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Magazine

Les 4 plus beaux Grands Prix de Sebastian Vettel en F1

En fin de saison 2022, Sebastian Vettel a mis un point final à une magnifique carrière de 299 Grands Prix en Formule 1. La rédaction de Motorsport.com en a retenu quatre pour établir la liste des plus belles prestations du quadruple Champion du monde.

Victoire pour Sebastian Vettel, Ferrari

Grand Prix d'Italie 2008

Aurélien Attard

Le 14 septembre 2008 est une date ô combien importante dans la carrière de Sebastian Vettel, puisqu'il a remporté ce jour-là sa première victoire en Formule 1. Le premier succès d'un pilote est toujours marquant, et nous avons été gâtés de ce côté-là en 2008 avec les (uniques) victoires de Robert Kubica au GP du Canada et Heikki Kovalainen au GP de Hongrie. Mais le triomphe de Vettel au GP d'Italie éclipse totalement celui de ses deux adversaires.

D'une part, Kubica et Kovalainen ont gagné en raison d'heureux faits de course, ce qui n'a pas été le cas de Vettel. De l'autre, les deux hommes étaient au volant de machines compétitives, en mesure de se battre pour des victoires. Vettel, lui, n'avait qu'une modeste Toro Rosso. Et c'est cela même qui rend la victoire de l'Allemand encore plus belle. Cela demande un sacré coup de volant pour faire briller l'équipe qui s'appelait autrefois Minardi, mais il faut être un pilote extraordinaire pour réussir à gagner dans ce genre de machine.

Déjà impressionnant sous la pluie au Japon et en Chine l'année d'avant, Vettel a confirmé qu'il méritait amplement le surnom Baby Schumi en naviguant sur les eaux de Monza comme un vrai Regenmeister. Et comme son idole, l'Allemand s'est montré dominateur en course en ne laissant aussi espoir de succès à ses rivaux. Une recette qui s'est répétée 52 fois.

L'on promettait un bel avenir à Vettel bien avant le GP d'Italie 2008, mais ce jour-là, sous le ciel gris de Monza, une star est née et elle a explosé aux yeux du monde comme peu de pilotes l'ont fait.

Sebastian Vettel célèbre sa victoire à Monza en 2008.

Sebastian Vettel célèbre sa victoire à Monza en 2008.

Grand Prix du Brésil 2012

Benjamin Vinel

La saison 2012 a été un classique dans l'Histoire de la Formule 1. Sept vainqueurs différents lors des sept premiers Grands Prix ; une prise de pouvoir de Fernando Alonso à l'été, au volant d'une Ferrari qui était loin d'être la meilleure monoplace du plateau ; une remontée de Sebastian Vettel à l'automne, le pilote Red Bull rattrapant un déficit de 42 points à la trêve pour aborder le dernier Grand Prix avec 13 longueurs d'avance sur son rival.

À Interlagos, les McLaren ont signé un doublé en qualifications avec Lewis Hamilton devant Jenson Button, Sebastian Vettel ne prenant que la quatrième place sur la grille aux côtés de son coéquipier Mark Webber. Fernando Alonso, lui, était seulement septième. Le double Champion du monde en titre était donc idéalement placé pour remporter une troisième couronne, mais la pluie est venue perturber les festivités, avec un départ en pneus slicks sur une piste légèrement humide.

Vettel a manqué son envol et a chuté au septième rang à la sortie du S de Senna, Alonso grimpant pour sa part à la cinquième place. Or, l'Allemand a été percuté par la Williams de Bruno Senna au virage suivant, et s'est retrouvé 22e avec une carrosserie fortement endommagée ; il n'avait toutefois que 13 secondes de retard sur le leader Hamilton à la fin du premier tour et a pu entamer une remontée fantastique.

Karthikeyan, Pic, De la Rosa, Glock, Vergne, Kovalainen, Petrov, Ricciardo, Rosberg, Di Resta : ces dix pilotes, Vettel les a doublés en l'espace de sept tours, déjà remonté au sixième rang grâce, également, à trois pilotes passés au stand, à deux accidents et à un tête-à-queue de Webber. Alonso avait beau être désormais quatrième, c'était insuffisant pour combler son retard ; pire, même avec sa monoplace abîmée, Vettel restait très compétitif par rapport à lui !

Aux avant-postes, contre toute attente, c'est Nico Hülkenberg qui a longtemps pris les devants avant de s'accrocher avec Lewis Hamilton, permettant à Jenson Button d'hériter de la tête de l'épreuve. Ce scénario était favorable à Alonso, qui a enfin intégré le top 3 dont il avait besoin pour avoir la moindre chance d'être couronné, mais sa deuxième place à l'arrivée n'a pas suffi. Malgré un cafouillage de Red Bull dans les conditions changeantes avec deux arrêts au stand à deux tours d'intervalle pour Vettel, ce dernier a pris la sixième position a l'arrivée et a été sacré avec trois points d'avance.

