Les F1 2026 vont-elles user les pilotes mentalement ?
Objets de nombreux commentaires et critiques, les F1 2026 ont essoré le cerveau de certains pilotes lors des trois premiers Grands Prix de la saison.
Photo de : James Sutton / Formula 1 / Formula Motorsport Ltd via Getty Images
Neuvième du Grand Prix du Japon, Liam Lawson a surtout retenu une autre réalité : l'impact sur le plan mental des nouvelles F1 2026. Plusieurs acteurs du paddock dressent un constat similaire après les trois premières épreuves de la saison.
Interrogé après l'arrivée à Suzuka, le pilote Racing Bulls a évoqué une fatigue inhabituelle : "Je suis un peu vidé mentalement. C'est très intense cette année. Il y a beaucoup plus de choses auxquelles penser quand on pilote. Donc c'était en fait une course assez difficile."
Le règlement 2026 a notamment introduit une répartition de puissance proche de 50/50 entre puissance thermique et électrique, ainsi que des systèmes comme l'aérodynamique active, un bouton de boost ou encore une gestion énergétique plus poussée. Ainsi Liam Lawson souligne que les pilotes sont encore en phase d'apprentissage en conditions de course.
"On apprend beaucoup pendant la course", explique-t-il. "Et franchement, au départ, Gabi [Bortoleto] m'a dépassé et je ne l'ai même pas vu venir, avant le virage 13, et je me suis dit 'Super, j'ai perdu une place'. Mais ensuite, il n'avait plus de batterie en arrivant au virage 16, donc je l'ai repassé sans même vraiment le vouloir."
"On est tous en train de comprendre pendant la course que si on utilise notre déploiement à tel endroit, on ne l'a plus dans la ligne droite suivante. Je regardais les pilotes devant moi. L'un dépassait avant la dernière chicane, puis se faisait redépasser avant le virage 1."
"À la fin, j'avais Esteban [Ocon] derrière moi, et je pense qu'il avait compris aussi. On est tous les deux restés assez constants avec des modes similaires, et j'ai réussi à le contenir."
Un combat devenu mental
Liam Lawson (Racing Bulls)
Photo de: Rudy Carezzevoli / Getty Images
Le constat dépasse le seul cas de Liam Lawson, car plusieurs consultants, notamment anciens pilotes, se rejoignent sur cette observation.
Analyste pour F1 TV, Alex Brundle évoque une tendance généralisée à l'issue des premières courses. "Je ne sais pas si ça se voit à la télévision, mais chaque pilote qui vient nous voir est vidé", assure le Britannique. "Ils ont travaillé dur. On peut le voir dans leurs yeux. Ils ont vraiment dû s'employer."
Même son de cloche du côté de Jacques Villeneuve, qui insiste sur la nature de cette fatigue : "Ce n'est pas physique, c'est mental. C'est l'usure mentale liée à toute l'énergie et à la concentration nécessaires, parce que physiquement, les voitures ne sont pas aussi rapides que l'an dernier. Donc ce n'est pas physique, c'est mentalement éprouvant."
Récupération d'énergie, mode Overtake, aérodynamique active... La charge de travail dans le cockpit des F1 a considérablement augmenté en 2026 et modifie peut-être aussi les qualités requises. "C'est littéralement comme se tapoter la tête et se frotter le ventre en même temps, tout en jonglant et en essayant de résoudre une équation complexe", ironise Damon Hill.
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires