Johann Zarco à une seconde de la victoire : "On se régale !"

Johann Zarco n'est passé qu'à une seconde de la victoire au Grand Prix du Qatar, mais pas question pour lui de nourrir des regrets.

Johann Zarco a entamé sa nouvelle union avec le team Pramac en se battant pour la victoire au Grand Prix du Qatar. Sur une piste de Losail qui l'a vu briller à la fois pendant les tests de pré-saison et les essais de ce week-end, le Français a su profiter des points forts de sa puissante Ducati, mais aussi gérer ces 22 tours au mieux pour s'accrocher à une deuxième place qui fait de lui le meilleur représentant de Borgo Panigale à l'arrivée.

"Au départ, j'ai presque rigolé dans le casque parce qu'on a vraiment eu les trois Ducati qui sont parties à une vitesse !" sourit-il au micro de Canal+, aidé comme ses compères par le holeshot device de la Desmosedici pour former un quatuor de Ducati en tête dans les premiers instants.

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Rapidement, Zarco a pu prendre l'avantage sur Jack Miller, ainsi que sur son coéquipier, Jorge Martín, très bien parti avant de rentrer dans le rang, puis il s'est installé à la place de poursuivant de Pecco Bagnaia, officiel de la marque, sans se faire semer. "J'étais tout de suite très à l'aise, Miller un peu en difficulté, et quand j'ai vu que Pecco avait un rythme intéressant, j'ai tout de suite voulu l'accrocher", explique-t-il. "J'arrivais à l'accrocher, mais il fallait quand même rester bien concentré, ce n'était pas facile. Je sentais que j'étais plutôt dans une bonne position, où j'arrivais à rouler vite en m'économisant un tout petit peu, et ça a beaucoup servi."

En contrôle jusqu'alors, Johann Zarco était aux premières loges pour voir Maverick Viñales passer à la vitesse supérieure dans la seconde moitié de la course. "Il était tellement à l'aise dans toutes les enfilades que j'ai bien compris son jeu de devoir passer à un moment important pour avoir suffisamment de distance et qu'on ne le repasse pas dans la ligne droite. Il a très bien géré."

"Quand j'ai vu ça, j'ai tout de suite passé Pecco, pour justement empêcher Viñales de trop s'échapper. Et comme Pecco commençait à avoir un peu de mal, je me suis dit que j'avais peut-être encore quelques dixièmes pour continuer à suivre Viñales", poursuit-il. "J'ai essayé. Je pense que ça n'était pas mal, c'est comme ça qu'il fallait faire, il fallait doubler à ce moment-là. Mais ensuite j'ai fait quelques erreurs, ce n'était pas simple de le suivre, et dans les derniers tours ça commençait vraiment à patiner beaucoup."

"Je me sentais bien alors je me suis dit que j'allais essayer de suivre Maverick, mais à ce moment-là il a élevé le rythme. Pendant cinq ou six tours, il a été très rapide, et je pense qu'à ce moment-là j'en ai trop demandé aux pneus et c'est la raison pour laquelle les trois ou quatre derniers tours ont été assez compliqués."

Son aisance dans les portions sinueuses de la piste a donné au pilote Yamaha un avantage que Johann Zarco arrive à quantifier assez précisément, et qui lui donne déjà une idée de ce qu'il voudra tenter d'améliorer pour le second Grand Prix sur place, afin de lui aussi pouvoir hausser le ton dans ces derniers tours de course, ce qu'il a cette fois tenté avec moins de réussite que l'Espagnol.

"J'ai été plus rapide, mais je pense qu'il me manquait quatre dixièmes, alors [il faut] essayer de trouver ces quatre dixièmes. On sait pourquoi on ne les a pas et pourquoi il a été compliqué de suivre Maverick. Mais en voyant comment j'ai pu faire la course, on va essayer d'avoir une meilleure connexion avec le pneu arrière en entrée de virages, parce qu'ensuite ça peut nous aider à faire un bon step pour la deuxième moitié de la course", analyse-t-il.

Vaincu par Viñales, Zarco a tout de même pu avoir l'avantage sur l'ensemble de ses autres rivaux et notamment récupérer la deuxième place dans les derniers mètres malgré le retour de Joan Mir. "Quand Mir m'a rattrapé, j'ai réussi à mettre suffisamment d'énergie sur les deux derniers tours pour avoir le meilleur rythme possible, et grâce au moteur, quand il m'a passé, moi je l'ai repassé immédiatement."

Ce soir, le Français a le sourire, sans se soucier d'une victoire qu'il n'a manquée que pour une seconde. Et lorsqu'on lui rappelle qu'il pourra retenter sa chance le week-end prochain, sur le même terrain de jeu, ou encore qu'il confirme son potentiel pour jouer gros au championnat, il tempère les attentes.

"On verra, on va essayer de s'adapter aux conditions [le week-end prochain]. Aujourd'hui, les conditions avaient beaucoup changé. Je pense que ça m'a aidé, parce qu'au warm-up j'étais très à l'aise, et en course finalement j'avais une belle aisance. L'expérience que j'ai prise a été extra, et tout ce que j'ai vu de Pecco était intéressant. Si ensuite j'arrive à faire un bon mix alors oui, il peut y avoir des chances de victoire, mais ce n'est même pas la pensée du moment. Maintenant, on se régale, on se fait plaisir et on prend ce qu'il y a à prendre."

"C'est le premier podium de toute ma carrière ici, au Qatar, toutes catégories confondues. Ma confiance dans l'équipe et la moto est déjà très élevée, mais même avant la saison je savais que le team et la moto avaient le potentiel pour gagner ou pour être tout le temps sur le podium. On commence ici, au Qatar, qui est une bonne piste pour Ducati, et je suis très content d'être capable d'utiliser ces points forts. S'il y a une chance de bien faire toute la saison, je vais la saisir, mais pour le moment je suis juste très content. Pour le moment, je prends ça, et peut-être que demain je réaliserai un peu plus."

Avec Basile Davoine

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