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Alpine explique le raisonnement derrière le basculement des ressources

Quand basculer ses ressources sur 2024 ? C'est l'épineuse question à laquelle les écuries de F1 doivent répondre alors que l'on arrive à la mi-campagne 2023. Chez Alpine, ce sont sans doute les restrictions aéro qui feront la différence.

Pierre Gasly, Alpine A523

À l'approche de la mi-saison et de la trêve estivale, les écuries de F1 analysent plus que jamais le moment où faire basculer la majorité de leurs ressources humaines, matérielles et financières vers l'année suivante. C'était déjà le cas avant 2021, en particulier pour celles dont les moyens étaient très limités, mais c'est désormais une réalité pressante pour l'ensemble du peloton sous le plafond budgétaire.

Mais comme l'explique Otmar Szafnauer, le directeur d'Alpine, aussi important qu'est ce paramètre, il y en a d'autres qui entrent en ligne de compte sur la question de savoir quand stopper le développement de la F1 actuelle pour aller vers le travail sur la future monoplace : "Du point de vue du plafond budgétaire, nous disposons d'une marge de manœuvre."

"Du point de vue des ATR [les restrictions des essais aérodynamiques], c'est là que nous devons décider du compromis à faire entre la voiture 2024 et la voiture 2023. Et cela devra être une décision stratégique quant à ce que nous continuerons à faire. Mais au moment où l'on se parle, la plupart de nos efforts portent encore sur la voiture 2023, et non sur la voiture 2024."

Toutefois, quand bien même ces préoccupations ne déborderaient pas sur le travail au quotidien, Szafnauer rappelle une donnée de base : il faut avoir la capacité, une fois un concept trouvé, de pouvoir l'apporter sur la piste suffisamment rapidement pour que ce soit utile. "On finit par manquer de temps", ajoute l'Américain.

Esteban Ocon à Silverstone.

Esteban Ocon à Silverstone.

"Il y a un temps limité entre le moment où l'on trouve l'idée géniale en soufflerie et le moment où elle est introduite sur la voiture. Donc, si l'on dit que la dernière course a lieu fin novembre, on regarde huit semaines en arrière et on doit alors se dire : 'Oh, voilà mon idée géniale'. Je peux l'introduire pour une course. Cela en vaut-il la peine ? Cette unique course ne vous apportera rien."

"Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi vous arrêtez le développement, parce que quel que soit le développement auquel vous parvenez, il sera appliqué à la voiture à Noël, lorsque vous aurez arrêté de courir. Et lorsque vous reprenez la compétition, il devient évident qu'il faut commencer à développer."

"Plus vous pouvez fabriquer ces pièces rapidement, plus vous pouvez pousser le développement loin. Si vous avez une ou deux semaines d'avance sur vos concurrents pour la fabrication des planchers, par exemple huit semaines au lieu de dix, ou six semaines au lieu de huit, vous pouvez repousser l'échéance de quelques semaines. Vous pouvez donc procéder à quelques itérations supplémentaires."

À la question de savoir quand débute ce compromis, il répond : "En général, nous commençons à nous pencher dessus au moment de la trêve. Pour l'instant, nous en sommes encore à la voiture 2023. Au sortir de la pause, on a le temps de voir ce qu'il en sera. Il peut donc être intéressant de faire un gros package pour les trois dernières courses. Mais si nous sommes à la mi-septembre et que nous ajoutons quelques mois, cela n'en vaudra pas la peine."

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Avec Adam Cooper

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