin de cette évolution depuis le team factory.

Dans le même temps, Yamaha a aussi changé de politique en offrant un soutien important au team Petronas. "Ça a été peut-être plutôt une question d'argent", analyse le #5. "Quand Petronas est arrivé ils ont pu avoir plus de moyens et donc peut-être bénéficier de meilleures choses chez Yamaha, et on a vu que Fabio et même Morbidelli ont été performants. Après, tout le monde commence à trouver son équilibre et c'est tellement serré que c'est peut-être ça qui permet aux satellites de combler le retard qu'ils avaient et aux officiels de moins faire la différence. C'est l'analyse que je peux me faire quant à la raison pour laquelle les usines ne font plus autant de différence."

Les équipes d'usine conservent toutefois l'avantage de ressources plus importantes selon Miguel Oliveira, qui va rejoindre le team officiel de KTM après deux saisons chez Tech3. "Plus de gens travaillent sur la moto et sur de petits détails [dans une équipe officielle]", explique le pilote portugais, jugeant cet aspect "plutôt nécessaire si on veut être à l'avant" en MotoGP. "Je vais en profiter l'an prochain. Cela ne veut pas dire que ce sera plus facile. Ce sera plus dur, mais ça peut m'aider à décrocher de meilleurs résultats."

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Johann Zarco s'apprête lui aussi à changer d'équipe en 2021, mais également de machine, en abandonnant la Ducati d'ancienne génération du team Avintia pour la Desmosedici officielle du team Pramac, au sein duquel il s'attend à recevoir un traitement digne de celui qu'un pilote factory. "En étant en interne chez Ducati, et même en étant dans le team en dessous de Pramac, j'ai déjà trouvé qu'il y avait un vrai support de Ducati", explique-t-il. "C'est la mentalité de [Gigi] Dall'Igna [directeur général de Ducati Corse, ndlr] : s'il a confiance dans le pilote et qu'il sent quelque chose de bon à aller chercher, il fait en sorte de l'aider. Je trouve qu'il m'a bien aidé cette année et il y a donc moyen qu'il puisse m'aider autant l'an prochain. Je n'ai donc pas de doute de ce point de vue-là."

"Ça me fait plaisir, je me sens pilote officiel mais presque sans cette pression médiatique du vrai pilote factory, ça peut être tout bénéf", ajoute le Cannois.

Avec Guillaume Navarro et Léna Buffa

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