Audi abordera le Dakar "au jour le jour"

Directeur du développement chez Audi Sport, Stefan Dreyer évoque le défi relevé avec le RS Q e-tron. "Le projet le plus difficile sur lequel j'ai jamais travaillé", assure-t-il.

Audi abordera le Dakar "au jour le jour"

Après des mois de développement et des semaines d'essais, Audi s'attaque ce week-end à son premier Dakar avec un véhicule hybride électrique. Le RS Q e-tron est propulsé par deux moteurs électriques, associés à un moteur à combustion qui fait office de générateur. À son volant, ils seront trois à se lancer sur le périlleux parcours saoudien de cette édition 2022 : le recordman des victoires et tenant du titre Stéphane Peterhansel, le triple vainqueur Carlos Sainz, et Mattias Ekström.

L'objectif de la marque aux anneaux est, à terme, de gagner avec ce nouveau projet, mais y parvenir dès la première tiendrait à coup sûr de l'exploit. Directeur du développement d'Audi Sport, Stefan Dreyer revient sur ce défi titanesque dans un entretien accordé à Motorsport.com.


Quels défis comporte la conception d'une auto comme celle-ci pour le Dakar ?

Le plus gros défi, c'est que nous voulions faire quelque chose de nouveau, quelque chose qui façonnera également l'avenir du sport automobile et prouvera que l'on peut disputer une course longue distance avec un groupe propulseur alternatif. Mais le plus gros défi, c'est de le faire en un an. Le développement d'une voiture comme celle-ci est très complexe, surtout en temps de pandémie.

Franchement, c'est le projet le plus difficile sur lequel j'ai jamais travaillé, et je suis chez Audi Sport depuis 1999, donc j'ai un peu tout vu. Et je dois dire que l'équipe a fait un travail incroyable. C'était un grand moment pour moi lorsque nous sommes arrivés ici [à Djeddah] et que les voitures étaient là. Il y avait beaucoup de joie et beaucoup de fierté. Pour toute l'équipe : les ingénieurs, les mécaniciens, les pilotes…

Quels ont été les problèmes majeurs rencontrés avec le projet ?

C'était difficile… Nous avons commencé les essais au Maroc en milieu d'année et, sincèrement, nous n'étions pas prêts. On peut dire que nous avons rencontré un large éventail de problèmes !

C'est un projet pour gagner mais qui n'en est qu'à ses débuts. Quand Audi gagnera-t-il le Dakar ?

Nous venons sur le Dakar avec un grand respect mais au final, nous faisons des courses pour relever des défis et gagner. Mais pour être réaliste, la meilleure chose à faire est de débuter la course, d'avancer au jour le jour, étape par étape, vers notre objectif, qui est toujours de gagner.

À quel point la présence de deux pilotes expérimentés comme Sainz et Peterhansel a-t-elle aidé l'équipe ?

Incroyable. Totalement incroyable. À chaque fois qu'ils parlent, je les écoute très attentivement, parce que sont des légendes, des pilotes très expérimentés. Dans le cas de Carlos, à chaque fois qu'il arrive et ouvre la porte, il décrit tout très bien : le comportement de la voiture, les problèmes… Il est très expérimenté, mais son niveau d'investissement et de professionnalisme est aussi très élevé.

Concernant toute cette technologie, comment est-elle transférée ensuite aux autos que l'on conduit tous les jours ?

Tout ce que nous faisons chez Audi Sport, peu importe le programme de compétition, est en contact étroit avec le département des voitures de série. Ce n'est pas tant qu'une pièce utilisée dans une voiture de course va se retrouver sur une voiture de route, mais plutôt le fait que nous travaillons ensemble sur le processus et que nous transmettons l'expérience et la technologie.

Propos recueillis par Javier Llorente

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