MotoGP GP d'Indonésie

GP d'Indonésie : ce qui attend les pilotes à Mandalika

Un pays passionné de moto, un asphalte refait en catastrophe et un tracé rappelant l'Argentine et la Thaïlande, le tout dans des conditions météo potentiellement dantesques : les pilotes du MotoGP vont découvrir un nouvel univers au GP d'Indonésie ce week-end.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Après deux éditions en 1996 et 1997 sur la piste de Sentul, le Grand Prix d'Indonésie fait son retour au calendrier du MotoGP ce week-end. Troisième plus gros marché de la moto dans le monde, l'archipel a mis les petits plats dans les grands pour accueillir les trois catégories du Championnat du monde : le circuit a été créé à l'initiative d'un organisme d'État en charge du tourisme et construit sur l'île de Lambok, au cœur de la station balnéaire de Mandalika qui donne son nom à la piste, et donc dans un cadre idyllique avec la mer de Bali en arrière-plan.

Le MotoGP s'est rendu sur la piste une première fois au mois de février, pour le dernier test de pré-saison, mais cette découverte a surtout mis en avant les défauts de la piste. Cette dernière se décomposait au point de générer une poussière devenue boueuse avec la pluie, mais aussi des cailloux potentiellement dangereux car transformés en projectiles par le passage des motos. Les organisateurs ont promis de corriger le tir et dès la fin du test, des travaux ont été entamés pour refaire l'asphalte entre le dernier virage et la fin du premier secteur.

Signe de l'importance de l'événement pour le pays, la présidence de la République a donné son accord pour que des machines utilisées dans la réfection d'une piste d'atterrissage de l'aéroport de Jakarta soient déplacées jusqu'à Mandalika, une lourde tâche puisque les deux sites ne sont pas sur la même île. Les pilotes devraient ainsi redécouvrir un circuit en parfait état ce week-end, un mois à peine après leur précédente visite.

Long de 4,301 km, le tracé compte 17 virages (6 sur la gauche, 11 sur la droite) et offre un rythme que les pilotes ont vite comparé à Termas de Río Hondo et Buriram. Après une première courbe presque à angle droit, ils doivent plonger dans un virage sur la droite rapide, avant un changement de direction pour deux courbes à gauche. "J'aime vraiment le premier virage", a commenté Marc Márquez. "Le troisième et le quatrième sont sympa. Le deuxième, je ne l'aime pas : trop rapide ! [rires]"

"Le deuxième virage, au final on y va mais... [il souffle], c'est très rapide, il y a quelques bosses. Si on prend un gros risque, on peut gagner beaucoup de temps. Mais pour le moment, on reste calme et on verra."

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L'enchaînement des virages 2 et 3

L'enchaînement des virages 2 et 3

Les bosses évoquées par Marquez devraient avoir disparu grâce au nouvel enrobé déposé depuis les tests. En revanche, le deuxième secteur est resté inchangé. Cette partie du circuit est probablement la plus spectaculaire, avec trois virages sur la droite très rapides qui se concluent sur un enchaînement droite-gauche-droite assez inhabituel.

"Il y a du caractère, c'est vraiment fun, j'ai pris beaucoup de plaisir", confiait Jack Miller après ses premiers tours de roues. "Je pense qu'il y a un peu de tout : c'est serré et technique dans certaines parties, puis il y a cette section très rapide avec les trois virages consécutifs sur la droite et le virage 8, toute cette section est incroyable. Je suis vraiment impatient de revenir pour la course parce que je pense qu'il y aura du spectacle."

"Je suis vraiment content de voir une piste avec des virages sur le quatrième ou le cinquième rapport", a ajouté le pilote Ducati. "C'est incroyable de voir ça [...]. On ne peut pas vraiment le voir sur les images, ça ne rend pas justice [au circuit et] il faut marcher [sur la piste] pour le voir : le virage 7 est un peu à l'aveugle, quand on se lance on ne sait jamais vraiment comme ça va finir en arrivant au 8. C'est vraiment fun."

Le virage 10, qui marque l'entrée dans le secteur 3

Le virage 10, qui marque l'entrée dans le secteur 3

Le troisième secteur est fait de virages plus classiques et moins rapides, avant deux dernières courbes que les pilotes ont été nombreux à comparer au circuit de Termas de Río Hondo qu'ils retrouveront deux semaines plus tard. "[Ça me rappelle] l'Argentine dans le dernier virage, il y a de la poussière comme en Argentine", a expliqué Miller. "Au dernier virage, on freine sur l'angle, on laisse la porte ouverte pour tout le monde, et l'avant-dernier virage est presque identique à l'Argentine."

Des lignes droites très courtes

La ligne droite principale ne fait que 507 mètres, ce qui en fait la deuxième plus courte de la saison après Assen. Il s'agit de l'une des rares portions du circuit dans lesquelles les motos sont totalement relevées : "En fait la ligne droite opposée est un peu raccourcie parce qu'on garde tellement de vitesse dans les changements de direction que dès qu'on relève la moto, on est sur les freins", a expliqué Brad Binder. "Il n'y a pas beaucoup de lignes droites ici."

"Dans l'ensemble, on passe beaucoup de temps sur l'angle, pas sur l'angle maximal du pneu, mais on est beaucoup sur l'angle, c'est un peu difficile. C'est une piste un peu bizarre, elle ne ressemble pas beaucoup aux autres, avec beaucoup de virages rapides, des changements de direction permanents et beaucoup d'accélérations. J'apprécie le circuit."

Johann Zarco

Johann Zarco

Et si les pilotes ont déploré l'état de la piste le mois dernier, ils ont en revanche loué la sécurité offerte par les très grandes zones de dégagement asphaltées tout autour de la piste. "On se perd un peu à certains endroits", a ironisé Miller sur le site officiel du MotoGP, impressionné face à l'immensité des lieux.

Les pilotes devront enfin s'adapter au climat équatorial de l'Indonésie. "La température et l'humidité sont si forts qu'à un moment, c'est dur de rouler, entre midi et 16h00, tout simplement parce que c'est dur de bien respirer", a confié Franco Morbidelli. "Je dirais que c'est plus dur que Sepang [en Malaisie], à cause de l'air." Un propos nuancé par Miller grâce à un "petit vent agréable", tandis que Luca Marini s'est inquiété pour la gestion des pneus quand la température grimpe, surtout dans le trafic.

Mais qui dit climat tropical dit également averses régulières, encore plus que dans les zones tropicales, et c'est bien ce qui risque de rythmer le week-end de Mandalika. Le risque de pluie et d'orages atteint 90% pour les journées de vendredi et samedi et près de 70% pour l'heure de la course, ce qui pourrait ajouter un élément décisif dans une équation déjà bien complexe.

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