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Pourquoi les qualifications restent le point noir de Toprak Razgatlioglu

Après ses six premiers Grands Prix MotoGP, une faiblesse perdure chez Toprak Razgatlioglu, qui peine à se qualifier assez haut pour se porter vers les avant-postes.

Toprak Razgatlioglu, Pramac Racing

Photo de : Burak Akbulut/Anadolu via Getty Images

Toprak Razgatlioglu poursuit son adaptation au MotoGP, et il y parvient plutôt bien si l'on en juge par ses deux entrées dans les points en l'espace de six Grands Prix, au guidon d'une Yamaha indéniablement plus faible que les autres motos. Le Turc fait régulièrement jeu égal avec Álex Rins et Jack Miller, bien plus expérimentés que lui dans le championnat, bien qu'il n'ait d'yeux que pour Fabio Quartararo et s'abreuve de ses données pour tenter d'élever son niveau de jeu.

Cependant, au bout de six Grands Prix, un constat s'impose : il doit à présent se concentrer sur l'amélioration de ses qualifications. Le GP du Brésil, son deuxième en MotoGP, lui a offert une opportunité en or avec la pluie venue troubler la séance permettant de se qualifier d'office pour la Q2 : cela lui avait permis d'accéder à la 12e place en qualifications. Le reste du temps, la moyenne de Razgatlioglu sur la grille a été de 19,2. Or il ne peut que constater qu'il s'agit d'un frein majeur pour les courses, où il lui est très difficile de se rapprocher des avant-postes.

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On le sait, parmi les éléments qui font la singularité du MotoGP par rapport au WorldSBK, ce sont les pneus qui posent le plus de difficulté au pilote Pramac Racing, habitué jusqu'ici à courir avec des gommes Pirelli. Après le rendez-vous de Barcelone, dont le Grand Prix a été suivi par une demi-journée de test, il constatait ses progrès avec les gommes medium mais admettait peiner encore à bien exploiter les soft, indispensables pour les qualifications et les courses sprints.

"Je suis content parce qu'on a beaucoup progressé, en particulier avec le pneu medium", se félicitait Toprak Razgatlioglu après le test de Barcelone. "On a vraiment fait un gros pas en avant, surtout en entrée de virage, et je sens que la moto tourne un peu mieux. L'accélération est plus facile aussi parce qu'étant donné que la moto tourne [mieux], je la redresse plus tôt."

"C'est bien, j'ai fait des chronos réguliers, en 1'40"0-1'40"1, avec le pneu medium et en roulant seul. Je n'ai suivi personne, sinon j'aurais pu faire 1'39"7 peut-être. Par contre, quand j'ai monté le pneu soft pour faire un meilleur chrono, j'ai refait les mêmes temps."

"Parce que le plus gros problème avec le pneu soft, c'est qu'il y a plus de grip et qu'il pousse [sur l'avant]. Mais je ne maintiens pas la vitesse de passage que j'ai avec le medium. J'ai regardé les données de Fabio avec le pneu tendre, et il a plus de vitesse dans les virages. J'essaye, mais c'est très difficile pour le moment."

Les résultats de Toprak Razgatlioglu après 6 GP

Circuit
Position
de départ
Retard
en Q1/Q2
Résultat sprint
Résultat
GP
Buriram
21
+1"381
20
17
Goiânia
12
+1"012
18
17
Austin
17
+0"768
Ab.
15
Jerez
19
+1"958
Ab.
19
Le Mans
16
+1"131
14
13
Barcelone
22
+4"395
17
18

Toprak Razgatlioglu estime que ses difficultés avec les pneus tendres découlent finalement de sa mémoire musculaire, encore empreinte de sa longue expérience avec les dérivées de la série. Ce problème pourrait même être exacerbé sur les circuits européens, qui constituent l'essentiel du calendrier du WorldSBK. Il a en tout cas bien conscience qu'il doit changer son pilotage.

"Mon chef mécanicien me dit une chose qui est vraie, c'est que quand je mets le pneu soft, mon esprit change immédiatement et je pilote avec un style plus typé Superbike", admettait-il à Barcelone. "Je cherche toujours le grip en sortie de virage. Avec les pneus Michelin, on a besoin de vitesse de passage et d'ouvrir doucement les gaz, mais je pilote à l'opposé : je tourne, je redresse la moto et j'ouvre les gaz plus fort parce que j'essaye de prendre de l'accélération."

"Il faut que je change un peu mon pilotage pour le pneu soft, parce que c'est très important en qualifications. Si on fait un bon chrono, on part devant et on se maintient avec le groupe de tête. Mais si on part derrière, ça n'est pas facile de remonter. C'est très difficile, et j'ai compris ça aussi ce week-end."

Toprak Razgatlioglu, Pramac Racing

Toprak Razgatlioglu a du mal à extraire la performance maximale du pneu tendre.

Photo de : Burak Akbulut / Anadolu via Getty Images

"Et je suis content avec le pneu medium parce que je suis très proche des autres Yamaha. Je suis content de mon rythme aussi. Mais il faut qu'on progresse avec le pneu tendre, parce que les qualifications sont très importantes. Il faut qu'on parte vers l'avant", a insisté le pilote turc, qui se trouve la plupart du temps en sixième ou septième ligne.

"Fabio fait du très bon travail avec le pneu soft sur un ou deux tours, et il maintient aussi sa vitesse en course parce qu'il est dans le groupe de tête. J'ai besoin d'apprendre le style de pilotage à avoir avec le pneu soft. Parfois, j'oublie de maintenir la vitesse dans les virages avec le pneu soft. Avec le medium, tout va bien, mais avec le soft c'est difficile."

Toprak Razgatlioglu tentera de mettre en pratique les enseignements du test de Barcelone dès cette semaine lors du GP d'Italie. "J'espère garder cette performance au Mugello, parce qu'il faut une bonne vitesse de passage sur ce circuit. Il n'y a pas besoin de gros freinages, il faut juste de la vitesse de passage."

"Fabio y est toujours très fort. Il va falloir que je le suive dès la première séance… Il faudrait peut-être passer un deal avec lui !", plaisantait-il (ou peut-être pas) en quittant Barcelone.

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