Hyundai bientôt en WEC et aux 24H du Mans ?

La marque sud-coréenne Hyundai, déjà engagée en WRC, semblerait prête à se lancer en Endurance dans les prochaines années. Un programme qui pourrait se révéler à risque pour son avenir en rallye.

Hyundai Vision GT Gran Turismo car

Le constructeur Hyundai, actuellement présent en Championnat du Monde des Rallyes, semblerait prêt à rejoindre la catégorie Hypercar du Championnat du Monde d'Endurance et à participer aux 24 Heures du Mans, dans les trois prochaines années.

Selon Motorsport.com, la marque sud-coréenne se préparerait à développer un prototype hybride LMDh pour un programme qui devrait englober la catégorie GTP de l'IMSA SportsCar Championship. La démarche a notamment été facilitée par le prolongement de l'homologation des voitures LMDh et LMH en WEC et en IMSA jusqu'à la fin de l'année 2029, annoncé par l'Automobile Club de l'Ouest (ACO) début juin.

Des sources laissent entendre qu'une LMDh développée par Hyundai Motorsport en Allemagne pourrait commencer à courir dès 2026. Il s'agira de la dernière année de l'actuel règlement technique du WRC, dans lequel Hyundai est engagé depuis 2014.

Cyril Abiteboul, président de Hyundai Motorsport et directeur de l'équipe, n'a pas voulu confirmer qu'un programme de prototypes était en cours d'évaluation, mais seulement que la marque "explorait différentes catégories" et souhaitait "exprimer clairement son ambition" en WEC.

L'ancien patron de Renault F1 Team, qui était présent le mois dernier dans le paddock des 24 Heures du Mans, a laissé entendre qu'une annonce de Hyundai Motor Group, troisième constructeur automobile mondial en termes de ventes, dans laquelle il exposera ses plans pour le WRC et l'avenir à plus long terme, pourrait arriver en septembre.

"Il y aura une annonce en temps voulu par la personne concernée", a-t-il déclaré à Motorsport.com lors du Rallye de Pologne le week-end dernier. "Je n'ai pas dit que nous avions des choses à annoncer. La première chose que nous annoncerons, mais nous voulons le faire de manière appropriée, c'est notre plan en WRC."

Cyril Abiteboul, directeur des programmes sportifs de Hyundai.

Cyril Abiteboul, directeur des programmes sportifs de Hyundai.

Photo de: Austral / Hyundai Motorsport

Une participation en 2026 au WEC ou à l'IMSA, ou aux deux, supposerait que le développement d'un prototype Hyundai et de la composante à combustion interne de son groupe motopropulseur hybride soit déjà en cours.

Hyundai aurait identifié le constructeur français Oreca comme partenaire pour le développement de son châssis. Une LMDh doit être basée sur l'un des prototypes LMP2 de nouvelle génération encore en développement, qui devaient initialement arriver en 2023, après que les licences d'Oreca, Dallara, Multimatic et Ligier ont été prolongées, début 2020.

Oreca a déjà de l'expérience en matière de LMDh : elle a fourni le cœur de l'Acura ARX-06 et de l'Alpine A424 qui courent respectivement en IMSA et en WEC. Hyundai produira probablement le moteur LMDh en interne, comme c'est le cas pour ses moteurs de WRC.

Toujours selon les informations de Motorsport.com, Hyundai serait en contact avec l'écurie Chip Ganassi Racing, qui se séparera de Cadillac à la fin de la campagne 2024 de WEC. Ganassi possède une base en Allemagne, d'où l'équipe gère le programme d'Endurance, et un accord avec le géant américain de la course automobile permettrait à Hyundai de participer à deux séries différentes avec la même équipe, en WEC et en IMSA.

La marque sud-coréenne est depuis longtemps intéressée par une entrée dans l'arène des voitures de sport, éventuellement sous la bannière de sa marque de luxe, Genesis. Elle a également participé à certains comités techniques de la FIA, notamment celui qui étudie l'introduction de l'hydrogène en WEC, actuellement prévu pour 2028.

Hyundai souhaiterait réellement emprunter la voie de l'hydrogène en WEC et au Mans. La marque n'est pas inconnue dans le domaine, puisqu'elle produit depuis 2018 une voiture à pile à combustible, le SUV Nexo. Il semblerait qu'une LMDh à carburant conventionnel permettrait un passage futur à l'hydrogène pour Hyundai, à la suite de la révision du règlement WEC/IMSA prévue en 2030.

Quelles conséquences pour le programme WRC ?

Ott Tänak en WRC avec la Hyundai.

Ott Tänak en WRC avec la Hyundai.

Photo de: Austral / Hyundai Motorsport

Il n'est pas certain qu'un engagement de Hyundai en Endurance affecterait son avenir en WRC. Cependant, les discussions sur un éventuel programme WEC ont fait naître des rumeurs dans le parc d'assistance du Rallye de Pologne, selon lesquelles Hyundai pourrait quitter le Championnat du monde des Rallyes.

Toutefois, compte tenu de sa capacité dans le domaine automobile, la marque pourrait être en capacité d'aligner des programmes en WEC et en WRC. Si Hyundai choisissait de quitter le Rallye, une sortie avant 2026 - qui se trouve être la dernière année de la réglementation actuelle - semblerait étrange pour plusieurs raisons.

L'engagement de Hyundai en WRC a été souligné plus tôt cette année par un projet d'homologation d'une nouvelle i20 N Rally1, qui devait être introduite l'année prochaine. Ce projet a été interrompu en raison de l'incertitude des règles techniques du WRC : la FIA avait proposé des changements pour l'année prochaine, contre lesquels les constructeurs s'étaient fermement opposés. L'instance du sport automobile a finalement accepté que la réglementation reste en place jusqu'à fin 2026, ce qui permettra à ce qui a pu être sauvé du projet de nouvelle i20 N, d'être mis en œuvre l'année prochaine grâce à l'utilisation de jokers d'homologation.

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Depuis qu'il a rejoint Hyundai, Cyril Abiteboul a joué un rôle clé dans l'introduction de changements au sein du WRC, afin d'en améliorer l'attrait et permettre un retour sur investissement pour les constructeurs. Cette année, la FIA et le promoteur du WRC ont dévoilé leur vision pour l'avenir de la série, qui comprend plusieurs initiatives visant à améliorer les bases du championnat et sa promotion.

Interrogé sur l'avenir de Hyundai après la marche arrière de la FIA au sujet de la réglementation 2025, Abiteboul a déclaré : "Nous allons continuer à mettre en œuvre notre plan pour cette année et l'année prochaine et nous concentrer sur le travail à plus long terme, c'est-à-dire en 2027. Nous souhaitons vraiment comprendre l'orientation de la discipline d'un point de vue commercial et technologique afin de voir à quoi cela ressemblerait pour nous. Évidemment, je ne nierai pas qu'après avoir poussé pour aller dans cette direction, il serait étrange que nous ne maintenions pas notre engagement dans la discipline."

La FIA prévoit de dévoiler en décembre le nouveau règlement technique pour 2027 et au-delà, espérant qu'ils apportera stabilité et pertinence, non seulement pour conserver les constructeurs actuels, mais aussi pour en attirer de nouveaux.

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