Sebastian Vettel à la lutte avec Lewis Hamilton.

Sebastian Vettel à la lutte avec Lewis Hamilton.

Grand Prix de Singapour 2013

Fabien Gaillard

Si les quatre titres de Vettel avec Red Bull ont, rétrospectivement, donné l’impression qu’il s’agissait d’une domination nette, les couronnes n’ont pas toutes été conquises aisément. Mais il est clair que la seconde partie d’année 2013 tombait dans cette catégorie. Et, parmi les neuf succès de rang enchaînés par l’Allemand et l’écurie autrichienne, Singapour se situe dans un monde à part. Rarement homme et machine n’ont semblé faire qu’un à ce point.

A peine inquiété par Nico Rosberg au départ, Vettel a par la suite vite contrôlé la course, concassant toute velléité de concurrence en comptant déjà quasiment deux secondes d’avance au terme du premier tour, puis six secondes après quatre boucles. Il faut dire que la RB9 était une sacrée monoplace qui s’adaptait parfaitement au style de son pilote et faisait merveille sur ce tracé comptant 23 virages.

Dans son style caractéristique de gestion de course de l’époque, Vettel n’a toutefois pas poussé à plein une fois cet avantage creusé. Au moment de son premier arrêt, au 17e tour, il ressortait avec neuf secondes d’avance sur Rosberg. L’écart continuera à se creuser, mais à un rythme bien moins effréné. Surviendra alors l’événement qui va transformer cette promenade en vrai chef d’œuvre : l’accident de Daniel Ricciardo au 24e tour sous le stadium.

La voiture de sécurité entrée en piste a resserré les écarts, et ni les Red Bull ni les Mercedes ne repassèrent par les stands. Quand les fauves furent à nouveau lâchés au 31e passage, Vettel devait impérativement effectuer un second arrêt alors que, derrière lui, Fernando Alonso et Ferrari s’étaient assurés de ne plus avoir à le faire. Le risque était donc pour celui qui était alors triple Champion du monde de perdre les commandes : il fallait alors prendre le maximum d’avance possible avec un train de pneus déjà usé. Le rythme allait toutefois être proprement implacable.

En une dizaine de tours, Vettel creusa un écart de 30 secondes sur son plus proche poursuivant en alignant des tours de qualifications dans un style rappelant celui de Michael Schumacher. Il put s’arrêter et repartir avec trois secondes d’avance sur Alonso, avec des pneus plus performants et frais. Au moment de franchir la ligne d’arrivée vingt tours plus tard, malgré le Safety Car et son arrêt supplémentaire, son avance fut de 32 secondes sur Alonso. Un gouffre, une claque et sans doute l’une des performances majeures de l’ère Vettel/Red Bull.

Sebastian Vettel en tête du Grand Prix de Singapour.

Sebastian Vettel en tête du Grand Prix de Singapour.

Grand Prix de Malaisie 2015

Basile Davoine

Quand Sebastian Vettel quitte Red Bull fin 2014, c'est la fin d'un règne et l'Allemand est un pilote désabusé par un changement de réglementation et une monture qu'il n'a pas réussi à apprivoiser. Sa signature chez Ferrari ouvre une nouvelle page pleine de fraîcheur, qui va permettre de découvrir aussi sa personnalité dans un environnement différent de celui propre à Red Bull. Les histoires d'amour finissent mal, en général... mais elle a débuté par une belle lune de miel entre Vettel et la Scuderia.

Après un premier podium en Australie, le quadruple Champion du monde trouve très vite la clé du succès sous les couleurs rouges. La prestation de Sepang est alors quasi parfaite et donne presque le sentiment – à tort – que Ferrari s'est déjà relevée de sa pénible saison 2014 et tourné la page Fernando Alonso pour se hisser au niveau de Mercedes. Ce sera en réalité plus compliqué mais ce 29 mars 2015, nombreux sont ceux qui y ont cru.

Parti en première ligne, Vettel s'offre le scalp des Mercedes de Lewis Hamilton et Nico Rosberg au terme d'une course toujours éprouvante mais gérée de main de maître par son équipe. La Scuderia renoue alors avec un succès qui la fuyait depuis 2013... tout comme son nouveau chouchou. Le rythme affiché par la SF15-T laisse entrevoir les plus belles promesses, magnifié par une parfaite gestion pneumatique et une stratégie impeccable. Au total, 13 autres victoires suivront pour le tandem Vettel-Ferrari... mais aucun titre mondial.

Sebastian Vettel franchit la ligne d'arrivée en vainqueur.

Sebastian Vettel franchit la ligne d'arrivée en vainqueur.

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