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La F1 a-t-elle les épaules pour surmonter la crise de 2020 ?

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La F1 a-t-elle les épaules pour surmonter la crise de 2020 ?
Par :
5 avr. 2020 à 11:00

Il ne fait aucun doute que la Formule 1 connaîtra des difficultés financières en 2020, mais peut-elle survivre, y compris dans le pire scénario qui consisterait en une saison entièrement annulée ?

Pour l'instant, c'est une question purement théorique car officiellement, il reste 14 Grands Prix au calendrier. Six autres – toutes les courses annulées ou reportées à l'exception de Monaco et de l'Australie – sont dans l'attente d'une nouvelle date éventuelle. Lors de sa dernière prise de parole à ce jour, Chase Carey, le patron de la F1, a laissé entendre qu'il pourrait y avoir une saison de 15 à 18 Grands Prix. Le temps passant, cela paraît de moins en moins réaliste, avec un début de championnat potentiel de plus en plus tardif.

Pas besoin d'être un analyste financier de Wall Street pour comprendre la situation difficile vers laquelle se dirige la F1. La quasi-totalité de ses revenus contractuels dépendent d'un facteur évident : que plusieurs Grands Prix se déroulent. Ces revenus se sont élevés à 2022 millions de dollars en 2019. La majeure partie des recettes provient de trois sources principales, à savoir les droits pour accueillir un Grand Prix (30%), les droits TV (38%) et le sponsoring (15%). Les autres revenus incluent ce qui provient du Paddock Club et des championnats de Formule 2 et Formule 3.

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En 2020, la F1 devait enregistrer une hausse de ses recettes grâce à l'organisation d'un 22e Grand Prix. Désormais, elle est dans une situation où chaque Grand Prix qui n'a pas lieu représente une perte de revenus située entre 30 et 50 millions de dollars (à l'exception de Monaco, qui ne paie pas pour accueillir la F1). Ces droits pour organiser un Grand Prix ont été payés en avance. La question est donc de savoir si l'argent va être remboursé ou bien si la F1 peut le conserver comme paiement anticipé en vue d'une épreuve en 2021.

Les pertes liées aux droits d'organisation sont une conséquence directe des annulations de Grand Prix, mais à mesure que ces annulations s'additionneront, d'autres sources de revenus seront touchées. Les diffuseurs ont payé pour retransmettre une saison complète, et tandis que le nombre de courses diminue, ils vont devoir faire des compromis au niveau des accords conclus avec leurs propres annonceurs et abonnés. Il est convenu que, si le nombre de Grands Prix est inférieur à 15 – le chiffre justement évoqué récemment par Chase Carey –, les diffuseurs recevront un remboursement partiel calculé avec un barème dégressif. Si la saison vient à être totalement annulée, on peut difficilement imaginer qu'ils payent pour ne rien à avoir à retransmettre.

On ignore quels types de clauses d'annulation figurent dans les contrats des principaux sponsors de la F1, comme Heineken, DHL et Emirates. Qui pourrait prévoir qu'une saison puisse être totalement supprimée ? Cependant, comme les diffuseurs, ils ne peuvent imaginer verser la totalité des sommes s'ils ne sont pas en mesure de promouvoir leurs marques à travers un programme complet.

L'évaluation optimiste des analystes financiers

Détails du circuit

Quelles sont alors les perspectives commerciales de la F1 tandis que son calendrier 2020 se réduit progressivement, et qu'en pense plus largement le monde financier ? Moody's Investors Service, l'une des agences de notation de crédit et d'analyse économique les plus respectées, propose des documents particulièrement intéressants. Malgré les circonstances difficiles, et à quelques réserves près, elle estime la F1 capable de traverser la tempête.

Quand les analystes de Moody's passent en revue les performances d'une société, ils évaluent les points positifs et négatifs, ou essentiellement les risques, et donnent une évaluation de l'évolution des résultats financiers. Dans un rapport publié jeudi dernier, Moody's a donné à la F1 – plus précisément à sa holding Alpha Topco Ltd – une notation de dette B2, autrement dit qui comporte un certain risque. Il est ajouté que "les perspectives sont passées de positives à négatives". À première vue, cela ne semble pas très prometteur.

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En effet, Moody's décrit ainsi l'avenir à court terme de la F1 : "La propagation rapide et croissante de l'épidémie de coronavirus, qui détériore les perspectives économiques mondiales, fait chuter les prix du pétrole et baisser le prix des actifs, crée un choc grave et étendu du crédit dans de nombreux secteurs, régions et marchés. Les effets combinés de ces développements sur le crédit sont sans précédent et ont eu un impact négatif sur la F1 en raison des perturbations du calendrier des Grands Prix."

Moody's précise également que la situation réelle dépendra du nombre de Grands Prix qui seront finalement organisés : "Il est impossible de prédire l'issue de la saison 2020 à ce stade, avec une variété de résultats possibles qui vont d'une réduction modeste autour de 15 à 18 Grands Prix, à une annulation complète de la saison." Pour résumer, l'agence s'attend à "un affaiblissement des revenus et de la génération de flux de trésorerie, un effet de levier plus important et une érosion des liquidités en 2020 comme conséquences de la perturbation du calendrier des Grands Prix." En des termes plus simples, La F1 pourrait être contrainte de puiser dans ses économies et emprunter davantage pour traverser l'année 2020.

