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Razgatlioglu a vécu un de ses GP les plus durs en MotoGP

Le circuit de Barcelone a placé Toprak Razgatlioglu face à un véritable casse-tête, lui qui peine toujours à bien saisir le fonctionnement des pneus Michelin et à adapter son pilotage aux exigences du MotoGP.

Toprak Razgatlioglu, Pramac Racing

Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images

Toprak Razgatlioglu a vécu à Barcelone l'un de ses week-ends les plus éprouvants depuis son arrivée en MotoGP. Avant même le choc qu'il a ressenti dimanche à la vue des deux gros accidents ayant impliqué Álex Márquez puis Johann Zarco, le pilote turc a été confronté à de grosses difficultés avec la piste, qu'il a immédiatement mises sur le compte des pneus.

Car le triple champion du monde Superbike connaît Barcelone, pour y avoir déjà couru et gagné. La singularité de l'asphalte de ce circuit ne lui est donc pas inconnue, en revanche il n'avait, a-t-il expliqué, jamais ressenti un tel manque d'adhérence lorsqu'il courait avec des pneus Pirelli.

Après le sprint, Razgatlioglu admettait déjà que ce week-end s'inscrivait parmi les plus difficiles pour lui à ce stade de sa courte carrière en MotoGP. "Le Brésil et ici, oui", a-t-il confirmé. "J'ai été vraiment choqué dans les EL1, parce que le grip est… Il n'y a pas de grip ! C'est très étrange."

"Dans ma vie, c'est la première fois que je vois un grip aussi faible. Avec les pneus Pirelli, c'est très difficile ici, mais je n'avais jamais vu ça. Dans la première séance, je suis rentré au stand au bout de quatre ou cinq minutes, et j'ai dit : 'Qu'est-ce qui se passe ? On a un problème de pneu ?'. Ils m'ont dit que non, que c'était [comme ça]."

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Dernier des essais d'ouverture, le pilote Pramac a légèrement progressé dans la hiérarchie mais sans jamais descendre à moins de huit dixièmes de retard sur le leader. Une chute en qualifications a compliqué un peu plus encore son week-end, le reléguant à la dernière place sur la grille de départ.

Lors de la course sprint, il n'a réussi à dépasser que la wild-card Augusto Fernández, le laissant plutôt dépité. "Je ne m'attendais pas à ça. Je n'ai pas réussi à passer Fernández et Viñales dans les premiers tours, et je n'ai fait que les suivre. Ça n'a pas été une bonne course pour moi. Je vois que toutes les Yamaha ont beaucoup perdu à la fin, mais si j'avais gagné quelques places au début, j'aurais peut-être mieux piloté."

Fidèle à ce qu'il montre depuis son arrivée, Razgatlioglu ne cachait pas l'impact moral de cette première course du week-end : "Hier, je me suis beaucoup amélioré quand j'ai suivi Fabio [Quartararo]. J'ai gagné directement plus d'une seconde, et j'en étais content et motivé. Mais j'ai fait une erreur en qualifications, […] j'ai été surpris car je ne m'attendais pas à cette chute, et ensuite j'ai perdu la dynamique."

Toprak Razgatlioglu, Pramac Racing

Toprak Razgatlioglu a été très surpris dès les premiers essais.

Photo de : Burak Akbulut / Anadolu via Getty Images

Le pilote Pramac s'inquiétait surtout de ce qui l'attendait pour la course principale, initialement prévue sur 24 tours. "Il faudra voir comment gérer les pneus, parce qu'au bout de deux tours, j'ai déjà eu une grosse dégradation avec ce pneu", notait-il après le sprint, fait avec la gomme arrière soft.

La course longue, bien que scindée en deux et très perturbée par les accidents, a laissé le même sentiment à Toprak Razgatlioglu, toujours autant en délicatesse avec ses pneus et avec l'approche des virages. Parti avec le medium, il est finalement repassé au soft lors du restart.

"Il faut qu'on arrive à mieux faire tourner la moto et qu'on gagne en grip arrière, parce que je perds beaucoup", décrivait-il alors. "Je me suis un peu amélioré dans les freinages, mais j'ai un énorme retard au toucher de gaz. Je vois que les autres pilotes Yamaha prennent plus de vitesse, alors que moi, je ne fais que patiner et la moto tourne moins. Je ne comprends pas pourquoi."

"Dans la course, on a beaucoup perdu à cause de ça. J'ouvre les gaz dans les virages, et je ne fais qu'attendre parce que la moto ne tourne pas. Eux, ils commencent à accélérer avant de redresser la moto et ils se mettent à prendre de la vitesse, mais moi j'attends avant de mettre les gaz. Ça, c'est très difficile."

Le casse-tête de pneus qu'il ne comprend pas

Et puis, il y a la question de son pilotage naturel qui revient immanquablement avec Toprak Razgatlioglu, un pilotage construit avec des dérivées de la série et qu'il sent bridé pour le moment avec sa MotoGP. "J'essaye, mais ça ne fonctionne pas avec ces pneus", déplorait-il dans le week-end.

"Avec ces pneus, il y a cet écart [de performance] : ici, le pneu fonctionne, mais là, il ne fonctionne pas, il ne fait que patiner et la moto ne s'arrête pas. C'est très difficile à gérer. Fabio et les autres pilotes Yamaha, ils connaissent les pneus, ils savent comment ils fonctionnent et dans quelle fenêtre. Moi, je suis encore en train d'essayer de le comprendre. On a fait cinq week-ends de course et je ne comprends toujours pas. Ça me met en colère."

Toprak Razgatlioglu, Pramac Racing

Pas de points pour Toprak Razgatlioglu à Barcelone.

Photo de : Eric Alonso / Getty Images

"Mais il y a aussi le fait que cette piste est très difficile. Dans la première séance, j'ai été vraiment surpris. Je sais que les pneus Pirelli ont une grosse dégradation ici, c'est le pire circuit pour eux, mais là, il n'y avait juste aucun grip dès le début. Avec les Pirelli, on a plus d'adhérence au début et, si on gère bien, on en a plus aussi à la fin. Là, on n'a pas de grip au début et c'est encore pire à la fin."

"C'est très difficile. J'essaye de m'adapter mais c'est pour tout le monde pareil, il n'y a pas que moi. Et j'essaye de trouver comment piloter avec Fabio et les autres pilotes Yamaha, parce que les autres marques sont plus fortes."

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Le test réalisé lundi a aussi permis à Toprak Razgatlioglu de se pencher plus en détail sur son utilisation des gommes soft et medium, avec une volonté de travailler sur son pilotage.

"Mon chef mécanicien me dit une chose qui est vraie, c'est que quand je mets le pneu soft, mon esprit change immédiatement et je pilote avec un style plus typé Superbike. Je cherche toujours le grip en sortie de virage", admettait-il. "Avec les pneus Michelin, on a besoin de vitesse de passage et d'ouvrir doucement les gaz, mais je pilote à l'opposé : je tourne, je redresse la moto et j'ouvre les gaz plus fort parce que j'essaye de prendre de l'accélération."

"Il faut que je change un peu mon pilotage pour le pneu soft, parce que c'est très important en qualifications. Si on fait un bon chrono, on part devant et on se maintient avec le groupe de tête. Mais si on part derrière, ça n'est pas facile de remonter. C'est très difficile, et j'ai compris ça aussi ce week-end", ajoutait le pilote turc, arrivant au bout de quatre jours d'intense labeur. Et il voyait une lueur d'espoir en quittant Barcelone : "Aujourd'hui, je pilote beaucoup mieux… mais c'est trop tard !"

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