Morbidelli évalue à 3 ou 4 dixièmes son retard chez Ducati
Lancé sur une voie parallèle pour tenter de rattraper les tests qu'il a perdus avant le championnat, Franco Morbidelli retient sa progression positive à Austin en dépit d'une chute en course. Son retard sur les pilotes Ducati les plus rapides se réduit.
Le troisième Grand Prix de la saison a marqué une certaine avancée pour Franco Morbidelli. Pour la première fois depuis qu'il a rejoint le clan Ducati, le pilote Pramac a disputé la Q2, pour laquelle il s'est qualifié directement dès les essais du vendredi. Cette journée lui a permis de donner le bon élan à son week-end, avec à la clé une place en troisième ligne sur la grille et, dans la foulée, de premiers tours de course bouclés au cœur du peloton.
Alors qu'au Qatar et au Portugal il avait fait l'expérience de courses entamées parmi les dernières positions, avec le handicap que cela peut entraîner pour la suite, Morbidelli pointait cette fois 11e après le premier tour du Grand Prix, dimanche, et même huitième au départ de la course sprint. Ce sprint de dix tours, il l'a passé dans un groupe assez ouvert, pour finalement manquer le point de la neuvième place pour deux dixièmes. Il se félicitait néanmoins de sa performance, toujours désireux de juger son évolution plutôt que les résultats bruts à ce stade du championnat.
"Je suis content de la manière dont les choses se passent", commentait-il après sa dixième place samedi. "Pendant la course, ça s'est passé sans accrocs. J'ai pu trouver plus de sensations avec cette nouvelle moto, et en plus j'étais avec d'autres Ducati, alors j'ai pu voir comment ils se comportaient en piste et où ils étaient plus agressifs que moi, dans quels domaines ils ont plus confiance dans la moto. Ils la connaissent mieux, alors il est certain qu'ils font plus confiance au package dans certains domaines, comme à l'accélération et aussi dans le freinage pur."
Dimanche, sa course n'a pas été au-delà du septième tour, une chute l'ayant privé de la suite alors qu'il se trouvait à nouveau dans le top 10. Avant cela, il avait eu le temps de s'offrir un dépassement pour le moins symbolique, puisqu'il a pris l'avantage sur Álex Rins et la Yamaha qui était la sienne jusqu'en novembre dernier.
"Ça a été un week-end positif. Malheureusement − ou heureusement, on le saura à l'avenir −, les conditions étaient différentes en course", expliquait Morbidelli dimanche après la course. "Elles étaient très chaudes et le grip était bien moins important que chaque fois que j'ai piloté cette moto. J'étais donc habitué à un certain type d'adhérence, et là, au virage 7, j'ai totalement perdu le grip arrière et je suis tombé. Je pensais que je contrôlais tout plutôt bien, mais dans ce virage 7 je n'ai pas contrôlé l'arrière."
"Concernant le plus important, c'est-à-dire la vitesse, ça vient. C'est donc positif et j'ai très hâte d'être à Jerez", a ajouté le pilote Pramac, satisfait de son adaptation. "Ça se passe très bien. Je ne m'attendais à rien de particulier. En tout cas, sans avoir fait de test ni piloté pendant un mois, je ne m'attendais pas à enfourcher la moto et à être dans le coup immédiatement, mais ma progression se passe très bien."
Franco Morbidelli est reparti d'Austin sans points mais satisfait de ses progrès.
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
"En gros, je n'ai pas d'expérience sur la moto et pas de kilomètres au compteur avec elle", rappelait-il pendant le week-end, se référant à la lourde chute qui l'a mis à l'arrêt juste avant les tests de pré-saison. "Si vous y réfléchissez, pendant une journée de course, on fait 20 ou 22 tours maximum alors que pendant une journée de test, on fait 80, 90, voire 100 tours, et j'ai manqué cinq de ces journées où on fait 100 tours. Or, faire 100 tours m'aurait clairement aidé à m'habituer à la nouvelle moto. Au lieu de ça, j'ai dû utiliser les journées de 20 tours pour m'habituer à la nouvelle moto, en plus des courses, alors ça fait qu'on laisse des choses au bord de la route."
"Mais on a pris les choses calmement, on les aborde de la bonne manière avec le team, et on progresse. C'est ce qu'on espérait et on va continuer à le faire jusqu'à ce qu'on atteigne le plein potentiel de cette moto, à savoir se battre pour les premières places régulièrement."
"Il reste encore beaucoup de travail à faire", concédait Morbidelli, interrogé avant de quitter le Texas sur l'écart qui le sépare du niveau à atteindre avec la Desmosedici, "mais en termes de vitesse [ça se joue] peut-être à trois ou quatre dixièmes par rapport aux premières Ducati. Aujourd'hui, en course, c'était une paire de dixièmes, mais je dirais qu'en général ce sont trois ou quatre dixièmes."
Cette estimation correspond en effet à la différence entre le meilleur temps obtenu par Morbidelli et celui du pilote Ducati le plus rapide dans les différentes circonstances du week-end : les qualifications (0"471), la course sprint (0"361) ainsi que la course principale (0"296) en dépit du fait qu'il n'en ait disputé que le premier tiers.
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