Moody's fait également remarquer que, même sans la pandémie de COVID-19, la F1 fait face à un certain nombre de défis en 2020 : la nécessité de conclure des Accords Concorde pour 2021 et au-delà, ainsi que le fait qu'un nombre inhabituel de contrats clés en matière de diffusion TV vont expirer à la fin de l'année. "Moody's ne s'attend pas à ce que de nouveaux Accords Concorde se traduisent par un résultat moins favorable pour la société. Néanmoins, il subsiste un certain risque d'exécution jusqu'à ce que les nouveaux accords soient signés." En outre, l'agence met en garde : "Un déclassement pourrait se produire si de nouveaux Accords Concorde sont négociés avec des conditions matériellement défavorables pour la société, comme un total des primes pour les équipes plus élevé (mesuré en pourcentage des recettes avant versement)." 

La F1 reste "bien placée pour se remettre de la crise"

Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W10, devant Max Verstappen, Red Bull Racing RB15, Charles Leclerc, Ferrari SF90, Sebastian Vettel, Ferrari SF90, Alexander Albon, Red Bull RB15, Lando Norris, McLaren MCL34 et le reste du peloton au départ

Tout ceci paraît un peu précaire, mais dans tous les sports, les sociétés du monde entier se retrouvent dans une situation difficile. Surtout, Moody's perçoit une lumière au bout du tunnel pour la F1. Même si la saison 2020 venait à être définitivement annulée, et les revenus qui y sont liés inévitablement perdus, les analystes estiment que la société a la capacité de se reprendre en 2021 et au-delà, en supposant évidemment que le calendrier revienne à la normale et que les Accords Concorde soient signés.

Moody's insiste sur les atouts inhérents à la F1, tels que "la flexibilité des coûts pour la société, la faible dépense en capital et une forte marge de liquidité pour gérer des scénarios graves, y compris une annulation complète de la saison 2020", ainsi que "la nature résistante des flux de trésorerie de la société grâce à des contrats pluriannuels et la force de la franchise F1 pour soutenir la reprise des affaires et les résultats financiers après la crise du coronavirus".

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En substance, Moody's considère que la F1 est une marque suffisamment importante, avec un accès à suffisamment de liquidités pour traverser la période délicate de 2020, même si aucun Grand Prix n'a lieu.

"La F1 dispose de liquidités fortes et d'une base de coûts suffisamment flexible pour passer à travers une saison 2020 sévèrement écourtée, et serait d'après Moody's en mesure de supporter une annulation complète. Au 31 décembre 2019, la F1 disposait d'une importante marge de liquidités autour de 900 millions de dollars, dont 400 millions de dollars de trésorerie et 500 millions de dollars de facilité de crédit renouvelable non engagée. Moody's estime que cela est suffisant pour absorber des sorties d'argent pour de potentiels remboursements de paiements anticipés auprès des promoteurs, sponsors et diffuseurs, équipes, et pour d'autres frais généraux et d'intérêts, dans le cas où la saison 2020 est annulée."

Le jugement sur la capacité de remboursement est nuancé ainsi : "L'évaluation de la marge de liquidité dans le scénario d'une annulation complète est complexe, et il demeure un certain risque pour que ce soit insuffisant, bien que Moody's considère que ce risque est faible. La société peut également bénéficier du soutien de son propriétaire, Liberty Media Corporation, qui dispose actuellement de ressources importantes."

Il pourrait toutefois exister un problème avec l'effet de levier – autrement dit le ratio dette/bénéfice dans lequel la F1 peut opérer – mais qui serait surmontable avec l'accord des créanciers : "Il y a une forte probabilité que la société ne satisfera pas son pacte d'endettement en 2020, qui s'applique lorsque la facilité de crédit renouvelable est utilisée ou disponible. Les conditions à un tel niveau permettent de modifier ou d'annuler la proportion requise pour l'effet de levier. Il s'agit d'une considération secondaire derrière la gestion des perturbations causées par le coronavirus en 2020, et les futurs objectifs financiers pourraient être modifiés. Cependant, la société reste bien placée pour retrouver un bon bilan une fois que l'activité reprendra."

L'ensemble est positif, même si Moody's précise que son évaluation pourrait être revue à la baisse si la F1 ne garde pas sous contrôle cet effet de levier crucial une fois la crise terminée : "Il reste des défis à relever pour améliorer le bilan financier de la société après 2020, dans le contexte d'un environnement économique potentiellement plus faible".

Le soleil se lève au-dessus du paddock

Toujours est-il que la conclusion générale est que la F1 peut sortir de l'année 2020 en un seul morceau. Il s'agit d'une entreprise unique, avec une histoire riche de succès et une structure atypique. Ses plus gros coûts annuels sont les paiements aux équipes, et au fur et à mesure que les revenus se rapprochent de zéro, le total de ces versements diminue. La masse salariale est aujourd'hui beaucoup plus importante qu'au temps de Bernie Ecclestone, mais les dépenses liées aux Grands Prix, comme la logistique et les voyages, seront également significativement réduits. De plus, la majorité des accords pour les Grands Prix, la diffusion TV et les sponsors est en place pour 2021, ce qui fait qu'un revenu à long terme est théoriquement garanti.

Moody's conclut : "La F1 est relativement bien placée pour se remettre de la crise du coronavirus, grâce à la nature contractuelle de ses revenus, sa franchise forte, ses nombreux fans et son taux de conversion élevé. La société pourrait faire face à des difficultés pour certains revenus en 2021 en raison du timing de renouvellement des contrats TV et d'un contexte macroéconomique affaibli. Cependant, la force et l'attractivité de la franchise F1 apportent une certaine protection dans le contexte des défis plus larges liés au marché de la diffusion."

L'autre partie de l'histoire concerne les équipes : les dix survivront-elles à la crise de 2020 et seront-elles en position de signer les nouveaux Accords Concorde ? Si ce n'est pas le cas, la F1 sera considérablement affaiblie.

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Auteur Adam Cooper