Abiteboul : Les problèmes de Renault sont "frustrants et inacceptables"

Cyril Abiteboul prend la parole avec fermeté suite au double abandon de Renault lors du Grand Prix de Bahreïn. Plus que jamais, la fiabilité est au cœur du sujet.

Abiteboul : Les problèmes de Renault sont "frustrants et inacceptables"

C'était une première depuis le Grand Prix de France 2003, à l'époque avec Fernando Alonso et Jarno Trulli : les deux Renault terrassées par des défaillances liées au groupe propulseur, Daniel Ricciardo trahi par son MGU-K alors que Nico Hülkenberg a subi un problème pour l'heure indéfini. Coïncidence, les deux hommes se sont immobilisés au même endroit dans le même tour !

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Pour le directeur d'équipe Cyril Abiteboul, cette situation n'est pas tolérable – d'autant que Hülkenberg et Ricciardo étaient sixième et dixième lorsqu'ils ont été contraints à l'abandon, à quelques tours du drapeau à damier. Ils auraient donc pu marquer neuf points et hisser le Losange au quatrième rang du championnat. Or, le sujet que représente le manque de fiabilité des unités de puissance Renault n'est pas récent.

"Comme à Melbourne, nos qualifications à Bahreïn ont été fortement compromises par des problèmes électroniques mineurs affectant les deux voitures", commente Cyril Abiteboul. "Aujourd'hui [dimanche, ndlr], notre course s’est brutalement arrêtée si près de l’arrivée."

"Nous avons déjà rencontré ces soucis, mais nous n’avons pas été en mesure de les corriger à Bahreïn. Ces problèmes sont de plus en plus frustrants et inacceptables dans la mesure où les deux monoplaces ont fait preuve d’une excellente compétitivité, tant sur un tour qu’en course. Nous devons réagir et concentrer notre attention sur la fiabilité."

Cyril Abiteboul, directeur général Renault F1 Team

Hülkenberg et Ricciardo, contre mauvaise fortune bon cœur

La frustration est d'autant plus grande que Renault a en effet démontré un potentiel intéressant lors de cette course. Non seulement les deux pilotes étaient dans les points, mais le déficit par rapport au leader était moindre qu'au Grand Prix de Bahreïn 2018 : 64 secondes pour Hülkenberg au 53e tour (juste avant son abandon) contre 85 secondes l'an passé au même stade de la course.

"Du côté positif, nous avions un bon rythme dans la voiture, même si les problèmes rencontrés en qualifications comme en course nous ont empêchés d'obtenir d'excellents résultats", confirme l'Allemand. "J'ai toujours pensé que nous étions dans la bataille. Peut-être que Haas est parfois un peu plus rapide, mais nous sommes au niveau, plus ou moins."

"C'est très serré. Cela dépend probablement un peu des circuits, mais j'ai toujours pensé que nous n'étions pas loin d'eux, et même pas loin de mener le milieu de tableau. Comme on l'a vu, McLaren n'était pas loin derrière et Alfa [Romeo] était là aussi ; ce sont donc les petites choses qui font la différence. Nous sommes certainement en bonne position mais devons continuer à développer et à améliorer cette voiture pour y rester."

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De son côté, Ricciardo a pu mener la course pendant quelques secondes grâce à une audacieuse stratégie à un arrêt. Poursuivant son adaptation et son intégration à son nouvel environnement, le pilote Renault demeure convaincu que le meilleur reste à venir.

"Dans le premier relais, j'étais assez surpris que nous dépassions quelques voitures, la sensation n'était pas particulièrement géniale", indique l'Australien, qui s'est alors défait de Kimi Räikkönen et de Kevin Magnussen. "Mais par rapport à nos concurrents, on dirait que nous sommes plutôt en forme, et je sens qu'il est possible de faire bien mieux."

"J'ai davantage d'expérience désormais [chez Renault], donc je sais qu'il est possible de faire bien mieux, et j'espère que nous y parviendrons bientôt. En tout cas, je ressens plus de confiance dans la voiture."

Propos recueillis par Jonathan Noble

Nico Hulkenberg, Renault R.S. 19, devant Daniel Ricciardo, Renault R.S.19

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