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Ricciardo : "La McLaren a exposé certaines de mes faiblesses"

Daniel Ricciardo regrette de s'être parfois perdu dans une surdose d'analyse chez McLaren, mais estime que la monoplace de Woking ne lui aurait jamais permis d'être à la hauteur de ses propres attentes.

Daniel Ricciardo, McLaren MCL36

Poussé vers la sortie par ses résultats insuffisants chez McLaren, Daniel Ricciardo a plusieurs fois répété qu'il avait désormais besoin de faire une pause. L'Australien admet aujourd'hui une forme d'usure mentale, constatant les dégâts de deux saisons éprouvantes dans un projet où il n'a pas trouvé la place qu'il espérait. C'est cette situation qui l'a poussé, à 33 ans, à ne pas chercher un volant dans une écurie à tout prix et à accepter un rôle de troisième homme chez Red Bull en 2023.

S'il ne jette la pierre à personne, Daniel Ricciardo dit comprendre une grande part de ses difficultés. Il y voit deux raisons évidentes, à commencer par une monoplace dont la philosophie ne lui a jamais convenu et avec laquelle il ne croit pas que de grandes choses auraient été possibles en dépit de son travail. Un travail qu'il remet également en cause, déplorant l'erreur de s'être parfois trop concentré sur l'analyse, jusqu'à en oublier le naturel de son pilotage.

"Maintenant que la saison est terminée, j'ai l'impression d'avoir lentement mis ça de côté", confie-t-il au micro du podcast In The Fast Lane. "Mais je suis certain que j'y penserai encore avec le temps, parce que c'est un peu… Je ne veux pas dire que c'est un mystère, mais j'avais un genre de difficultés perpétuelles qui m'étaient très étrangères. On a tous nos mauvaises courses, mais vu combien j'en ai eue et le niveau que ça atteignait parfois, comme être à une seconde au tour, j'étais perplexe. Déjà l'an dernier, lors de la trêve estivale, je me suis rendu compte que je pilotais très consciemment. Ce n'était plus naturel. J'avais un temps de retard. C'est là que je me suis dit : 'Je crois qu'on essaie d'en faire trop'."

"Une chose à laquelle je pense toujours, c'est ma toute première séance de qualifications avec McLaren. J'étais devant Lando [Norris], [or] je ne connaissais pas encore vraiment la voiture. Je ne sais pas combien de fois je l'ai devancé en qualifications durant ces deux années, mais ça n'est pas arrivé souvent. L'avoir fait lorsque je pilotais probablement plus au feeling et à l'instinct, sans bien connaître la voiture, [montre que] c'était probablement là que j'étais le mieux. Ce n'est pas une attaque contre qui que ce soit ou quoi que ce soit. C'est juste que je me demande si on n'a pas trop analysé nos mauvais week-ends en se laissant entraîner dans une voie où l'on s'est dit 'Il faut commencer à piloter comme ci, ou régler la voiture comme ça'. C'est sûr qu'à un moment donné on est allé trop loin et on s'est un peu trop perdu."

Daniel Ricciardo a deux convictions : il aurait pu faire mieux lors de ses deux années chez McLaren – tout de même marquées par sa victoire à Monza en 2021 – mais exploiter la quintessence de son matériel était un objectif inaccessible.

"Si on n'était pas allé aussi loin, est-ce que j'aurais résolu le problème ?" questionne-t-il. "Avec cette voiture, je ne le crois toujours pas. Elle a certainement exposé certaines de mes faiblesses. Je dois l'accepter. Mais je pense que l'on a probablement été en dessous de nos capacités en nous enfonçant très profondément dans tout ça à certains moments. C'est la vérité, surtout maintenant : les week-ends de Grand Prix sont tellement chargés, c'est très intense. On ne dispose que d'une certaine quantité d'énergie, qu'elle soit mentale, physique ou ce que vous voulez. Si on use un peu plus d'énergie mentale à essayer de trop analyser les choses, au moment de monter dans la voiture on est probablement déjà un peu HS."

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