Lorenzo ne s'attendait pas à voir Rossi de retour si vite

Le Majorquin, qui a déjà épaté le MotoGP avec un retour de blessure éclair, s'est dit surpris de revoir Valentino Rossi dans le paddock seulement trois semaines après son accident d'enduro.

Jorge Lorenzo observe avec intérêt les aventures médico-sportives de son ancien coéquipier, Valentino Rossi, de retour en piste après trois semaines de convalescence pour une fracture tibia-péroné. Comme d'autres, le Majorquin s'est dit étonné de voir le vétéran du plateau de retour dans le paddock jeudi, tout sourire et la béquille à la main, prêt à prendre la piste ce vendredi matin.

"Il y a quelques jours, je ne m'y attendais pas parce qu'il est assez loin de la première place du championnat", admet Lorenzo. "Il n'a pas encore perdu le championnat, mais il lui sera très difficile, surtout après sa blessure, de récupérer autant de points."

"Je pense qu'il se dit 'Pourquoi ne pas essayer vendredi ?' Je crois qu'il a fait un test avec une moto de route et qu'il a obtenu du feedback, alors pourquoi pas. Il sera sûrement un peu plus prudent qu'en conditions normales", pressent celui qui a été le coéquipier du Docteur durant sept ans. "Il est clair qu'il se sent mieux que ce à quoi il s'attendait après sa blessure. Dans ce sport, ça n'est pas la même chose qu'être footballeur ou coureur du 100m. Je ne sais pas, c'est lui qui sent si son corps est capable de courir ou non."

"Rossi n'est pas stupide, il sait que ses chances de remporter le championnat ne sont pas très élevées, mais elles ne sont pas nulles", souligne Lorenzo, en référence aux 42 points de retard de l'Italien au championnat. "Il vient sur un circuit qui n’est en général pas le meilleur pour lui, mais il reste cinq courses, tout peut arriver. On a pu le voir à Silverstone avec la casse moteur de Marc [Márquez] et le niveau de compétitivité du championnat n'aide pas à gagner beaucoup de points, mais on n’en perd pas beaucoup non plus."

Assen 2013 ? La bonne décision pendant deux semaines

Jorge Lorenzo en connaît un rayon sur les convalescences particulièrement courtes, lui qui a créé en 2013 un précédent étourdissant. Victime d'une fracture de la clavicule lors des essais du jeudi après-midi, à Assen, il a été opéré dans les heures qui ont suivi, à Barcelone, et a fait son retour sur le TT le vendredi en fin de journée. Le samedi, il s'alignait au départ de la course et y empochait les points de la cinquième place !

Si c'était à refaire, qu'en serait-il aujourd'hui ? "Je ne sais pas. Normalement je n’aurais pas dû rouler à Assen en 2013, mais je l’ai fait. Et normalement j’ai dit que si ça arrivait de nouveau, je ne le ferais pas… mais peut-être que je le ferai si ça devait arriver à nouveau !" sourit le pilote majorquin.

Une chose est certaine : les deux cas de figure ne sont pas comparables, ni pour la nature de la blessure ni en termes d'enjeu au championnat, Lorenzo étant à l'époque à seulement sept points du leader. "On en était à la cinquième ou sixième course [septième, ndlr], je n'étais qu'à quelques points de Pedrosa, je m'en souviens. La route était encore très longue avant de finir le championnat, alors mes chances étaient théoriquement plus élevées que celles de Rossi en ce moment."

A-t-il des regrets au sujet de cet épisode ? "J’ai voulu le faire, donc je l’ai fait. Mais c’était très risqué, car si je chutais à nouveau – et c’est ce qui est arrivé deux semaines plus tard, où je me suis cassé la même clavicule –, c'était risqué. Je n’ai pas chuté à Assen mais j’ai chuté au Sachsenring. C'était la bonne décision… si tout s'était bien fini !"

Avec Michaël Duforest

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